Prémices d’un été sans stress hydrique

Les prémices d’un été sans stress hydrique sont annoncées grâce à un apport en pluviométrie conséquent et des prévisions météorologiques positives.

Le mois de janvier dernier aura été particulièrement généreux en matière de précipitations. Des pluies abondantes, régulières et bien réparties sont tombées à travers pratiquement tout le territoire national. Une véritable bénédiction aussi pour la terre, les nappes phréatiques et les barrages. Ces précipitations sont perçues comme une véritable bouffée d’oxygène par les citoyens. Elles sont intervenues à un moment sensible, alors que beaucoup redoutaient déjà le prochain été, avec la crainte de perturbations dans la distribution de l’eau potable. Aujourd’hui, le climat est différent. Plus serein. Plus confiant…et de plus en plus pluvieux.

Des indicateurs rassurants

Il est désormais clair que ces apports pluviométriques, combinés à ceux annoncés dans les semaines à venir, et renforcés par l’entrée en service progressive des unités de dessalement de l’eau de mer, ont placé l’approvisionnement en eau sur une dynamique nettement améliorée, appelée à se consolider dans la durée.

Certes, les barrages ne sont pas encore tous à leur niveau maximal. Dernier chiffre officiel en date: le taux de remplissage des barrages au niveau national s’élève actuellement à 44,2%. Les volumes réceptionnés récemment permettent d’écarter le risque de perturbations majeures dans la distribution, notamment durant la période estivale. Les signaux sont positifs. Les indicateurs rassurants. 8 barrages affichent un taux de remplissage de 100% dans les wilayas de Mascara, Tissemsilt, Mostaganem, Jijel, Skikda et El Tarf, tandis que 58 autres dépassent un taux de 50%.

Cette situation est le fruit d’un choix stratégique assumé. L’État a pris conscience très tôt de la nécessité de diversifier les ressources hydriques. Eaux souterraines, eaux de surface, dessalement de l’eau de mer. Résultat: à cette allure, l’Algérie est en passe de gagner la bataille de la mobilisation de l’eau. Une victoire structurelle, appelée à être renforcée avec la réception de l’ensemble des nouvelles stations de dessalement récemment lancées. Mais aussi la réception prochaine de nouveaux barrages.

Cinq ouvrages en cours de réalisation entreront progressivement en service à partir de cette année. Ces infrastructures porteront à 86 le nombre total d’ouvrages à l’échelle nationale. De nombreux experts, nationaux et internationaux, sont unanimes: le pays a mis en place une véritable politique de l’eau, fondée sur l’anticipation, l’investissement massif et la sécurisation à long terme des besoins.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’au début des années 2000, l’Algérie cherchait encore des solutions pour importer ce précieux liquide. Entre hier et aujourd’hui, un long chemin a été parcouru. Les progrès sont visibles à tous les niveaux. L’Etat a mobilisé des moyens considérables et multiplié les initiatives pour garantir la sécurité hydrique nationale.

Obligation de rationalisation

Mais cette avancée ne saurait être pérenne sans l’implication du citoyen et la vigilance des organismes chargés de gestion de la ressource hydrique, entre autres l’Algérienne des eaux (ADE), l’Office national de l’assainissement (ONA), l’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH), l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), et la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) pour Alger et Tipasa.

Il devient aujourd’hui essentiel de rationaliser l’usage de l’eau, à travers des gestes simples et responsables. Plusieurs agissements quotidiens qui sont à l’origine d’un gaspillage important sont à bannir et un changement dans les comportements serait plus que salutaire. Pour se rendre compte du gaspillage, il faut savoir qu’un tuyau d’arrosage ouvert consomme entre «12 et 15 litres par minute», un robinet laissé ouvert lors du brossage des dents «gaspille près de 5 litres par minute», de simples fuites domestiques peuvent entraîner une «perte allant jusqu’à 100 litres par jour».

Aussi, laver la vaisselle avec un robinet ouvert «consomme 3 fois plus d’eau que l’utilisation d’un évier ou d’une cuvette», le lavage des mains sous un robinet ouvert «consomme jusqu’à 10 fois plus que l’usage d’un récipient ou d’un robinet temporisé», une douche de 40 minutes peut nécessiter 300 litres, contre seulement 70 litres pour une douche de 10 minutes.

Même constat pour le lavage des voitures. Un tuyau d’arrosage utilisé pendant quinze minutes «consomme environ 200 litres, soit l’équivalent des besoins quotidiens d’une famille de trois personnes». Avec un simple seau, la consommation ne dépasse pas 50 litres. Le nettoyage des sols avec un tuyau pendant dix minutes gaspille près de 120 litres. Et la facture risque d’être lourde, alors que les efforts demandés restent simples: vérifier et réparer les fuites, investir dans des équipements hydro-économes, fermer le robinet après usage car chaque goutte d’eau compte.

Grâce à ces pluies salvatrices, conjuguées aux efforts structurels engagés, l’Algérie aborde les mois à venir avec davantage de sérénité. L’approvisionnement en eau potable est et sera assuré, loin des cauchemars de pénurie, des coupures prolongées et de l’angoisse estivale qui ont marqué le passé.

Amokrane H.

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