Ébauche d’une révision de la carte pédagogique à Bejaïa 

Une ébauche d’une révision de la carte pédagogique de la formation professionnelle se dessine à Bejaïa en adéquation avec les grands projets.

L’adéquation formation-emploi est au cœur de la problématique actuelle du secteur de la formation professionnelle dans la wilaya de Bejaïa où il s’est avéré que de nombreux métiers traditionnels sont désormais fermés aux nouveaux venus, alors que les entreprises économiques déjà implantées ou en voie de lancement font face à la difficulté de dénicher l’oiseau rare sur un marché du travail qu’ils jugent en décalage avec la dynamique économique nouvelle que connaît le pays en général et le marché local en particulier.

De nouvelles offres de formation en perspective

Le secteur de la formation professionnelle est bien conscient du gap qui le sépare encore des besoins de l’économie réelle et tente d’apporter une certaine réponse à travers la diversification des spécialités qu’il propose aux candidats. Ainsi, lors de la session de septembre, plusieurs nouvelles spécialités ont été introduites dans des domaines d’activités aussi variés que le dessalement d’eau de mer, l’agroalimentaire et le bâtiment.

Il s’est avéré, toutefois, que cet effort est bien loin de la réalité des besoins du marché, dont les tendances semblent encore inconnues des planificateurs comme l’a clairement montré la journée d’étude sur l’adéquation formation-emploi organisée par la wilaya en novembre dernier, regroupant plusieurs investisseurs, dont des porteurs de projets en réalisation dans la nouvelle zone industrielle d’El Kseur.

L’aspect le plus positif de cette rencontre est d’avoir ainsi permis d’enclencher un processus au terme duquel la carte pédagogique sera totalement révisée au niveau de la wilaya de Bejaïa afin d’adapter l’outil de formation aux besoins réels de l’économie locale en profils qualifiés. Les différentes politiques publiques poussent également à la reconfiguration de la formation professionnelle, notamment avec le projet d’Amizour et d’autres implantés dans la wilaya qui augurent de nouvelles offres de formation. Ainsi, les mesures d’encouragement à la création d’entreprise induisent de nouvelles demandes de formation qui sont pour l’heure prises en charge par la convention signée avec l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (NESDA).

Passerelle entre le monde du travail et celui de la formation

Au bout d’une année de mise en œuvre, c’est-à-dire de janvier à fin 2025, 236 candidats ont été formés sur les 530 inscrits, aboutissant à la validation de 36 dossiers de création de micro-entreprises portés par les diplômés de la formation professionnelle et 17 autres dans le cadre de l’extension d’une entité déjà créée dans des domaines aussi variés que la plomberie, le commerce, le bâtiment, la maintenance industrielle, la confiserie, le textile ou l’agriculture et l’élevage de bétail.

La création d’une allocation chômage a, de son côté, incité à annexer à cette mesure sociale un programme de formations qualifiantes non seulement pour aider le demandeur à se placer sur le marché de l’emploi, mais aussi pour alléger le lourd fardeau qui pèse sur les finances publiques en raccourcissant la période de chômage par la formation dans des spécialités recherchées par les entreprises, à l’instar des métiers du bâtiment, du tourisme, de l’électricité ou de l’agriculture.

Bien que tardif, le recours aux nouvelles technologies de la communication, à travers la mise en place d’une plateforme tamhin, permet aussi d’installer une passerelle entre le monde du travail et celui de la formation en facilitant la mise en relation de l’employeur et du postulant à un stage d’apprentissage qui peut aboutir à un recrutement. En quelques mois d’existence, lancée en septembre 2025, cette plateforme réunit déjà 726 entreprises et employeurs artisans dans sa base de données et a offert 555 stages d’apprentissage.

Le dialogue noué avec les employeurs, l’analyse des données recueillies à travers la plateforme Internet et l’audit en cours des établissements de formation pour déterminer les besoins en équipements nécessaires et en profils des formateurs à recruter va donner du contenu à la nouvelle carte pédagogique à implémenter dans le cadre de la stratégie que compte déployer le secteur de la formation professionnelle sur le court terme dans l’objectif d’améliorer l’employabilité de ses diplômés et répondre par anticipation aux besoins concrets et évolutifs du marché de l’emploi.

O. M.

révision de la carte pédagogique

Bouton retour en haut de la page