Barrage «Meurad», un site multifonctionnel

Le barrage « Meurad » à Tipasa se transforme en un pôle touristique multifonctionnel, offrant loisirs, randonnées et développement durable pour la région.
Située dans l’agglomération secondaire de Boudjebroun, dans la commune de Meurad, wilaya de Tipasa, le barrage « Meurad » renaîtrait, pour ainsi dire, de ses cendres.
Sa seconde vie promet, selon les ambitions affichées par l’Agence nationale des barrages et des transferts des eaux (ANBT), soutenue par les autorités de wilaya, de transformer le paysage local et faire de sa vocation originelle un pôle touristique multifonctionnel qui, non seulement, s’imbrique parfaitement dans le décor naturel, mais surtout insufflerait une dynamique salutaire au développement de toute la région. En tout cas, c’est ce qui ressort de l’étude préliminaire présentée dernièrement au wali de Tipasa, Mohamed Amine Ben Chaoulia, lors de sa visite au site du barrage. Avant d’évoquer le contenu de cette étude de proposition d’un pôle touristique et de développement stratégique dans le périmètre du site du barrage en question, il y a lieu de signaler que le barrage de Meurad est le plus ancien barrage au niveau continental. Un fait consigné dans les annales de l’histoire.
Un projet touristique ambitieux
Les travaux de sa construction, qui ont duré presque 11 ans, ont été entamés en 1851 et sa mise en service remonte à 1862 avec une capacité de stockage de l’ordre de 1,2 million de mètres cubes. Actuellement, sa capacité s’est drastiquement réduite, dès lors qu’il est envasé à 80%. Un phénomène de sédimentation somme toute naturel, eu égard à l’effet du facteur temps. Sa capacité actuelle est de 200.000 M3. Il y a quelques années, le barrage se remplissait après les pluies hivernales avec des épisodes de débordements récurrents de ses eaux. Avec le changement climatique, son seuil de remplissage est au plus bas. Un constat qui n’a pas laissé les pouvoirs publics sans réagir. En effet, lors de sa visite sur le site, le wali de Tipasa a instruit la direction de l’hydraulique d’élaborer conjointement avec l’ANBT une étude détaillée de faisabilité d’un projet de connexion de nouveaux affluents au barrage.
En ce sens, l’oued Bouhardoun, dont le débit est important, pourrait être, selon des habitants de la région, une solution, d’autant plus que ses eaux demeurent inexploitées. Pour revenir à l’étude du projet de réalisation, ses concepteurs font savoir que celui-ci entre dans le cadre de valorisation des infrastructures hydriques, à même de les transformer en des pôles de développement multifonctionnels. De par sa position géographique et ses prédispositions naturelles, le barrage de Meurad a, selon les initiateurs de l’étude, tout le potentiel requis pour qu’il devienne une attraction touristique aux dimensions économique, sociale et environnementale. L’on prévoit d’y construire des structures d’accueil, de loisirs et des commerces de bouche notamment, dont les standards respectent rigoureusement l’environnement local.
Parmi ces équipements, des chalets en bois qui s’insèrent harmonieusement avec le cadre naturel du site, des piscines aménagées, des aires de loisirs et de repos, des stations d’épuration ainsi que des parcours spécialement conçus pour les randonnées, tout en privilégiant les énergies renouvelables, à l’instar du photovoltaïque et de l’éolienne.
Ce n’est pas tout! On y projette également des circuits d’équitation ainsi qu’une ménagerie. À ce propos, le wali de Tipasa a enjoint les concepteurs de l’étude d’élaborer une nouvelle plus détaillée avec évaluation des coûts de réalisation, à plus forte raison que ce type de projet nécessite une dotation financière importante. En somme, l’idée séduit, à plus forte raison que sa concrétisation contribuera fortement à changer la configuration socio-économique de la région et sera un affluent pérenne pour le tourisme de montagne.
A.Lebbal