Abbas Righi, chanteur de malouf constantinois

«Mon souhait est de créer une Académie du malouf»

Abbas Righi, chanteur de malouf constantinois, confie «Mon souhait est de créer une Académie du malouf»

Abbas Righi est un chanteur virtuose de malouf constantinois reconnu pour sa maîtrise vocale et son interprétation raffinée du patrimoine musical algérien. Héritier des grandes traditions du malouf, il mêle élégance, sensibilité, tout en transmettant cet art ancestral aux jeunes.

Rencontré lors de son concert au Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi, il nous parle de ses activités durant le Ramadhan et de ses projets artistiques.

Propos recueillis par Hakim M. 

Comment se présente pour vous ce mois de Ramadhan ?

Je suis satisfait. La demande reste forte pour mes concerts et cela est un immense honneur pour moi, surtout à Alger.

Comment est le lien entre vous et le public algérois ?

Ce n’est pas la première fois que je me produis ici au TNA et Dieu merci, le public est très chaleureux à chaque fois. Je peux dire qu’il existe une bonne relation entre Abbas Righi et son public à Alger.

Qu’avez-vous choisi pour votre public durant ces soirées ?

Durant le mois sacré, le répertoire est surtout puisé dans le djed et le madh. Mais nous explorons aussi d’autres registres, nous avons une richesse inépuisable, entre autres le hawzi, l’aâroubi, el mahdjouz. Mais nous profitons du mois de Ramadhan pour ressortir le répertoire du medh pour notre public.

Vous avez déjà une assez longue carrière. Comment la résumeriez-vous ?

J’ai 15 années de métier et je dirais que c’est très court. Mais j’ai pu réaliser beaucoup de projets et j’ai représenté ma ville et mon pays à travers le monde. J’ai enregistré des qsids du patrimoine et j’ai un public dans presque toutes les villes d’Algérie. Et je suis fier aussi de dire que certains aiment le malouf grâce à moi et cela n’a pas de prix.

Pensez-vous que le malouf a évolué et s’est fait de la place sur la scène artistique ?

Oui, que ce soit à Alger ou dans d’autres villes, le public est de plus en plus nombreux. Il y a quelques années, nous jouions devant des salles presque vides, mais maintenant, il nous arrive de jouer à guichets fermés à l’Opéra et ailleurs pendant plusieurs soirées.

Lemalouf peut-il évoluer, se moderniser ou rester fidèle à la pure tradition ?

On peut le moderniser, mais sans le dénaturer. On peut choisir des morceaux, les adapter au goût du public et apporter sa propre touche artistique. Mais je reste un pur conservateur, surtout lorsqu’il s’agit de la nouba et de la musique classique. On peut faire ses propres arrangements dans la chansonnette ou dans des genres comme el mahdjouz, mais pas la nouba: elle reste intouchable.

 Est-ce qu’il y a un projet qui vous tient à cœur et que vous n’avez pas encore réalisé ?

Le projet le plus cher à mon cœur, c’est l’Académie du malouf et c’est un projet qui se réalisera, inchAllah.

H.M.

 

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