Retour sur le discours du président de la République

Sur fond de préservation du pouvoir d’achat des citoyens

Le discours du Président Tebboune met en lumière la préservation du pouvoir d’achat et le renforcement de la dynamique sociale comme priorités absolues pour l’Algérie. 

Les prévisions de la loi de finances 2026, qui alloue des ressources significatives au soutien social traduisent une volonté de transformer ces promesses en faits tangibles grâce à une gestion efficace des ressources et la stabilité générale dont jouit l’environnement économique.

Salaires, chômage et dignité: une vision sociale pour souder la nation

En ce début d’année, des voix de la société civile se font entendre pour accompagner ces engagements institutionnels. Mahrez Lamari, acteur de la société civile, a d’ailleurs insisté sur l’importance de cette synergie collective. «L’Algérie victorieuse traverse une phase cruciale dans son évolution politique, économique, sociale, culturelle et sécuritaire», a-t-il déclaré, soulignant que cette période rend le pays «plus que jamais dépendant de tous ses fils et ses filles pour poursuivre sa construction dans la sérénité, la paix, l’harmonie et la stabilité», ce qui constitue, considère-t-il, un préalable indispensable pour envisager des perspectives sociales positives.

Le chef de l’État a insisté sur la poursuite des réformes engagées avec une vision claire de développement intégrant des avancées sociales notables. Il a, notamment, mis l’accent sur l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et des chômeurs, les revalorisations salariales et les avantages sociaux pour les catégories vulnérables. Une direction que Mahrez Lamari estime devoir être orientée par un engagement collectif sans précédent.

«Il nous appartient de travailler avec sérieux et détermination, de défendre la patrie avec toute la force dont nous disposons, et de nous organiser au sein d’un large front national solide», soutient-il. Il souligne que «peuple, gouvernement, Armée nationale populaire, Parlement, partis politiques, acteurs économiques, société civile et élite nationale doivent travailler main dans la main pour promouvoir le développement et la prospérité de l’Algérie».

« Le caractère social de l’État algérien constitue un fondement essentiel »

Sur la question centrale du pouvoir d’achat, Laïd Zeghlami, enseignant de sciences politiques à l’Université d’Alger, replace la dimension économique au cœur de l’équation sociale. « Le caractère social de l’État algérien constitue un fondement essentiel », affirme-t-il, tout en précisant que l’enjeu majeur réside, désormais, dans sa concrétisation.

Selon lui, celle-ci passe nécessairement par «une répartition équitable des richesses», insistant sur un principe central, à savoir «toute augmentation des salaires doit être issue d’une performance dans la production et dans la productivité». Ainsi, la dynamique industrielle et économique devient, dit-il, la condition sine qua non d’une amélioration durable des conditions de vie des citoyens. Si le discours du président de la République ne détaille pas tous les dispositifs qui devront être mis en place, il confirme néanmoins la ligne directrice axée sur l’augmentation du pouvoir d’achat.

Pas de réformes sans progrès social

Les réformes économiques en cours ne sauraient ainsi se faire sans un développement social solide, traduisant une volonté politique de faire de ce volet un pilier du projet national pour cette nouvelle année. Une vision d’une Algérie unifiée autour de ses principes fondamentaux résonne également dans l’appel de Mahrez Lamari à s’inspirer de l’héritage de la Révolution de Novembre.

«Nous, enfants de Novembre, connaissons parfaitement le sens du colonialisme et ses conséquences», rappelle-t-il, estimant qu’il est impératif de préserver «le legs des martyrs qui se sont sacrifiés pour que l’Algérie demeure fière de ses principes, de ses valeurs, de l’unité de son territoire et de son peuple».

Un budget ambitieux au service de l’action sociale

Le budget de la loi de finances 2026 constitue, d’ailleurs, une feuille de route concrète pour l’action sociale avec des prévisions de croissance économique de 4,1%. De forts engagements sociaux sont maintenus, avec un budget considérable pour les transferts sociaux évalués à environ 5.900 milliards de dinars, incluant les prestations familiales et allocations, les pensions de retraite, l’allocation chômage et le soutien aux plus fragiles. L’allocation chômage devrait ainsi passer de 15.000 à 18.000 DA.

Pour Laïd Zeghlami, «ces augmentations ne suffisent pas sans une attention particulière à leur effectivité». Si les équilibres macroéconomiques sont globalement maîtrisés, dit-il, «la réalité est différente au niveau microécono-mique, celui du citoyen et du consommateur», qui continue parfois de subir la pression des prix, appelant à un renforcement des mécanismes de régulation. «Il est impératif que les aides sociales parviennent réellement à leurs bénéficiaires», insiste-t-il, suggérant un renforcement des mécanismes de contrôle afin que les politiques sociales produisent un impact réel sur le pouvoir d’achat.

La sécurité alimentaire est « une réalité »

C’est grâce à cette approche rigoureuse, poursuit Zeghlami, que l’économie algérienne commence à afficher des résultats tangibles hors hydrocarbures, notamment dans la sécurité alimentaire qui «n’est plus un simple discours, mais une réalité». Les dispositions de la loi de finances comptent également soutenir le logement social, des programmes pour les start-up, l’entrepreneuriat et l’emploi, ainsi que la modernisation des services publics.
À ce titre, Laïd Zeghlami met en avant la relance du tissu industriel comme levier social structurant. Il note que «les citoyens aperçoivent concrètement la valeur ajoutée de la réindustrialisation», illustrant son propos par la réouverture d’usines fermées depuis plusieurs décennies.

Ce qui distingue cette phase, selon lui, c’est le passage progressif du discours aux effets mesurables sur l’emploi et l’activité locale. Sur le volet des réformes, l’universitaire affirme que celles-ci «se poursuivent malgré les résistances au changement». Il estime que la numérisation constitue un outil décisif pour renforcer la transparence, lutter contre la bureaucratie et garantir une meilleure justice sociale, rapprochant ainsi l’administration du citoyen. Mahrez Lamari insiste, par ailleurs, sur le fait que «la solidarité n’est pas un simple slogan, mais une pratique concrète, à la fois politique et populaire», affirmant que ces valeurs inspirent les initiatives sociales locales concrètes pour 2026.

Assia Boucetta

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