Cogestion de la pêche artisanale : L’Algérie et le Japon unissent leurs expertises au service de la durabilité

L’Algérie poursuit résolument son engagement en faveur d’une gestion durable et participative de la pêche artisanale.
Cette orientation est réaffirmée lors de l’atelier consacré à la cogestion de la pêche artisanale à travers l’utilisation des récifs artificiels, tenu à Aïn Benian, sous la supervision du Directeur général (DG) de la Pêche et de l’Aquaculture, Miloud Tria, en présence de représentants institutionnels nationaux et internationaux, d’experts, de chercheurs et de professionnels du secteur.
Renforcer la gouvernance durable des ressources halieutiques

Dans son allocution d’ouverture, Miloud Tria souhaite la bienvenue à l’ensemble des participants, saluant notamment la présence de Son Excellence Suzuki Kotaro, Ambassadeur du Japon en Algérie, du représentant de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), des cadres du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, ainsi que des responsables des chambres de la pêche maritime et de l’aquaculture, des universités, des centres de recherche et des associations professionnelles.
Le DG de la Pêche et de l’Aquaculture souligne que cet atelier s’inscrit dans une démarche collective visant à renforcer la gouvernance durable des ressources halieutiques à travers une approche participative impliquant l’ensemble des acteurs concernés. Il met en avant l’importance stratégique des récifs artificiels, considérés comme un outil clé pour la restauration des habitats marins, le renouvellement des ressources biologiques et le soutien à la pêche artisanale, notamment dans les zones côtières sensibles.
Relation de confiance

Prenant la parole à son tour, l’Ambassadeur du Japon en Algérie réaffirme la solidité du partenariat algéro-japonais dans le domaine de la pêche maritime et de l’aquaculture, rappelant que cette coopération repose sur une relation de confiance établie depuis la fin des années 1980. Il salue les efforts constants déployés par les acteurs algériens du secteur en faveur du développement durable des ressources halieutiques.
Suzuki Kotaro met en exergue le rôle central de la JICA, engagée dans des projets de coopération pour le développement à travers le monde, et pour laquelle la pêche maritime et l’aquaculture constituent un axe stratégique. Évoquant l’expérience japonaise, il rappelle que le Japon, pays insulaire, a de tout temps bâti son rapport à la mer autour d’une exploitation raisonnée et d’un savoir-faire transmis de génération en génération. Il établit un parallèle avec l’Algérie, dotée d’un littoral stratégique ouvert sur la Méditerranée et connecté à l’océan Atlantique.
Programmes de formation

L’Ambassadeur du Japon salue également la récente visite de terrain effectuée en Tunisie par des représentants du ministère algérien de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, ainsi que par des acteurs de plusieurs wilayas, qualifiant cette mission de particulièrement fructueuse. Il tient à remercier la JICA pour l’organisation de cette visite, tout en mettant en lumière la contribution déterminante de Nanao Hitonori, expert de la JICA.
Ce dernier, rappelle le diplomate japonais, a joué un rôle de passerelle entre le Japon, l’Algérie et la Tunisie. En 2016, Nanao avait déjà séjourné en Algérie en tant que conseiller en politiques de pêche maritime, élaborant un plan d’action pour la gestion conjointe de la pêche artisanale. Entre 2021 et 2024, son engagement s’est poursuivi à travers la conception de programmes de formation et un accompagnement de terrain, aussi bien au Japon qu’en Algérie. Depuis la fin de l’année 2023 et jusqu’à février 2026, il a effectué sept missions en Algérie, contribuant au renforcement de la gestion concertée de la pêche artisanale et à la mise en place de récifs artificiels et d’infrastructures connexes.
Des projets pilotes dans les wilayas d’Oran, Skikda, Tizi Ouzou et Tipasa
Revenant aux aspects opérationnels, Miloud Tria rappelle que depuis 2021, un programme ambitieux est mené avec l’appui de la JICA pour promouvoir la gestion concertée de la pêche artisanale. Celui-ci s’est traduit par des actions de formation, des stages pratiques organisés au Japon et en Tunisie, ainsi que par la mise en œuvre de projets pilotes dans les wilayas d’Oran, Skikda, Tizi Ouzou et Tipasa. Ces initiatives ont permis de renforcer les capacités des acteurs locaux, comme en témoigne notamment l’opération d’immersion de récifs artificiels réalisée au large des côtes d’Oran. Le directeur général insiste sur le fait que cette dynamique s’inscrit dans un cadre réglementaire précis, défini par le décret exécutif n°17-363 du 25 décembre 2017, qui encadre les modalités techniques, environnementales et administratives relatives à l’implantation des récifs artificiels le long du littoral national.
Dans ce contexte, il appelle l’ensemble des intervenants à une implication active et responsable, soulignant l’importance de renforcer la sensibilisation des professionnels et des opérateurs de toutes les filières afin d’assurer une adhésion effective à ce programme à fort impact économique, social et environnemental. En conclusion, Miloud Tria remercie l’ensemble des participants pour leur engagement en faveur de la réussite de cette initiative, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux de l’atelier. De son côté, l’Ambassadeur du Japon exprime le souhait de voir la coopération algéro-japonaise se consolider davantage, au service d’un secteur halieutique algérien durable, fondé sur l’harmonie entre l’homme et la nature, et porteur d’un avenir plus prospère pour le peuple algérien.
Samira Sidhoum