Innovation et Entreprenariat : L’université table sur 80 % d’inscriptions au décret 12-75

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique table sur une mobilisation de 80% des étudiants en fin de cycle dans le cadre du décret ministériel n°12-75.
Ce décret permet de transformer les projets de fin d’études en véritables projets d’entreprise et à travers une campagne nationale déployée dans l’ensemble des universités, le ministère entend consolider la mutation de l’enseignement supérieur vers un modèle plus innovant, productif et connecté aux besoins de l’économie nationale.
Plus de 12.000 projets enregistrés depuis le lancement du dispositif
Instauré en 2022, le décret 1275 offre aux étudiants la possibilité de remplacer le mémoire académique classique par un projet entrepreneurial concret, directement lié au marché. La nouvelle orientation s’inscrit dans une réforme plus large engagée ces dernières années, marquée par la généralisation des incubateurs universitaires, la création de centres de développement de l’entrepreneuriat, la mise en place d’interfaces université-entreprise et l’adoption du statut d’étudiant-entrepreneur. «L’université est désormais appelée à jouer un rôle actif dans la création de richesse et d’emploi», a, à maintes reprises, insisté le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, Kamel Baddari.
Selon les données communiquées récemment par le ministère, plus de 12 000 projets ont été enregistrés depuis le lancement du dispositif, dont plusieurs milliers ont dépassé le stade de l’étude pour entrer en phase d’incubation. Plus de 1.500 start-up issues du milieu universitaire seraient aujourd’hui en activité ou en cours de création, couvrant des secteurs aussi variés que le numérique, l’agriculture, la santé, l’industrie et les services.
Plus de 120 incubateurs universitaires
Le réseau national d’accompagnement s’est considérablement renforcé. Il compte désormais plus de 120 incubateurs universitaires et près de 120 centres de développement de l’entrepreneuriat répartis à travers les établissements du pays. Des dizaines de milliers d’étudiants ont bénéficié du statut d’étudiant-entrepreneur, confirmant la montée en puissance de cet écosystème universitaire orienté La campagne actuelle, pilotée par la Commission nationale de coordination pour le suivi de l’innovation et de l’entrepreneuriat universitaire, repose sur une mobilisation structurée dans chaque établissement.
Des réunions sont organisées sous la supervision des vice-recteurs chargés de la pédagogie afin d’assurer la coordination entre responsables de spécialités, directeurs d’incubateurs et partenaires économiques. Dans le même cadre, une cellule de mobilisation a été mise en place pour assurer un suivi quotidien des inscriptions, avec un objectif minimal de 10 % par jour afin d’atteindre le seuil des 80 % avant la clôture de l’opération.
«Ancrer définitivement la culture entrepreneuriale dans l’université algérienne»
La campagne vise, selon les récentes déclarations de Mohamed Mir, président de la Commission nationale de coordination pour le suivi de l’innovation et de l’entrepreneuriat universitaire, à «ancrer définitivement la culture entrepreneuriale dans l’université algérienne». Il a affirmé que le décret 12-75 constitue aujourd’hui un levier stratégique pour transformer les idées innovantes des étudiants en projets économiques viables, insistant sur la nécessité d’une forte mobilisation des équipes pédagogiques et administratives pour accompagner les porteurs d’idées.
Il a également rappelé que chaque étudiant inscrit représente une valeur ajoutée potentielle pour l’économie nationale, appelant à ne laisser aucun talent en marge du dispositif. Cette dynamique s’inscrit, a-t-il poursuivi, dans la continuité des orientations stratégiques du secteur, qui ambitionne de faire passer l’université d’un modèle centré exclusivement sur la transmission des connaissances à un modèle producteur de solutions, d’innovation et de start-up. Le ministère confirme ainsi sa volonté de faire de l’université un véritable vivier entrepreneurial national, capable de contribuer directement à la diversification économique et à la création d’entreprises portées par les compétences et la créativité des jeunes diplômés.
Samira Azzegag