«Yennayer» à l’école: Entre savoir, partage et transmission

Entre savoir, partage et transmission, les élèves découvrent Yennayer et les traditions amazighes à travers ateliers, contes et activités ludiques.

À l’occasion de la célébration du Nouvel An amazigh, Yennayer 2976, de nombreux établissements scolaires, publics et privés, ont choisi de faire de cette célébration bien plus qu’un simple événement symbolique. Ils en ont fait un moment d’apprentissage vivant, de découverte culturelle et de transmission  entre les générations.

Théâtre, danse et traditions amazighes à l’honneur

Dès les premiers jours de janvier, les écoles se parent de couleurs chatoyantes. Tapis traditionnels, poteries, tenues amazighes et motifs ancestraux investissent les salles de classe. Les enseignants, épaulés par les équipes éducatives, rivalisent d’imagination pour proposer aux élèves des activités ludiques et pédagogiques dont des ateliers de dessin inspirés des symboles amazighs, initiation à la langue amazighe, cours d’apprentissage de poterie, formation culinaire, contes populaires racontés avec passion, représentation théâtrale, ou encore jeux traditionnels revisités pour les plus jeunes.

«Notre objectif est de faire sortir l’élève du cadre classique du cours pour lui permettre de vivre la culture, pas seulement de l’apprendre dans les manuels», explique le directeur d’un établissement public à Kouba. «Yennayer est une opportunité éducative précieuse pour renforcer le sentiment d’appartenance et transmettre des valeurs positives».

Dans certaines écoles primaires comme «El Kendi», «El Amir Abdelkader», «El khettabi», et beaucoup d’autres où les élèves ont préparé de petites scènes théâtrales retraçant les origines de Yennayer et son importance dans le calendrier agricole amazigh. Ailleurs, ce sont des chants et des danses folkloriques qui ont rythmé la journée, offrant aux enfants l’occasion de s’exprimer, de travailler en groupe et de s’ouvrir à la richesse culturelle du pays.

Pour de nombreux éducateurs, ces activités ont également un impact pédagogique notable. «Les enfants participent avec enthousiasme, ils posent des questions, ils racontent ce qu’ils ont appris à la maison. On sent une vraie interaction entre l’école et la famille», souligne une enseignante du primaire.

À l’échelle nationale, cette dynamique s’est illustrée dans plusieurs régions du pays, à l’image de l’école primaire Houcine Abdesselem à Tkout, dans la wilaya de Batna, où enseignants et élèves se sont pleinement mobilisés pour célébrer Yennayer à travers des activités culturelles, artistiques et éducatives, mettant en valeur l’héritage amazigh et les traditions locales. «Nous avons voulu que chaque élève se sente acteur de cette célébration, fier de son identité et de son patrimoine», confie un responsable de l’établissement.

Partager des moments conviviaux

Les établissements privés, eux aussi, ont marqué l’événement en organisant des journées portes ouvertes autour de Yennayer. Parents et élèves ont été invités à partager des moments conviviaux, autour de plats traditionnels préparés pour l’occasion, comme le couscous de Yennayer ou les fruits secs symboles d’abondance et de prospérité. Ces instants de partage ont renforcé le lien entre l’école et la famille, rappelant que la transmission des valeurs culturelles est une responsabilité collective.

Du côté des parents d’élèves, l’initiative est largement saluée. « Voir nos enfants porter des tenues traditionnelles, chanter et parler de leur histoire nous touche énormément », témoigne Ania, une mère d’élève. «L’école joue un rôle essentiel dans la préservation de notre culture. À la maison, les enfants continuent d’en parler avec fierté».

Pour de nombreux enseignants, célébrer Yennayer à l’école, c’est avant tout semer des graines de curiosité et de fierté chez les élèves. « Les enfants découvrent que cette fête fait partie de leur histoire, qu’elle est un héritage commun à tous les Algériens », confie une institutrice. « Ils apprennent à respecter la diversité culturelle et à s’y reconnaître».

Du côté des élèves, l’enthousiasme est palpable. Habillés en tenues traditionnelles, fiers de présenter leurs travaux et leurs créations, ils vivent Yennayer comme un moment joyeux, loin du cadre strict des cours habituels, mais profondément enrichissant.

À travers ces initiatives, les écoles publiques et privées jouent pleinement leur rôle éducatif et citoyen. En célébrant Yennayer, elles ne se contentent pas de commémorer une date du calendrier , elles participent activement à la préservation de la mémoire collective, tout en ancrant chez les plus jeunes les valeurs de diversité, de tolérance et de vivre-ensemble.

Ainsi, d’une salle de classe à l’autre, Yennayer s’impose comme un rendez-vous éducatif et culturel à part entière, où la tradition amazighe trouve naturellement sa place au cœur de l’école algérienne.

Samira Sidhoum 

 

 

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