Le SNAPO et le CNOP pour la délivrance des traitements anticancéreux en officine 

Le Syndicat national des pharmaciens privés (SNAPO) et le Conseil national de l’ordre pharmaceutique (CNOP) soumettent des recommandations aux autorités pour faciliter l’accès des patients aux traitements.

Le président de la Syndicat national des pharmaciens privés (SNAPO), Samy Tirache,  affirme, mercredi, que des propositions ont été soulevées aux autorités concernées, visant à permettre la délivrance de certains anticancéreux dans les pharmacies privées, afin de soulager les patients contraints aujourd’hui de se déplacer vers les hôpitaux pour recevoir leurs traitements, souvent au prix de longs trajets et d’attentes éprouvantes.

Pour une intégration progressive et encadrée des pharmacies privées dans le circuit de distribution des anticancéreux

S’exprimant, en marge de la 20ᵉ édition du Salon international de la pharmacie, inauguré ce mercredi à la Safex (SIPHAL 2026), Tirache précise que ces propositions ont été formulées conjointement par le syndicat des pharmaciens privés et le SNAPO et CNOP. Elles ont été adressées aux ministères de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique. «Une attention particulière est accordée aux patients résidant dans des wilayas éloignées, notamment dans les régions intérieures et du Sud», indique-t-il. Pour le président du SNAPO, cette démarche suppose avant tout une révision des textes réglementaires en vigueur.

Tirache plaide pour une intégration progressive et encadrée des pharmacies privées dans le circuit de distribution des anticancéreux. Cela passe, explique-t-il, par la définition précise des médicaments concernés, des modalités de délivrance, ainsi que des critères d’agrément des officines habilitées. Tirache insiste également sur la nécessité d’une coordination étroite entre le ministère de la Santé, les organisations professionnelles et les services de la sécurité sociale. L’objectif est, énonce-t-il, «d’assurer une prise en charge financière adéquate des patients et éviter toute charge supplémentaire susceptible de retarder ou compromettre l’accès au traitement».

Le pharmacien d’officine, un maillon essentiel de la chaîne thérapeutique

Selon Tirache, la réussite de cette initiative dépendra de l’adoption d’une approche participative. Une approche qui concilie l’amélioration de l’accessibilité aux soins, le respect strict des règles éthiques et professionnelles, et la garantie de la qualité et de la sécurité du médicament. A ce stade, le dossier reste ouvert, dans l’attente des conclusions des concertations en cours et des décisions réglementaires à venir. L’implication des pharmacies privées pourrait, selon le syndicat, rapprocher les médicaments anticancéreux des patients et réduire significativement les délais d’attente observés dans les hôpitaux et les centres de lutte contre le cancer.

Le pharmacien d’officine est perçu comme un maillon essentiel de la chaîne thérapeutique, à condition d’évoluer dans un cadre réglementaire clair et de bénéficier d’une formation spécialisée. L’intégration des pharmaciens de ville dans le parcours de soins apparaît ainsi comme une réponse à la pression croissante sur les établissements hospitaliers publics. Elle tient compte de la spécificité des traitements anticancéreux, qui exigent des conditions rigoureuses de conservation, de transport, de délivrance et de suivi, en raison de leur coût élevé et des risques associés.

Renforcer la numérisation des échanges

De son côté, le président du Conseil national de l’éthique pharmaceutique, Nourredine Mettioui, met l’accent sur la dimension éthique et professionnelle du projet. Il rappelle que la délivrance des anticancéreux ne peut être envisagée sans garanties strictes visant à protéger le patient contre tout risque potentiel, qu’il s’agisse de mauvaises conditions de stockage, d’un usage inapproprié ou d’un défaut de suivi médical. Mettioui souligne que toute extension des canaux de distribution doit être précédée d’un encadrement rigoureux des exigences techniques, des responsabilités juridiques et des mécanismes de contrôle.

La sécurité du patient, insiste-t-il, demeure une priorité absolue. Mettioui met également en avant le rôle du pharmacien dans l’accompagnement du patient atteint de cancer, notamment grâce à sa connaissance approfondie des effets secondaires des traitements. Il plaide, pour finir, à renforcer la numérisation des échanges entre pharmaciens et médecins, afin d’assurer un meilleur suivi des patients recevant des traitements anticancéreux oraux.

Samira Azzegag   

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