Viande rouge: L’interprofessionnelle appelle à renforcer la filière

L’Interprofessionnelle de la viande rouge assure que le produit est disponible en quantité suffisante et à des prix abordables.
Fateh Afrit, membre de cette organisation, affirme que les opérations d’importation viennent en appoint pour renforcer l’offre sur le marché, notamment pendant cette période durant laquelle la consommation monte d’un cran. «Nous avons deux périodes dans l’année au cours desquelles nous enregistrons des pics de consommation de viande rouge. Celle-ci se multiplie, voire quadruple durant le mois de Ramadhan et aussi durant la fête de l’Aïd El Kebir», rappelle-t-il sur les ondes de la Radio algérienne.
Appel aux opérateurs d’investir dans toute la chaîne de valeur
Il estime que la filière mérite plus d’intérêt de la part des investisseurs pour la développer et la rendre plus rentable. Et pour cause, «la filière souffre d’un déficit structurel estimé annuellement à 50.000 tonnes», affirme-t-il. C’est ce qui explique, fait observer Afrit, le recours de l’État à l’importation, une opération qui, juge-t-il, renforce l’offre et contribue, par ricochet, à la régulation systématique du marché. L’intervenant souligne-t-il que l’importation des viandes rouges n’est pas l’apanage de l’Algérie. «De nombreux pays font des appoints pour approvisionner leur marché en viande rouge», indique-t-il.
Toutefois, il appelle les opérateurs à investir dans toute la chaîne de valeur inhérente à cette filière, allant de la production à la transformation sans négliger la logistique. Faisant un état des lieux de la situation, Afrit fait savoir que la production reste pratiquement timide, précisant que la filière bovine est celle qui souffre le plus d’un déficit avec une production ne dépassant pas les 2 millions de têtes par an.
La consommation moyenne de viandes rouges avoisinant les 370.000 tonnes par an
Le cheptel ovin est estimé entre 25 et 30 millions de têtes. «La production est timide comparativement à la moyenne annuelle de consommation de viandes rouges avoisinant les 370.000 tonnes», ajoute-t-il. Il saisit cette opportunité pour saluer la décision relative à l’importation d’un million de moutons en prévision de l’Aïd El Adha, prise par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. «Cette initiative aura des retombées positives, car elle permettra à la filière de se reconstituer et de booster la production locale. Les résultats seront perceptibles d’ici 2 années», estime-t-il.
Encore faut-il encourager la production de viande rouge, insiste-t-il. Pour ce faire, le responsable soutient que les éleveurs doivent se constituer en coopérative spécialisée. «Il existe des coopératives où des éleveurs y sont adhérents. Ce qui est demandé c’est de créer des coopératives spécialisées “viande rouge” pour une meilleure organisation de la filière avec une traçabilité accrue», suggère-t-il, appelant à renforcer la sensibilisation à travers l’organisation périodique de rencontres et de Salons spécialisés à travers tout le territoire algérien.
Aussi, il lance un appel aux détenteurs de capitaux à investir dans l’élevage de vache de race viande pour augmenter la production locale. Selon lui, la filière est beaucoup plus centrée sur la vache laitière, ce qui crée un déséquilibre. Il conclut en appelant les pouvoirs publics pour instaurer une subvention ciblée pour encourager la production de la viande rouge.
Wassila Ould Hamouda