Dialogue politique et la révision de la constitution: Objectif, la stabilité de l’Algérie

L’Objectif du dialogue politique et la révision de la constitution est la stabilité de l’Algérie, argumente le président Tebboune samedi soir face aux représentants des médias algériens.
Lors de sa rencontre médiatique, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est également revenu sur plusieurs dossiers majeurs touchant la vie politique, sociale et institutionnelle en Algérie. Entre le projet de loi sur le code de la route, les ajustements constitutionnels, le dialogue politique et la sécurité nationale, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de préserver la stabilité, la démocratie et l’unité nationale tout en garantissant la liberté et la responsabilité citoyenne.
«Certaines insuffisances dans l’application de la Constitution subsistent»
Le président de la République est revenu, par ailleurs, sur les ajustements techniques au niveau constitutionnel. «La motivation principale qui nous a poussés à entrer dans ce processus, c’est la construction d’une véritable démocratie, fondée sur des institutions qui avancent avec une référence constitutionnelle et une référence politique claire», a-t-il expliqué.
«Il n’y a rien à redire sur la Constitution de 2020, qui a introduit de nouvelles dispositions telles que la constitutionnalisation de la Déclaration du 1e Novembre 1954, du Conseil supérieur de la jeunesse et de la société civile», a-t-il affirmé. Cependant, a-t-il souligné, «certaines insuffisances dans l’application de la Constitution subsistent». À titre illustratif, il cite l’exemple du mandat du président du Conseil de la nation.
«Selon la Constitution, son mandat est de 6 ans. Mais, il peut tout a fait être touché par le renouvèlement par moitié des membres du Conseil de la nation, alors qu’il n’en a exercé que trois ans de son mandat», précisant que «tout cela se fait dans l’objectif de la stabilité du pays». Concernant le renouvellement et la nomination des membres, il a expliqué que «le décret présidentiel précise les nominations, qui sont faites par le Président de la République pour un mandat de 6 ans, avec un renouvellement par tiers tous les trois ans, ce qui peut créer un chevauchement».
Le Président a abordé la question du troisième mandat en ces termes : «Certains ont affirmé que je voulais ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel. Je ne suis pas enthousiaste à ce sujet. J’ai déjà dit que leurs orientations ne correspondent pas à mes choix. Je progresse avec un esprit de patriotisme et de construction d’un État qui ne disparaît pas avec la disparition des hommes, au sens propre du terme». Il ajoutera: «Quant à ces gens-là, ils sont rémunérés et attisés pour semer la déstabilisation. La stabilité du pays les dérange, cela ne leur plaît pas que le pays soit stable».
Construire un dialogue politique «honnête»
Sur le dialogue politique, le Président insistera: «Le dialogue pour moi est une chose noble. Il n’est pas un jeu politique. Je ne veux pas de spectacle. Nous sommes en train de construire un État qui restera solide. Il faut que les gens apprennent à discuter honnêtement. On peut corriger ensemble ce qui n’est pas encore fait». Et puis, ajoute t-il, «ce qui importe au citoyen, en premier lieu, c’est le travail, trouver un emploi, l’augmentation des salaires. Il y a une autre catégorie qui veut la résolution des problèmes locaux, au niveau de la commune et de la wilaya».
Il a souligné que «certains comportements sont hérités, des résidus des anciennes lois, et que nous pouvons en discuter avec le ministre de l’Intérieur». Arrivé au rôle des partis, le Président s’interrogera: «Qu’est-ce qu’un parti? Quel est son rôle? Est-il seulement condamné à l’opposition ou bien dépend-il de ceux qui arrivent au pouvoir?» Et d’ajouter: «Le projet de loi sur les partis a été élaborée avec la participation des partis eux-mêmes et permet de réguler leurs activités. Une association peut être écoutée, mais pour devenir un parti politique et participer aux élections, il y a des procédures à suivre».
La liberté d’expression implique la responsabilité
Sur la liberté d’expression et de la presse, Tebboune mettra en garde: «Je l’ai garantie dans mes engagements, mais pas la liberté d’insulter, pas celle de conspirer ni de s’auto-détruire ». À un journaliste détenant un dossier sur un responsable, il indiquera: «Publiez à votre guise ! Mais soyez sûr que le dossier est réel. Aujourd’hui, il est facile de diffuser de fausses déclarations ou photos». Et d’ajouter: «Cela n’est pas de la liberté».
Sur l’unité nationale, le Président insistera: «Le peuple algérien peut avoir des divergences d’opinion, il peut diverger sur beaucoup de choses, mais en ce qui concerne l’unité nationale, elle a été arrosée de sang et a coûté des milliers et des millions de martyrs. Même l’unité elle-même ne doit pas être remise en cause. Il n’est donc pas possible que quelqu’un vienne créer des division ». Enfin, sur la responsabilité morale et sociale, il soulignera: «Quand on critique quelqu’un devant ses enfants ou petits-enfants, es-tu mal élevé? À quoi cela sert-il de coller des mensonges à quelqu’un? Honnêtement, cela détruit. Est-ce une solution ou non?»
Sur la mémoire et l’Histoire de l’Algérie, Abdelmadjid Tebboune insiste sur l’importance des leçons du passé: «Ils n’apprennent pas les leçons. Ils ne comprennent pas qu’il ne faut pas faire de chantage à l’Algérie», a-t-il affirmé, rappelant que «l’Algérie est un pays de défi».
Il poursuivra: «Lorsque nous reconsidérons les choses depuis le début de la résistance jusqu’à l’indépendance, nous sommes les descendants de cette génération», ajoutant avec émotion: «Quand je parle des martyrs, j’en ai des frissons, parce que j’y crois». Cependant, il existe certains «suiveurs», précisant qu’il s’agissait de «suiveurs de Bachagha Boualem et des harki, vivant à l’étranger», qui ajoute-t-il, «insultent l’Algérie et les cadres algériens». Et de rappeler: «L’un suit les gloires, l’autre suit Belounis et Bachagha Boualem».
Assia Boucetta