Un nouveau livre sur Aït Menguellet: Paroles de fans

Un nouveau livre de Slimane Belharat explore l’œuvre de Lounis Aït Menguellet à travers les témoignages et récits de ses fans.
Ce n’est pas la 1e fois qu’un livre est consacré au grand poète Lounis Aït Menguellet. L’ouvrage que vient de publier Slimane Belharat aux éditions El Amel s’ajoute à, entre autres, «Aït Menguellet chante» de Tassadit Yacine qu’avait préface Kateb Yacine, «Randonnées avec Aït Menguellet» de Chabane Ouahioune, qui était chroniqueur à «Horizons» à ses débuts. Et en langue arabe, l’universitaire Mohamed Djellaoui a fait paraître une étude sur la poésie du barde.
Si la première avait fait précéder ses traductions de textes d’une étude consistante sur la vie et l’œuvre, le dernier avait proposé une version en arabe de poésies qui brassent un vaste champ de thèmes liés dans une première phase à la passion amoureuse avant que le répertoire n’aborde de grandes questions sociales voire philosophiques. Le diplomate Ammar Abba a révélé dans «Inig», un voyage dans l’œuvre poétique, une fine connaissance d’une production qui a marqué des générations.
Une approche originale par le prisme des admirateurs
C’est que le fils d’Ighil Bamas a, depuis la fin des années 1960, produit une œuvre où se lit en filigrane l’histoire de notre pays et l’évolution des mentalités.
L’approche de Belharat, qui a accompagné, en animateur de ses galas, l’artiste, est assez originale. Lui dont la discussion est souvent émaillée de paroles du maître a sollicité une trentaine de fans, dont certains sont connus comme les chanteurs Belaïd Tagrawla, Mohamed Chemoun, Ali Meziane, pour parler des raisons qui les poussent à lui tendre l’oreille, à savourer la beauté et la force de ses vers qui ont sublimé les tourments de l’amour juvénile, les affres de la guerre, de l’exil. Le poète dont des textes existent même en japonais a alterné chants de joie, de douleurs et de réflexion. Que n’a-t-il pas chanté ?
Belharrat fin connaisseur de la langue arabe, qu’il a longtemps enseignée, utilise le mot «insat», qui est l’ouïe attentive et attentionnée. La sienne et celle des autres. Une jeune fille de 16 ans dit pourquoi et comment elle écoute Lounis.
Entre témoignages inédits et tournée américaine
Outre tous ces témoignages qui nous font davantage connaître l’auteur de «Tamurtiw dizurar» où il compare les villages de Kabylie a un collier de perles, le livre contient une interview inédite qui complète le portrait.
Un bonheur arrivant avec un autre, le chanteur va animer, pour la première fois de sa carrière, une série de galas aux États-Unis qui débutera le 18 avril à Chicago avant de se poursuivre à San Francisco où vit une forte communauté algérienne.
H.Rachid