37 % des déchets se retrouvent dans la nature à Tizi Ouzou

37% des déchets, générés annuellement, se retrouvent dans la nature, selon un rapport de la direction de l’environnement de la wilaya de Tizi Ouzou.
Des déchets estimés à 370 000 tonnes de produites par plus de 1.3 million d’habitants, soit un ration de 0.8 kg/habitant, précise la même direction lors de la dernière session de l’Assemblée populaire de wilaya (APW).
230.000 tonnes de déchets sont prises en charge
Des 370.000 tonnes, seules 230.000 sont prises en charge dans les quatre centres d’enfouissement technique (CET) et cinq décharges contrôlées. Si bien que les 140.000 autres sont jetées dans la nature. Une nature qui favorise aussi la prolifération de rongeurs nuisibles mais aussi la contamination de la rage par la cohabitation en ces lieux d’animaux sauvages (chacals et singes ) et domestiques (chiens et chats) donnant parfois lieu à des croisements de canidés qui s’attaquent même aux troupeaux et aux humains.
Pis la situation risque de s’empirer si des solutions pérennes ne sont pas préconisées. Et pour cause, les 4 CET sont plus que saturés tant ils enregistrent un traitement des déchets avec des capacités dépassées. Selon cette même direction de l’environnement, le second casier du CET de Oued Fali a déjà atteint les 139% de ses capacités, celui de Ouacifs en est à 169% et 219 % pour celui de Draa El Mizan, alors que seuls ceux de Boghni avec 61 % et de Béni Douala avec 95 % soufflent quelque peu, même si ces derniers ne devraient tarder à voir leurs capacités dépassées.
Les décharges contrôlées de Beni Zmenzer, Iferhounène et Tadmait sont saturées
Même les décharges contrôlées de Beni Zmenzer, Iferhounène et Tadmait, sont aussi saturées avec respectivement à 92, 10 et 05 %. Une situation qui découle de nombreux paramètres, selon Mbarek Aït Aoudia, le premier responsable de cette direction. Il s’agit entre autres du gel de nombreux projets de réalisation de structures prenant en charge les déchets, la non approbation des schémas directeurs de gestion de déchets ménagers et assimilés, le déficit des communes en matière de parc auto et la mauvaise collecte des déchets ménagers et enfin, les oppositions de riverains allergiques à l’implantation des projets de traitement des déchets.
Ce responsable suggère et propose des solutions pour une meilleure prise en charge de la question. A commencer par la concrétisation du projet d’incinérateur, la réalisation de plus de 200 aires de tri, d’une unité de traitement des déchets inertes au niveau de la wilaya, d’une unité de compostage à Draa Ben Khedda, d’un complexe de traitement des déchets des communes du flanc Nord de la wilaya, la levée du gel du CET de Mizrana, la réalisation de trois centres de tri à Boghni, Draa Ben Khedda et Bouzeguène, d’un équipement de décharge contrôlée à Akbil, Makouda, Timizart et Tizi Rached.
Récupération des déchets organiques issus des exploitations agricoles et d’élevage
Aït Aoudia estime que «le concours du village le plus propre initié par l’APW reste un levier important pour la protection de l’environnement non sans suggérer que ce dernier soit étendu au territoire de la commune pour un meilleur impact environnemental». Par ailleurs, Aït Aoudia soutient que la solution passe aussi par les facilitations à accorder au recyclage des déchets. Pour étayer son propos, il avance le nombre croissant de d’investisseurs dans ce domaine, qui en quelques années a triplé pour dépasser la cinquantaine notamment dans les activités de récupération des différents déchets notamment les différents plastiques, des métaux ferreux et non ferreux (comme les canettes), mais aussi le carton et autres papiers.
«En plus de ces créneaux d’exploitation, des recycleurs explorent également de nouveaux horizons, tels que la valorisation des déchets agro-industriels avec ces porteurs de projets qui se lancent dans la récupération des déchets organiques issus des exploitations agricoles et d’élevage», ajoute Aït Aoudia qui cite entre autres «les exploitations avicoles d’où sont récupérés des résidus utilisées dans les fabriques de textile (le plumage notamment) ou encore dans la fabrication d’engrais naturels et de complément alimentaire pour le bétail». Ainsi que «la valorisation des déchets oléicoles qui tend à s’industrialiser de plus en plus à travers la wilaya. La production oléicole génère des sous-produits difficilement dégradables, dont le grignon».
Appel au civisme des citoyens
Si bien que pour Aït Aoudia, la récupération constitue désormais une véritable activité socio-économique en tenant aussi compte de la récupération des tissus usagers, des huiles (de friture ou de moteur), des verres et autres pneus usagées. «Ce sont sont autant de circuits attractifs qui attirent de plus en plus d’investisseurs qui méritent un accompagnement financier et humain pour une meilleure prise en charge de ces filières», explique t-il.
«La croissance de l’industrie de récupération constitue un des palliatifs au problème de gestion des déchets nés du manque de décharges contrôlées et de la saturation des quatre CET existants à travers la wilaya», conclut notre interlocuteur, non sans oublier de faire appel au civisme des citoyens qui sont les premiers concernés par la protection de cet environnement.
Rachid Hammoutène