Maintenance du réseau routier: Le gouvernement passe à l’offensive

Pour la maintenance du réseau routier en Algérie, le gouvernement passe à l’offensive. Un investissement lourd est consenti par l’État.
L’Algérie dispose, en effet, d’un réseau routier parmi les plus denses du continent africain. L’Algérie compte près de 9.600 ouvrages d’art et développe un réseau routier de plus de 141.000 kilomètres, structuré autour d’axes majeurs à l’image de l’autoroute Est-Ouest et de projets stratégiques tels que la route Transsaharienne. Ces infrastructures jouent un rôle central dans le désenclavement des territoires, le renforcement de l’intégration régionale et l’accompagnement des nouvelles exigences de l’économie nationale, tout en contribuant à réduire les disparités entre les régions.
Assurer la pérennité du réseau routier
Un défi de taille demeure toutefois à relever, celui relatif à la maintenance du réseau. Les efforts doivent désormais se concentrer sur l’entretien et la gestion afin de préserver ces acquis et d’en assurer la pérennité. L’augmentation continue du trafic routier impose la mise en place d’outils de gestion plus performants et d’interventions régulières. Conscients de cette réalité, les pouvoirs publics semblent avoir pris la pleine mesure de la situation en annonçant une vaste opération d’entretien à l’échelle nationale.
Dans ce cadre, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a donné, dimanche dernier, des instructions et orientations portant sur le lancement de l’ensemble des projets inscrits au programme sectoriel de l’année 2026. Au cœur de ces priorités figure une opération d’envergure de maintenance du réseau autoroutier, dont le démarrage est prévu dès la semaine prochaine.
Parallèlement, le ministère, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, s’est engagé dans la réhabilitation des routes communales, lesquelles représentent près de 50% du réseau routier national. La dégradation des routes s’explique par une combinaison de facteurs. Elle résulte notamment de défauts de conception ou de réalisation, tels qu’un drainage insuffisant ou l’utilisation de matériaux inadaptés, mais aussi d’un manque d’entretien régulier.
Les véhicules lourds en cause
À cela s’ajoute un trafic intense, marqué par la surcharge des poids lourds. Même en nombre limité, le passage fréquent de véhicules lourds endommage la structure des chaussées, tandis que la surcharge à l’essieu constitue un facteur particulièrement destructeur, accélérant la détérioration des routes et augmentant significativement les risques d’accidents. C’est dans cette optique que le secteur a décidé de se doter d’équipements de contrôle de la charge des camions, lesquels seront mis à la disposition des services de sécurité compétents afin de préserver à la fois le réseau routier et la sécurité de ses usagers. La préservation du réseau routier s’impose ainsi comme une nécessité vitale et stratégique. Au-delà de l’enjeu sécuritaire, elle représente un levier économique majeur.
Des routes bien entretenues stimulent la croissance, facilitent les échanges commerciaux, améliorent l’accès aux services essentiels — santé, éducation, emploi — et contribuent à accroître la productivité. Il convient de rappeler que la route demeure le mode de transport dominant en Algérie, notamment pour le transport interurbain et inter-wilayas de marchandises. Le pays dispose d’une pluralité de routes nationales, de wilaya et communales, et s’est fixé pour objectif d’interconnecter les zones d’ombre et les régions les plus enclavées, afin de rapprocher les populations, réduire les disparités territoriales et lever les contraintes au développement.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est clair: tisser un réseau routier moderne, solide et durable, caractérisé par sa capacité, sa sécurité et son impact positif sur la dynamique économique. Comme le souligne le secrétaire général de l’Association routière algérienne, Ali Chekroune, «l’Algérie est à la page des avancées techniques réalisées dans le monde en matière de réalisation des infrastructures routières et autoroutières», assurant que «la technicité algérienne n’a rien à envier à celle des pays développés dans le domaine des travaux publics».
Dans cette perspective, la maintenance s’impose comme un levier incontournable pour maintenir en bon état un réseau aussi vaste. Elle passe nécessairement par l’adaptation de nouvelles technologies et de techniques modernes de construction, en tenant compte notamment de la variabilité climatique, facteur aggravant de la dégradation des chaussées à travers fissures et déformations. Les usagers, qui dénoncent régulièrement l’état de certaines routes — nid-de-poule, —, subissent directement les conséquences en termes de sécurité et de dommages matériels. Avec l’opération de maintenance annoncée pour la semaine prochaine, le gouvernement s’attaque frontalement à l’entretien du réseau routier.
A. Hamiche