L’Algérie au Top 10 des exportateurs de services

L’Algérie au Top 10 des exportateurs de services en Afrique, selon un exposé de la CNUCED mercredi.

Le tourisme maritime et côtier est la principale source d’exportation océanique pour de nombreux pays africain.  Jouissant d’une position stratégique en Méditerranée avec plus de 1.200 Km de côte et d’une infrastructure portuaire importante, l’Algérie figure parmi les pays africains qui sont dans le top 10 des exportateurs de service liés à l’Océan en 2024, selon des données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Un montant avoisinant 420 millions de dollars

Avec un montant avoisinant 420 millions de dollars, la performance algérienne repose essentiellement sur les services portuaires, le tourisme maritime ainsi que sur le transport des passagers, d’après un exposé présenté, mercredi par Arnaud Ludovic, administrateur adjoint des affaires économique au sein de la section  du commerce, de l’environnement, du changement climatique et du développement durable de la CNUCED , et expert sur les données et analyse relatives à l’économie  des océans.

Intervenu dans le cadre du 2e rendez-vous de Africa 21, réseau des journalistes africains spécialisé sur le développement durable et le changement climatique, organisé en webinaire sous le thème «Mers et Océans, enjeux pour l’Afrique», le représentant de cette institution onusienne souligneque le commerce international peut constituer un levier de développement de l’économie bleu durable. En termes de commerce international, l’économie bleue  représente, selon lui, 60 à 70 milliards de dollars. «C’est très faible comparé  au potentiel de l’économie bleu en Afrique», indique-t-il.

L’économie bleue représente entre 300 et 400 milliards de dollars en Afrique

Invité à cette table ronde qui vise à répondre aux rôles qu’ont joués les États africains durant cette année 2025 concernant l’agenda de la mer aux bénéfices qui sont attendus de la part de ces États à court, moyen et long termes, Nassim Oulmane met l’accent lui aussi sur l’importance de développer l’économie bleu, un sujet que  l’Afrique a longuement négligé. «C’est à partir de 2016 qu’on a commencé à travailler sur des documents stratégiques pour mieux cerner l’importance de l’économie bleue pour le continent africain. Nous avons toujours eu une approche assez prudente vis-à-vis de la mer, des océans sur le continent», indique-t-il.

Pour cet économiste principal et chef de la section de l’économie verte et bleue à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA), l’économie bleue offre de forte potentialité de développement pour le continent précisant que cette dernière représente entre 300 et 400 milliards de dollars d’activités au niveau économique. Selon lui, l’économie bleue génère à peu près 50 millions d’emplois autour du continent dans les 38 pays côtiers. Il souligne que des efforts, au niveau continental, ont été consentis en matière de mise en place d’une stratégie économie bleue pour l’Afrique  dans le cadre de l’Union africaine, laquelle petit à petit, s’est décliné en stratégie sous régionale et aussi stratégie nationale.

Au-delà de ce potentiel, le grand challenge aux yeux de cet expert algérien est d’arriver à faire converger à la fois l’activité économique et la protection et la régénération des océans «qui se détériorent assez vite, particulièrement sur le continent», déplore-t-il tout en rappelant que les pays africains ont «très peu de moyens pour gérer la dimension lié à la santé des mers».

Le développement durable, la protection de l’environnement et la régénération des écosystèmes doivent être, impérativement, en connexion comme ils doivent être inclus dans les plans de développement, note-t-il soulignant que l’aquaculture durable constitue un chaînon dans ce processus de préservation de stocks des ressources de la mer qui s’inscrit, insiste-t-il, dans le cadre de la sécurité alimentaire. Sur ce même ordre d’idée, Oulmane met en avant les avancées réalisées par l’Algérie dans ce domaine soulignant que l’aquaculture représente 8 à 10% les ressources halieutiques.

La coopération régionale s’impose

Oulmane fait observer, par ailleurs, que 80% de la pêche est non règlementé en Afrique. C’est ce qui explique, selon lui, la surpêche, la pollution… «La coopération régionale est fondamentale impliquant la standardisation de la réglementation et le contrôle des aires marines protégées ainsi que la taxation de l’impact néfaste de la pollution», explique-t-il. La zone de libre-échange continentale (ZLECAF) constitue, selon lui, un cadre de développement de chaîne de valeur à l’échelle régionale.

Pour sa part, Robin Degron, ancien directeur du Plan Bleu (Onu environnement en Méditerranée), a articulé son intervention sur la protection de la  biodiversité soulignant que l’écosystème marin devient de plus en plus vulnérable. Avec la croissance démographique et  les effets des changements climatiques, l’exposition aux risques est, selon lui, plus croissante. D’où son appel au multilatéralisme et à l’unification des actions et surtout à la préservation des ressources notamment en haute mer.

«Les pays africains bradent leurs ressources et les vendent à des prix moins chers», déplore-t-il. Il rappelle, enfin, que  2025 a été une année très fructueuse au niveau international concernant la protection des mers et océans, citant notamment la ratification du traité sur la biodiversité en haute mer (BBNJ), soulignant que l’Afrique peut souscrire à la convention d’Aarhus pour l’accès à l’information  environnemental. Il souhaite, enfin, que la prochaine Cop31 prévue en novembre 2026 en Turquie sur l’adaptation au changement climatique apportera des réponses adéquates aux questions vitales telle la protection des écosystèmes marins.

Wassila Ould Hamouda

 

 

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