La fraternité algéro-nigérienne réaffirmée : Le signal fort d’une visite

Le président de la République du Niger, chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a achevé, mardi, sa visite en Algérie.
Cette visite de fraternité et de travail de 2 jours est loin d’être une simple activité diplomatique inscrite dans l’agenda des deux Présidents.
«Froideur inhabituelle»
Loin s’en faut. Et ce pour plusieurs raisons. La première est, comme a tenu à le rappeler du reste, le président Tebboune, cette visite était «attendue depuis un moment». La deuxième est que sa concrétisation est un signal fort en direction à ceux qui ont œuvré pour que «la froideur inhabituelle» qui a caractérisé les relations entre Alger et Niamey perdure le plus longtemps possible, du fait qu’elle arrangeait leurs desseins et d’autres agendas cachés mais ô combien clairs. Ainsi, cette visite, qui s’est matérialisée, a avorté les plans concoctés pour parasiter une fraternité et une amitié entre deux Etats, souverains, voisins, frères et amis.
Autre raison sur la base de laquelle il est permis d’affirmer toute l’importance que revêt cette visite est qu’elle aura permis aux deux dirigeants, lors de leurs entretiens en tête-à-tête, de lever toutes les équivoques et les malentendus qui ont alimenté ces derniers mois la «froideur» entre les deux pays. Et à entendre la déclaration du président Abdourahamane Tiani, force est de conclure que l’échange qu’il a eu avec le président Tebboune a été convainquant sur les intentions de l’Algérie à l’égard du Niger. La profonde gratitude dont il a fait montre dans sa déclaration conjointe avec le président Tebboune renseigne sur le degré d’incompréhension qui était de mise ces derniers mois.
Solidarité agissante
Aussi, le Général Tiani n’a pas manqué de saluer «les plus hautes autorités algériennes qui, en dépit des vaines tentatives de certaines puissances à relents néocolonialistes et des organisations internationales et sous-régionales, télécommandées et manipulées, se sont montrées solidaires du peuple nigérien après les événements du 26 juillet 2023». Il a aussi estimé que cette position prise en faveur du «respect de la souveraineté du Niger et de ses choix politiques internes, honore l’Algérie, son gouvernement et son peuple».
Ce rappel d’une vérité que nul ne peut occulter, vient surtout boucler la boucle et réaffirmer, au-delà de toute les grilles de lecture que les observateurs peuvent faire de cette visite, que l’Algérie, qui s’est toujours fixée comme ligne de conduite le refus de s’ingérer dans les affaires internes des pays, tout en faisant preuve de toute la solidarité agissante dont elle est capable, a toujours été aux côtés des pays de son voisinage immédiat, celui du Sahel notamment.
Faire de la relation algéro-nigérienne un «exemple en Afrique»
Les exemples ne manquent pas à travers l’histoire. Et si parfois les gouvernements ont tendance à l’oublier, les peuples eux ont toujours montré leur reconnaissance. D’autant que l’Algérie, contrairement à bien de capitales, n’a jamais monnayé son soutien et l’aide apportés aux pays frères et amis. Cette générosité désintéressée est son ADN. Preuve en est la création en 2020, à l’initiative du président Tebboune, de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AICA). Dotée d’un milliard de dollars, elle finance des projets de développement (éducation, santé, eau) pour renforcer la solidarité continentale.
Plus encore et face au défi sécuritaire auquel fait face le Niger, et alors que le président de la République a indiqué que les deux pays sont «dans la même tranchée», car «la sécurité du Niger est indissociable de celle de l’Algérie», il a aussi rassuré son homologue nigérien sur l’entière disponibilité de l’Algérie à apporter toute l’aide nécessaire dans le cadre de la lutte antiterroriste. «Nous allons coopérer en ne ménageant aucun effort et en nous appuyant sur les moyens et l’expertise dont dispose l’Algérie» en la matière, a-t-il dit. Engagement a aussi été pris de rester «toujours aux côtés» des frères nigériens, «en toutes circonstances», et de faire de la relation algéro-nigérienne un «exemple en Afrique».
Selma M