Développement frontalier algéro-tunisien: Le SG de l’UMA appelle à poursuivre le processus

Le SG de l’UMA appelle à poursuivre le processus dans le développement frontalier algéro-tunisien, mercredi à Alger lors du Forum d’El Moudjahid.

Le secrétaire général du conseil consultatif de l’Union du Maghreb arabe (UMA), Saïd Mokadem, met en exergue, hier, l’excellence des relations de coopération bilatérale entre l’Algérie et la Tunisie puisée dans la mémoire historique commune. À l’occasion de la commémoration du 68e anniversaire du massacre de Sakiet Sidi Youcef, le 8 février 1958, par le forum du journal El Moudjahid, en coordination avec l’association Machaâl Echahid, Mokadem souligne la nécessité de s’investir davantage dans le processus de développement socio-économique, notamment dans les régions frontalières.

Bombardement de Sakiet Sidi Youcef, un «crime d’extermination»

Dans ce sillage, l’intervenant a souligné l’importance des relations algéro- tunisiennes, s’appuyant sur des liens de fraternité, de solidarité et de coopération bilatérale. «Ces relations puisent leurs racines dans une histoire héroïque commune, mais aussi dans la volonté sincère des deux directions éclairées de nos pays, qui œuvrent à renforcer la coordination politique, la concertation et la coopération totale entre les deux États», indique-t-il.

Aujourd’hui, cette coopération, précise-t-il, se manifeste notamment dans l’accélération des échanges commerciaux, le développement de l’agriculture, la coordination dans les domaines du tourisme et de la santé. «Ces axes ont été définis dans le cadre de la commission mixte algéro-tunisienne, mise en place en 2023, et qui vise également à renforcer le dispositif sécuritaire face aux défis du terrorisme, à lutter contre les réseaux de contrebande, la migration irrégulière et la traite des êtres humains», explique-t-il.

Côté commémoratif, Mokadem évoque un pan douloureux de la mémoire historique commune que représente le massacre de Sakiet Sidi Youcef perpétré par l’armée française. «Cette tragédie représente, du point de vue du droit international, un crime d’extermination commis par la machine coloniale contre les peuples algérien et tunisien, dans le but d’isoler les moudjahidine et d’empêcher l’acheminement des soutiens militaires et logistiques», rappelle le responsable.

Intensifier la coopération bilatérale et multilatérale au Maghreb

Pour Mokadem, le bombardement d’un village de Sakiet Sidi Youcef à la frontière algéro-tunisienne fut une réaction violente aux défaites essuyées par l’armée coloniale française et demeure gravé dans la mémoire commune de nos deux peuples. À cette occasion, Mokadem met en relief la condamnation officielle du colonialisme et de l’esclavage par l’Union africaine (UA) lors du sommet du 25 février 2025 tenu à Addis-Abeba. C’est dans ce sillage que les États africains, rappelle-t-il, ont demandé aux puissances coloniales de présenter des excuses officielles et de réparer les crimes commis, conformément aux principes du droit international et de la justice.

Dans le même ordre d’idées, il évoque l’initiative de l’Assemblée populaire nationale (APN) ayant adopté un projet de loi visant à criminaliser le colonialisme – «une étape essentielle pour traiter les injustices historiques». «Cette initiative s’inscrit dans la volonté de préserver la mémoire partagée des peuples victimes du colonialisme et de dénoncer l’intransigeance française à maintenir une influence déclinante en Afrique», rappelle-t-il.

Par ailleurs, Saïd Mokadem appelle «les États du Maghreb à intensifier la coopération bilatérale et multilatérale et à s’investir davantage dans le processus de développement, notamment dans les régions frontalières». Il s’agit, de son point de vue, de mettre en place des stratégies diversifiées qui tiennent compte des spécificités locales et de leurs potentialités, dans les secteurs agricole et industriel ainsi que dans le commerce intra-maghrébin.

Volonté sincère des dirigeants Algériens et Tunisiens

Pour sa part, Mohamed El Hadi Latifi, ministre conseiller auprès de l’ambassade de la République tunisienne en Algérie, amet en avant la qualité des relations algéro-tunisiennes et le niveau de coopération bilatérale. Selon lui, les deux pays ont toujours accordé à cette commémoration l’importance qu’elle mérite. «L’an dernier, nous avons enregistré une participation de haut niveau de la délégation algérienne conduite par le Premier ministre, accompagné de membres du gouvernement. Nous sommes convaincus que cette année, la participation sera du même niveau», déclare-t-il.

À ce titre, le même responsable estime que les événements de Sakiet Sidi Youcef constituent une étape historique marquante qui incarne la cohésion tuniso-algérienne face au colonialisme français. «Ces relations particulières ne cessent de se renforcer et de s’élargir. Elles ont atteint ces dernières années un niveau remarquable jamais atteint auparavant, grâce à la ferme détermination des dirigeants des deux pays, à leur tête le président Kaïs Saïed et le président Abdelmadjid Tebboune».

Il rappelle que les travaux de la 23e session de la Grande commission mixte, tenue à Tunis du 9 au 12 décembre 2025, sous la présidence de la cheffe du gouvernement tunisien et du Premier ministre algérien, ont constitué une étape importante traduisant cette volonté sincère des dirigeants des deux pays. Des efforts qui se poursuivent à travers, précise-t-il, l’évaluation du bilan de la coopération et la projection des perspectives vers des niveaux de partenariat stratégique fondé sur la convergence politique, les liens humains, le développement économique et la préservation de l’héritage historique partagé.

A. Mehdid

Développement frontalier algéro-tunisien

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