Eau potable: Des mesures pour un ramadhan 2026 sans perturbations

Pour l’alimentation en eau potable, une batterie de mesures sont prises pour un ramadhan 2026 sans perturbations en Algérie.

Toutes les mesures nécessaires ont été  prises pour passer un ramadhan sans perturbation de l’alimentation de l’eau potable. C’est ce qu’indique lundi le directeur général de l’irrigation et du service public d’eau au ministère de l’Hydraulique. Noureddine Hamidatou qui est l’invité de la radio algérienne (chaîne 1) affirme que  conformément aux instructions du  président de la République Abdelmadjid Tebboune, tous les efforts vont dans  le sens d’assurer une continuité de ce service public tout au long de l’année et pas spécifiquement durant le mois ramadhan, en assurant l’équité dans la distribution et la rationalisation.

Révision du programme initial de distribution d’eau potable

Ainsi, Hamidatou fait observer que le ramadhan 2026 intervient dans une période généreuse en matière de pluviométrie. «Les importantes précipitations enregistrées ces derniers mois ont permis d’augmenter les volumes stockés dans les barrages à l’échelle nationale», indique-t-il. Évoquant la distribution, l’invité de la radio algérienne informe que le programme initial a fait l’objet de révision a fin de l’adapter à la disponibilité de la ressource en eau tout en garantissant un minimum d’approvisionnement pour les citoyens avec «une attention particulière portée à l’équité entre les régions, notamment celles ayant connu un stress hydrique important».

Hamidatou affirme que malgré les investissements engagés, il reste beaucoup à faire pour que l’eau coule en H 24 dans les robinets. Il précise que l’effort des pouvoirs publics s’inscrit dans  l’optique  de l’amélioration constante de ce service public. Il signale que 46% de la population bénéficie d’une distribution quotidienne. Or, 34% sont desservis un jour sur deux et environ 20% le sont tous les deux jours ou plus. «Cela signifie qu’environ 80% de la population est alimentée en eau au moins un jour sur deux», note-t-il.

Retard d’achèvement des infrastructures cause de la pénurie d’eau potable

Poursuivant dans le même contexte, Hamidatou ajoute que pour le mois sacré «le secteur de l’hydraulique a pris une série de mesures et de dispositions, tant au niveau national qu’au niveau local notamment l’accélération de la mise en service des projets en cours». Dans certains cas, explique-t-il, le problème ne réside pas dans la disponibilité de la ressource, mais elle n’arrive pas aux citoyens en raison du retard dans l’achèvement des infrastructures nécessaires.

Sur le lancée, le DG indique que le secteur de l’hydraulique a engagé d’important projets structurants que ce soit dans le domaine de l’AEP (taux de raccordement est de 98%), de transfert d’eau, la construction de nouvelles stations de dessalement d’eau de mer, d’interconnexion des barrages ou de raccordement à distance vers des stations de dessalements.

Alger et Blida renforcée par la station de Fouka 2

Pour ne citer que ce dernier volet, Hamidatou fait part de l’achèvement des travaux de raccordement à distance des stations de Béjaïa qui produisent 300.000 m³ ainsi que la finalisation des travaux au niveau de la station de Fouka 2 dans la wilaya de Tipaza dont une partie de la production, précise-t-il, sera destinée à l’alimentation de la ville d’Alger à hauteur de 200.000 m³ par jour et de la wilaya de Blida à raison de 100.000 m³/j.

Le secteur est également en phase de réaliser d’autres projets d’extension et de réhabilitation du réseau d’AEP. «Les réseaux d’AEP a une durée de vie limitée et sa prolongement nécessite une maintenance continue à travers la réhabilitation et le renouvèlement de certaines canalisation», explique-t-il précisant que l’opération de réhabilitation a été prise en charge par l’Algérienne des Eaux (ADE), laquelle a, dans un premier temps, concerné 12 wilayas. «Cette opération sera progressivement élargie pour atteindre 30 wilayas avant qu’elle soit généralisée à l’ensemble du territoire national», ajoute-t-il.

Actualisation du plan national de l’eau

L’intervenant fait part également d’un autre chantier qui n’est pas des moindres, à savoir l’actualisation du Plan national de l’eau. «Ce plan constitue un outil stratégique essentiel pour une gestion rationnelle et durable des ressources en eaux», rappelle Hamidatou.

Il note que tous les projets lancés dans le secteur s’inscrivent dans le cadre «d’une stratégie de planification, de prospective et de suivi quotidien.  Nous sommes mobilisé  sur le terrain pour s’assurer de l’achèvement des projets et pour   éviter toute  crise comme celle que  certains wilayas ont connues précédemment». Il saisit cette opportunité pour lancer un appel à la population de  rationaliser l’utilisation de l’eau et de bannir complètement le gaspillage de cette importante ressource. L’économie d’eau doit être ancrée dans les pratiques quotidiennes, insistent-il.

En matière d’assainissement, le réseau atteint 87.800 km, avec un taux de couverture supérieur à 93%, et 930 stations d’épuration en service. S’agissant du traitement des eaux usées, il fait savoir qu’une quantité de 613 millions m³ sont enregistrées annuellement soit 55%  des quantités reçus. L’objectif est de réutiliser ces eaux épurées dans l’irrigation, avec une ambition d’atteindre 60% de réutilisation d’ici fin 2030 pour soulager les ressources conventionnelles.

Réalisation de Station de déminéralisation des eaux souterraines

Pour ce qui est des projets de déminéralisation des eaux souterraines, l’invité de la radio fait savoir que  37 stations de déminéralisation sont actuellement en service, dont 24 situées dans les wilayas du Sud. D’autres projets prospectifs sont également programmés, notamment ceux de Tamanrasset et de Tindouf.

La station de Tamanrasset aura, précise-t-il, une capacité de production estimée à 60.000 m³ par jour, accompagnée de la réalisation de 6 nouveaux forages. Tandis que celle de Tindouf, devra atteindre une capacité de 10.000 m³ par jour, avec 10 nouveaux forages et des canalisations de transfert d’une longueur de 24 km. «Ces infrastructures permettront d’assurer un approvisionnement en eau de qualité, notamment pour les zones éloignées et enclavées, afin que les populations bénéficient durablement de cette ressource vitale dans de bonnes conditions», conclut-il.

Wassila Ould Hamouda

Bouton retour en haut de la page