Le court-métrage à l’honneur durant le Ramadhan

Durant le Ramadhan, le CNCA met le court-métrage à l’honneur avec un ciné-club animé par Saïd Mehdaoui, entre projections et débats avec le public.

Le Centre national de la cinématographie et de l’audiovisuel (CNCA) organise, chaque mercredi du mois sacré, un ciné-club spécial court-métrage animé par le réalisateur Saïd Mehdaoui.

Lors de la soirée de mercredi dernier, Mehdaoui a proposé une sélection de quatre courts-métrages :«La Page blanche» de Mohamed Nadjib Lamraoui ; «El Bria» (La lettre) de Mourad Guechoud ; «Sans vous» de Nadjib Oulbessir et «Boualem smaâkoulech» (Boualem a tout entendu), coréalisé par Aziz Boukerouni et Khaled Bounab.

Dans le premier (17 minutes), Lamraoui raconte l’histoire de Hakim, un écrivain confronté au fameux syndrome de la feuille blanche. Il se retrouve face à un dilemme : suivre sa propre vision artistique et littéraire ou céder à la pression sociale et financière de son éditeur et de son entourage et se résigner à écrire ce qui se vend le mieux. L’incapacité d’écrire devient alors la source d’un conflit intérieur entre le besoin de s’exprimer et l’impuissance à le faire.

Des récits de vie et d’émotion

«La Lettre» s’intéresse à la détresse psychologique d’une femme atteinte d’un cancer qui ne trouve ni la force ni le courage d’annoncer sa maladie à son mari. Le film met en évidence la peur, l’angoisse et la vulnérabilité liées à la maladie, la crainte de faire souffrir l’autre. La souffrance morale est aussi lourde que la douleur physique.

«Bla Bikoum» (titre original de Sans vous) dépeint la douleur d’un père, ancien émigré, qui voit ses enfants refuser de revenir au pays. Le film met en lumière la solitude des parents qui se retrouvent seuls dans leur vieillesse, voyant les efforts de toute une vie s’évanouir.

Enfin, «Boualem a tout entendu» rend hommage à Boualem Boukhofane, employé et figure incontournable de la Cinémathèque d’Alger. Durant plusieurs décennies, il a vu défiler les grands noms du cinéma algérien et mondial et vécu toutes les mutations et les événements majeurs qu’a connus ce temple du 7ᵉ art. Après la projection, les réalisateurs ont animé un débat avec le public sur le choix de leurs sujets et divers aspects liés à leurs œuvres.

Défis et perspectives pour le court-métrage

Les réalisateurs se sont accordés sur la principale difficulté du court-métrage, celle de condenser, en quelques minutes, un sujet qui nécessiterait parfois un traitement plus long.

Le financement des projets a également été abordé. La discussion a porté sur l’équilibre entre financement indépendant et soutien du ministère de la Culture, la nécessité de diversifier les sources de financement pour permettre la création et le développement du court-métrage.

Ils ont également évoqué les défis propres à ce format, depuis la maturation de l’idée jusqu’à l’écriture, en passant par la préparation technique, le tournage et le montage.

La question de la diffusion a également été soulevée. Les réalisateurs estiment qu’il est urgent de mettre en place des mécanismes adéquats pour assurer une large diffusion des œuvres et trouver des solutions pour faire revenir le public dans les salles. Le court-métrage doit être soutenu et développé, ont insisté tous les intervenants.

Mehdaoui a fait part du projet d’organisation prochaine d’une semaine du court-métrage à la Cinémathèque d’Alger actuellement en cours de maturation. Mehdaoui a invité toutes les volontés à donner au court-métrage la place qui lui revient dans le 7ᵉ art algérien.

Le rendez-vous de mercredi prochain sera consacré à des courts-métrages réalisés par des cinéastes femmes, a-t-il enfin annoncé.

Hakim Metref

 

Bouton retour en haut de la page