Industrie pharmaceutique: Une centaine de projets en cours de réalisation

Une centaine de projets sont en cours de réalisation dans l’industrie pharmaceutique en Algérie, affirme dimanche Dr Khadidja Bouguera.
Intervenant dimanche sur les ondes de la Radio algérienne, la responsable de la gestion de la qualité à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, le Dr Khadidja Bouguera, attribue cette progression à la dynamique des projets en cours et à une politique de soutien plus affirmée au secteur, présentée comme un levier de sécurité sanitaire. L’invitée de la Radio algérienne relie ces résultats aux orientations des pouvoirs publics, dans un contexte où la structuration institutionnelle s’est renforcée avec la création, en 2020, d’un ministère de l’Industrie pharmaceutique et l’entrée en service, la même année, de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP).
Plus de 780 lignes de production de différentes classes thérapeutiques
Sur le plan industriel, l’Algérie compte aujourd’hui 233 unités et usines de production de médicaments, un socle déjà conséquent au regard du tissu industriel régional. À cette base s’ajoute un volet de 100 nouveaux projets autorisés par le ministère de l’Industrie pharmaceutique et actuellement en cours de réalisation, volume que la responsable met en perspective en rappelant qu’il représenterait, à lui seul, un tiers des usines de médicaments présentes à l’échelle du continent africain. L’appareil productif se traduit aussi par la densité des capacités, puisque plus de 780 lignes de production couvrent différentes classes thérapeutiques, y compris des médicaments qualifiés de «complexes». Certaines productions sont mises en avant comme des marqueurs de savoir-faire local.
Le Dr Bouguera affirme ainsi que l’Algérie est le seul pays en Afrique et dans le monde arabe à fabriquer des stylos d’insuline 100% localement, un segment à forte valeur ajoutée compte tenu des exigences industrielles et de qualité. Sur le volet oncologie, elle indique qu’environ 54 types de médicaments destinés au traitement du cancer sont fabriqués localement, sur un total d’environ 200 médicaments enregistrés dans le répertoire national consacré à la lutte contre la maladie.
Au-delà des volumes, les projets annoncés sont présentés comme un gisement d’emplois et un signal pour l’investissement, avec un accent mis sur des «médicaments innovants». Parmi les chantiers cités figurent un projet de centre de recherche biologique et de production de vaccins, ainsi qu’un nouveau projet avec le groupe Saidal dans le domaine de la thérapie cellulaire, censé renforcer les postes de travail et soutenir l’innovation.
Obtenir un «visa vert» pour les médicaments algériens
Dans ce récit de consolidation, l’enjeu n’est plus seulement de produire davantage, mais d’élargir l’éventail technologique et de tirer la filière vers des segments plus spécialisés. Le secteur met également en avant un volet réglementaire, présenté comme une condition de crédibilité et d’accès aux marchés. L’Algérie a reçu une délégation d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une visite de terrain dédiée à l’évaluation et au suivi du système réglementaire national appliqué à la production de médicaments, dans la perspective d’atteindre le niveau 3 du modèle de maturité des capacités des autorités réglementaires algériennes.
La responsable précise que ce système mobilise 4 acteurs, en l’occurrence les ministères de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique, l’ANPP et le Centre national de pharmacovigilance (CNPM). «Une autoévaluation conduite en juin 2025 a été suivie de plus de 430 recommandations de l’OMS, couvrant 9 fonctions essentielles, dont l’enregistrement, la vigilance, l’inspection et les essais cliniques», explique la responsable.
L’objectif affiché est de boucler la mise en œuvre de ces recommandations avant l’évaluation officielle, afin de gagner en efficacité et en stabilité, d’ouvrir la voie à une reconnaissance internationale et d’élargir les marges de partenariat et d’exportation. Dans le même temps, le Dr Bouguera souligne un «progrès notable» dans l’application des recommandations, certaines dépassant 78% de mise en œuvre, tandis qu’environ 30% resteraient en cours compte tenu de mesures nécessitant davantage de temps.
Elle rapporte enfin la satisfaction exprimée par la délégation de l’OMS face au volume de décisions et de mesures réglementaires prises par les deux ministères concernés et par l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, avec pour objectif d’actualiser les textes d’application au niveau des standards internationaux et de faciliter l’obtention d’un «visa vert» pour les médicaments algériens.
Lyes M.