Stabilisation des prix durant le Ramadhan : Une initiative appelée à s’inscrire dans la durée

Sur le marché, tout indique que l’impact des mesures prises par les pouvoirs publics pour stabiliser les prix et assurer l’approvisionnement en produits alimentaires et en fruits et légumes est des plus positifs. Sur le pouvoir d’achat en particulier.

Des mesures, rappelle-t-on, telles que l’augmentation de la production agricole et laitière, le renforcement des contrôles dans le cadre de la lutte contre la spéculation, l’ouverture de marchés de proximité et la mise en place, par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, d’un dispositif de veille pour garantir la disponibilité des denrées alimentaires, la stabilité des prix et la fluidité de la distribution.

« Penser à étendre ces mesures sous une autre forme durant toute l’année »

Pour l’expert en économie et statisticien, Mohamed Yazid Boumghar, ces mesures sont devenues un réflexe naturel chez le gouvernement au cours des deux dernières décennies, pour atténuer les risques de flambée des prix à l’approche du mois sacré. «Ces mesures ne sont pas sans effet sur les citoyens. Bien que leurs effets soient limités dans le temps et dans l’espace, ces mesures contribuent à préserver le pouvoir d’achat des citoyens et surtout, celui des familles à faibles revenus notamment. Les marchés de proximité et les opérations relatives à l’importation de la viande, en particulier, permettent à cette catégorie de la société un meilleur accès aux produits alimentaires et à des prix inférieurs à ceux qu’on retrouve habituellement dans les marchés locaux réguliers», fait-il remarquer en notant que sur ces marchés, les prix de la viande rouge se situent entre 2500 et 3000 DA alors que le même produit importé est à moitié prix. Ces mesures, cela dit, estime-t-il, ne doivent pas être conjoncturelles, mais durables sur l’année.

«Il faudra peut-être penser à étendre ces mesures sous une autre forme durant toute l’année et non seulement durant le Ramadhan. A mon sens, les pouvoirs publics sont dotés de toutes les capacités nécessaires pour assurer la régulation économique. Ce qui stipule des mesures permettant l’approvisionnement en produits alimentaires à des prix socialement acceptables et non subventionnés», rapporte-t-il, en soutenant que les citoyens ont aussi une part de responsabilité à assurer dans la stabilité des prix du marché. Les consommateurs, d’après lui, sont appelés à contribuer à la «discipline» des acteurs intervenant dans la chaine d’approvisionnement des marchés de détail. «Les opérations de boycott sont un excellent moyen pour mettre la pression sur le marché quand il y a une augmentation expressive des prix de produits alimentaires. Les opérations de boycott lancées par des citoyens sur les réseaux sociaux l’été dernier (œuf, poulet, … etc.) sont à reconduire et à élargir en cas de besoin», conclut-il.

Une stabilité des prix au 2e jour de jeûne

L’Association nationale des commerçants et des artisans (ANCA) constate également, au deuxième jour de Ramadhan, une stabilité des prix et une disponibilité des produits alimentaires et agricoles sur le marché au niveau national. Se référant aux informations fournies par les représentants des bureaux régionaux de cette association à travers les différentes wilayas ayant parcouru les marchés et les espaces commerciaux, l’ANCA fait état d’une abondance en produits de large consommation, d’une stabilité de l’approvisionnement ainsi que des prix. «La hausse de la production agricole en général et de légumes en particulier après une saison marquée par des précipitations précoces a eu un impact positif sur la mercuriale», note le président de l’association Hadj-Tahar Boulenouar. Et d’enchaîner : «Les agriculteurs assurent que la récolte cette année est bien meilleure que celle de l’an dernier à cause de la pluviométrie précoce dans les régions agricoles surtout». Il signalera que cette disponibilité est le résultat aussi de l’injection de quantités supplémentaires de produits de large  consommation par les institutions publiques et par les producteurs.

«L’ouverture de nouveaux marchés à travers le pays  y est également pour beaucoup dans la disponibilité. Ils ont comblé le déficit en termes de disponibilité et contribué à stabiliser les prix. Nous avons noté également que les prix de certains produits agricoles qui avaient augmenté quelques jours avant le mois de jeûne ont baissé entre 15 et 20 DA, en raison de la baisse de la demande qui avait exercé une grande pression sur le marché la veille du mois de Ramadhan», indique-t-il. Dans ce sillage, Boulenouar rappelle que les marchés de gros resteront ouverts 7 jours sur 7 tout au long du mois de Ramadhan pour assurer un approvisionnement quotidien et régulier.

Farida Belkhiri

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