Lutte contre le cancer: L’État algérien conforte sa stratégie

Dans la lutte contre le cancer, l’État algérien conforte sa stratégie mardi à Alger. Trois ministres réaffirment cet engagement.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique et celle de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme et celui de la Santé mettent en avant l’engagement de l’État dans la lutte et la prévention contre le cancer. Dans une allocution à l’ouverture des travaux de la Fédération algérienne des associations de patients atteints de cancer (FAAPAC) en collaboration avec la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer (CNPLCC), ministre de l’Industrie pharmaceutique, Nassim Kouidri, réaffirme l’engagement de l’État dans la lutte contre la maladie, rappelant que le président Tebboune a fait de celle-ci «une priorité nationale».
Activer le «couloir vert» pour les médicaments anticancer
Dans ce sillage, il signale que le chef de l’État insiste dans ses discours sur la nécessité de prendre en charge cette maladie quel qu’en soient les coûts. «Cette directive incombe à toutes les institutions gouvernementales s’agissant de la protection de la santé du citoyen ou de la garantie de la prise en charge optimale des patients», soutient-il.
Kouidri s’attarde sur les avancées concrètes de la politique nationale qui s’est traduite notamment par la création du CNPLCC, le fonds cancer et la carte Chifa octroyée aux cancéreux sans couverture sociale. Ces mesures permettent la mise en place de plans nationaux de prévention à court et à moyen terme. Pour le ministre, «le marché pharmaceutique national enregistre par ailleurs une nouvelle dynamique».
Le secteur compte une dizaine d’établissements spécialisés dans la fabrication de médicaments anticancer qui vont permettre d’éviter les pénuries. La production locale dans cette catégorie thérapeutique a connu une évolution remarquable. Le nombre de produits, inscrits sur la nomenclature des médicaments est passé de 205 à 450 dont la majeure partie était importée.
Kouidri indique que l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) est instruite pour activer le «couloir vert», un mécanisme visant à accélérer les procédures d’enregistrement des médicaments anticancer et des médicaments innovants, en tenant compte des preuves thérapeutiques reconnues et en répondant aux besoins de prise en charge des patients.
Travail associatif: un pilier fondamental
De son côté, la ministre de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme, Mme Soraya Mouloudji, réaffirme l’engagement de son secteur à soutenir les associations d’aide aux patients. Elle insiste sur le renforcement de la coopération entre les différents secteurs et la société civile. «Le travail associatif constitue un pilier fondamental dans les politiques nationales visant à combattre le cancer et à offrir un soutien, notamment psychologique, aux patients», poursuit-elle.

Dans cette perspective, Mme Mouloudji a mis l’accent sur la protection de la femme, rappelant que le cancer du sein occupe la première place parmi les types de cancers affectant les femmes à l’échelle mondiale. Son ministère œuvre de manière continue à élever le niveau de conscience en matière de dépistage précoce, à travers des campagnes de sensibilisation notamment dans les zones rurales. «Ces campagnes comprennent aussi un accompagnement psychologique et social, primordial pour renforcer la capacité des femmes à faire face aux défis thérapeutiques liés à la maladie», renchérit-elle. Les services du ministère, selon elle veillent en permanence à fournir des services d’écoute, d’orientation et de soutien individuel et collectif aux bénéficiaires et à leurs familles.
«Nous réitérons notre engagement à participer activement aux efforts nationaux, en coordination étroite avec tous les secteurs, les institutions et les associations concernées, pour concrétiser les orientations de la Présidence de la République et ancrer une approche d’État qui place la santé du patient atteint de cancer comme la priorité absolue», conclut-elle. Pour la présidente de la FAAPAC, Hamida Kettab, la rencontre est l’occasion d’établir un diagnostic partagé des parcours de soins, en soulignant les succès à consolider et les obstacles persistants qui affectent la vie quotidienne des patients et de leurs familles.

«Nous souhaitons offrir une contribution réfléchie et positive. En exposant nos expériences de terrain, notre objectif est de devenir des acteurs de changement afin que 2026 soit marquée par une prise en charge plus harmonieuse et mieux adaptée aux besoins de chaque patient», déclare-t-elle. Pour elle, les associations ne se contentent pas de jouer un rôle d’accompagnement. Elles sont également des partenaires essentiels dans le domaine de la santé.
Samira Belabed
