Industrie énergétique: L’Algérie, un acteur majeur

Transformer l’Algérie en un acteur majeur de l’industrie énergétique, avec une stratégie des hydrocarbures et des mines visant à s’ancrer dans la profondeur africaine.

Telle est la vision de l’État qui mise, aujourd’hui, à faire de l’énergie pas une simple marchandise à exporter, mais un outil essentiel pour bâtir une Afrique forte et unie, et ce, à travers plusieurs projets stratégiques, dont le gazoduc transsaharien. C’est ce qui ressort de l’intervention du directeur de la Coopération et des relations internationales au ministère des Hydrocarbures et des Mines, Sofiane Oufa, lors de son passage, hier, sur les ondes de la Radio algérienne.

Le gazoduc transsaharien, un projet africain sûr et viable

«Nous considérons le gazoduc transsaharien comme un projet de développement africain intégré. Il ne s’agit pas seulement d’un conduit de gaz vers l’Europe, mais d’un projet qui favorise le développement local, africain et économique. Ce gazoduc, qui acheminera le gaz nigérian vers l’Europe, contribuera aussi à réduire la pauvreté et les crises dans la région du Sahel et à créer de l’emploi. Il soutiendra les économies locales et attirera des investissements», souligne Oufa.

En ce sens, l’intervenant rappelle que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné d’accélérer la mise en œuvre de ce projet, notamment avec le Niger. «Aujourd’hui, nous constatons une avancée significative. Techniquement, c’est un projet sûr et viable, avec une réelle rentabilité économique pour l’Europe. Au Nigeria, la plus part des infrastructures sont déjà réalisées, et en Algérie, les travaux sont également bien avancés», clarifie-t-il.

Une présence renforcée en  Afrique

Dans le même ordre d’idées, Oufa relève que grâce aux investissements de Sonatrach, le Niger a réalisé des découvertes d’hydrocarbures. «C’est un partenaire stratégique idéal», renchérit le directeur de la coopération. Dans le même sillage, l’invité de la Radio passe en revue les découvertes de Sonatrach en Libye, au Niger et au Mali, tout en mettant l’accent sur le travail de coordination et de coopération avec la Mauritanie.

«Nous travaillons quotidiennement avec nos homologues en Mauritanie, qui a récemment fait de nouvelles découvertes gazières et considère l’Algérie comme un modèle à suivre. Hier (dimanche), le ministre mauritanien du Pétrole et de l’Énergie était en Algérie, et nous avons discuté de nombreux sujets liés au développement du secteur gazier en Mauritanie», rapporte-t-il. Le groupe pétrolier ne compte pas se limiter aux activités d’exploration et de production de pétrole et de gaz, mais œuvre également au développement des infrastructures en Afrique, affirme-t-il, rappelant que le continent africain détient environ 16% des réserves mondiales de gaz.

Malgré toutes les richesses que recèle l’Afrique, elle demeure, paradoxalement, le continent le plus pauvre en matière d’accès à l’énergie, où environ 300 millions d’Africains utilisent encore le bois et le charbon, fait-il remarquer. Et grâce à son expertise et son expérience, Sonatrach s’engage à investir dans le marché africain et à développer le secteur énergétique du continent, dit-il.

Une flexibilité dans l’approvisionnement

Évoquant le rôle de l’Algérie en tant que fournisseur fiable de gaz à l’Europe, le cadre du ministère des Hydrocarbures relève que l’on œuvre à consolider cette position. C’est ce qui rend le gazoduc transsaharien si important pour l’Europe, car il contribuera à sa stabilité et à sa sécurité énergétique, mettant en exergue le caractère propre du gaz et à faible émissions. Outre les deux gazoducs approvisionnant l’Europe via l’Espagne et l’Italie, l’Algérie a développé le gaz naturel liquéfié, se dotant ainsi d’une flexibilité et d’un accès à des marchés lointains comme l’Asie.

«L’Algérie fut le premier pays au monde à exporter une cargaison de GNL en 1964. La position leader de notre pays dans le secteur énergétique est le fruit d’un travail de longue haleine depuis l’indépendance», souligne-t-il. Dans ce sillage, il a mis en relief les compétences nationales maîtrisant cette technologie, résultat, dit-il, de la politique de nationalisation des hydrocarbures qui visait non seulement un objectif économique ou commercial, mais aussi le développement des ressources humaines algériennes professionnelles et compétentes.

Cap sur la valorisation des ressources naturelles

Pour la valorisation des ressources naturelles, l’invité du forum rappelle que le secteur des hydrocarbures s’oriente désormais vers le développement des industries pétrochimiques et gazières, précisant que le pays dispose de plusieurs complexes pétrochimiques à Arzew et à Skikda, de six raffineries, de deux usines d’engrais, en plus des unités construites en partenariat avec des sociétés étrangères. «Ce choix stratégique permet de valoriser le pétrole et le gaz, de créer de la richesse et de transformer l’Algérie en acteur majeur de l’industrie énergétique, exportant non seulement des matières premières mais aussi des produits transformés», soutient-il.

Grâce à ces avancées, le pays jouit aujourd’hui d’une stabilité et d’une disponibilité de produits pétroliers, même en cas de crises géopolitiques internationales, fait-il remarquer, rappelant l’importance de ces matières dans l’activité agricole et la sécurité alimentaire nationale. Il tient à préciser dans la foulée que 80% des projets de recherche, d’exploration et de production sont développés par Sonatrach seule, avec ses propres moyens.

Le directeur de la coopération note que beaucoup de pays africains affichent leur intérêt et leur volonté de bénéficier de l’expérience algérienne dans le développement des hydrocarbures. «Ces pays voient Sonatrach comme un modèle à suivre. Parmi les perspectives de coopération avec les compagnies africaines figure l’accompagnement pour mettre en place une industrie pétrolière et des sociétés capables de travailler dans ce domaine», explique-t-il.

Par ailleurs, le responsable revient sur les ambitions nationales de développer le secteur minier. «Après le lancement du projet de fer de Gara Djebilet, d’autres projets structurants sont en cours, notamment dans le phosphate intégré, le zinc et le plomb. L’importance de cette orientation vers l’industrie minière réside dans la diversification du tissu économique national. L’Algérie dispose de ressources pétrolières et gazières suffisantes pour poursuivre son développement socioéconomique, mais elle est également riche en ressources minières : fer, or, zinc, phosphate et même des matériaux rares», relève-t-il. Selon son constat, de nombreux partenaires considèrent le secteur minier algérien comme attractif pour l’investissement, grâce à la stabilité politique et à la nouvelle loi sur les mines qui offre de nombreux avantages.

A. Mehdid

 

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