Un projet de décret pour encadrer les écoles privées

Un projet de décret pour encadrer les écoles privées est en préparation lors de la réunion du Gouvernement, mercredi à Alger.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, préside une réunion du gouvernement consacrée à plusieurs dossiers, allant de l’encadrement des écoles privées aux préparatifs du Hadj, en passant par la formation professionnelle et le suivi du projet d’extension portuaire à Annaba. Présentée comme un point d’étape sur des chantiers à la fois sociaux, économiques et organisationnels, cette réunion donne lieu à l’examen de textes et à l’audition de communications sectorielles. Sur le volet éducation, l’exécutif examine un projet de décret exécutif fixant les conditions et les procédures d’agrément des établissements d’éducation et d’enseignement privés, ainsi que leur fonctionnement et leur contrôle.
L’agrément soumis à la cartographie scolaire
Selon le communiqué, le projet entend répondre aux dysfonctionnements et à lacunes relevées sur le terrain, en introduisant un nouveau cahier des charges qui encadre plus strictement les obligations administratives, techniques et pédagogiques de ces écoles. L’agrément, précise la même source, sera désormais soumis aux exigences de la cartographie scolaire, un principe qui lie l’autorisation d’ouverture à une logique de répartition et de besoins. Les établissements privés seront, en outre, tenus d’assurer un enseignement conforme aux programmes et aux manuels algériens et de respecter les constantes nationales, ce qui renforce l’exigence d’alignement sur le référentiel officiel.
La réunion est également marquée par une communication consacrée aux préparatifs de la campagne du Hadj 1447 H/2026, avec un focus sur les étapes organisationnelles et les opérations déjà achevées pour simplifier et faciliter le pèlerinage des hadjis. Le gouvernement est informé de la conclusion des contrats liés à l’hébergement, à la restauration et au transport des pèlerins ainsi que de leurs bagages, un volet logistique central dans la prise en charge des flux. Le dispositif prévoit aussi la surveillance médicale au profit des pèlerins, élément mis en avant dans le communiqué parmi les prestations contractualisées.
Dans le même mouvement, les pouvoirs publics misent sur la numérisation du processus organisationnel via le Portail algérien du Hadj et sur la mise en place du paiement électronique des frais de pèlerinage, deux mesures destinées à fluidifier les démarches. L’exécutif insiste, par ailleurs, sur l’importance d’une coordination continue entre les différents secteurs, institutions et organismes mobilisés, avec l’objectif affiché de garantir une organisation efficace et de promouvoir une image «honorable» de l’Algérie durant cette saison.
Refonte complète de la formation professionnelle
Le gouvernement se ensuite penche sur la feuille de route 2026-2028 de la formation et de l’enseignement professionnels, présentée comme un axe de modernisation visant à faire de ce secteur un levier de développement économique. Le communiqué évoque une refonte complète du système pédagogique, articulée autour de priorités clairement énoncées à savoir renforcer l’employabilité des diplômés, améliorer la qualité et diversifier l’offre de formation. L’objectif est de mieux coller aux besoins du marché de l’emploi, en adaptant les parcours et en élargissant les filières de manière à répondre plus pleinement à la demande en compétences.
Enfin, dans le chapitre des grands projets structurants, le gouvernement s’enquiert de l’état d’avancement des travaux d’extension du port d’Annaba, un dossier suivi au plus haut niveau. Le communiqué rappelle que cette extension s’inscrit dans le cadre de la réalisation du méga projet de phosphate intégré, ce qui donne à l’infrastructure portuaire une portée industrielle et logistique au-delà du seul volet maritime
À ce stade, aucune donnée chiffrée n’est détaillée, mais l’inscription du chantier à l’ordre du jour gouvernemental traduit l’enjeu de sécuriser, dans la durée, les capacités d’acheminement et de manutention nécessaires aux chaînes de valeur. Cette extension est aussi attendue comme un levier d’entraînement pour l’activité économique de l’Est, où se concentrent plusieurs pôles industriels et corridors de transport. Dans un contexte où la compétitivité se joue aussi sur les délais, les coûts et la fiabilité des flux, la montée en puissance des infrastructures portuaires devient un indicateur clé de la capacité de l’Algérie à accompagner ses projets miniers et industriels.
Lyes M.