Criminalisation du colonialisme en Afrique: Haddadi souligne les progrès de l’Algérie

Haddadi souligne les progrès de l’Algérie dans le processus de criminalisation du colonialisme en Afrique, mercredi.

Emboitant le pas au chef de l’État qui a mis en avant récemment lors de la 39e session de l’UA l’engagement de l’Algérie pour la criminalisation du colonialisme en Afrique, Selma Malika Haddadi salue les avancées de l’Algérie sur la voie de la réparation des injustices historiques que subit le continent. La vice-présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Selma Malika Haddadi, qualifie l’année 2025 d’étape charnière dans le processus de criminalisation du colonialisme en Afrique, mettant en avant ce que l’Algérie a réalisé dans ce cadre ainsi que dans la réparation des injustices historiques subies par le continent
africain.

2025, une étape «charnière» dans la criminalisation du colonialisme

La semaine passée, l’UA a adopté la Déclaration d’Alger sur les crimes coloniaux en Afrique qui consacre la journée du 30 novembre «Journée africaine d’hommage aux martyrs africains et victimes de la traite transatlantique, de la colonisation et de l’apartheid». La Déclaration d’Alger a été annoncée à l’issue des travaux de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique, tenu le 30 novembre et le 1e décembre 2025 à Alger et décidée lors du sommet de l’UA, en février 2025 et qui a eu pour thème « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations ».

L’adoption de la Déclaration d’Alger a été décidée en vue d’appuyer l’effort continental visant à criminaliser la colonisation et à garantir des compensations au profit des victimes. Tout en qualifiant l’année 2025 de «charnière» dans le processus de criminalisation du colonialisme, la diplomate a souligné notamment ce qu’a a accompli l’Algérie pour cette finalité. L’Algérie a mené «un intense mouvement diplomatique et juridique qui a abouti à des décisions historiques liant Mémoire et justice internationale», affirme-t-il dans une déclaration à l’APS. Elle explique que la «Déclaration d’Alger», adoptée à l’occasion de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux qui s’est tenue à Alger les 30 novembre et 1e décembre 2025, constitue une avancée politique, juridique et symbolique majeure.

Crimes contre l’humanité et génocide

La «Déclaration d’Alger» reconnaît le colonialisme comme un crime contre l’humanité imprescriptible et appelle à des réparations matérielles et morales pour les crimes de pillage et les violations commis. Mme Haddadi inclut également officiellement la question des essais nucléaires, notamment dans le sud de l’Algérie, comme un grave crime environnemental et humain nécessitant réparation et indemnisation. Dans ce contexte, elle souligne la décision historique adoptée le 16 février 2025 lors de la 38e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA, tenue  la semaine passée à Addis-Abeba.

Cette décision qualifie officiellement l’esclavage, les déplacements forcés de population et le colonialisme de crimes contre l’humanité et de génocide commis contre les peuples d’Afrique. Sur la situation générale sur le continent, Mme Selma Haddadi exprime sa préoccupation face aux défis considérables auxquels l’Afrique est confrontée à de multiples niveaux, notamment en matière de sécurité, compte tenu de l’instabilité et des conflits persistants dans certaines régions. Elle soutient toutefois qu’il existe de «réelles opportunités à saisir pour surmonter ces crises et consolider les voies vers la stabilité et le développement».

Solutions africaines aux problèmes des Africains

La diplomate a plaidé également pour que les africains soient les maitres de leurs destins. Ce principe est essentiel  pour résoudre les crises qui menacent le continent, a affirmé Haddadi, ajoutant  que l’Union africaine poursuit ses efforts pour résoudre les conflits existants en adoptant une approche fondée sur des «solutions africaines aux problèmes africains» et en privilégiant les solutions politiques et le dialogue. Dans ce contexte, elle a souligné que le soutien et la contribution des États membres à la mise en œuvre de ces efforts sont indispensables pour résoudre ces crises et relever les défis communs qui menacent la stabilité, la sécurité et la paix sur le continent.

À propos du Sommet italo-africain qui s’est tenu à Addis-Abeba le 13 février, en parallèle du Sommet de l’Union africaine, Mme Haddadi met en avant l’importance de ce sommet, le premier du genre en Afrique, qui a réuni des dirigeants africains et la Première ministre italienne, Giorgia Meloni. Elle évoque, en outre, les partenariats de l’UA avec des pays et des organisations internationales, qui se concrétisent par des sommets et des réunions bilatéraux et multilatéraux, citant à titre d’exemple, les partenariats avec les Nations Unies, l’Union européenne, la Ligue des États arabes, les États Unis, la Russie, la Turquie et l’Inde.

Renforcer la coopération internationale multilatérale au profit de l’Afrique

Ces partenariats couvrent plusieurs domaines, notamment le soutien au développement durable et au libre-échange, la réponse aux défis communs tels que les migrations et le changement climatique, ainsi que la coopération en matière de développement, de sécurité et de santé, souligne Mme Haddadi.  Ces mêmes partenariats  incluent également la coopération dans les domaines de l’énergie et des infrastructures, le soutien aux projets économiques et d’investissement, et le renforcement de la coopération dans les secteurs de la technologie, de l’éducation et de la santé, selon la diplomate algérienne.

La vice-présidente de la Commission de l’Union africaine conclut en affirmant que ces partenariats avec divers pays et organisations témoignent de «l’engagement de l’Union africaine à renforcer la coopération internationale multilatérale au profit de l’Afrique, afin de soutenir le développement économique, social et politique du continent».

Amirouche Yazid

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