Programme d’importation de 10.000 bus: réception d’une nouvelle cargaison au port d’Alger

L’Entreprise de développement de l’industrie automobile réceptionne, vendredi au port d’Alger, une nouvelle cargaison de bus estimée à 134 unités.
L’Entreprise de développement de l’industrie automobile, placée sous la tutelle de la Direction des industries militaires du ministère de la Défense nationale, a réceptionné vendredi, au port d’Alger, une nouvelle cargaison de bus estimée à 134 unités. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme du président Tebboune, visant l’importation de 10.000 nouveaux bus destinés au renouvellement du parc national du transport de voyageurs.
6.800 bus bientôt réceptionnés
Dans le cadre de l’exécution de ce programme présidentiel, et sous le suivi personnel du général d’armée, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, la Direction des industries militaires a entamé, à travers l’Etablissement de développement de l’industrie de véhicules (EDIV), la réception de cette nouvelle cargaison comprenant des bus de différentes catégories.
Cette livraison fait partie d’un total de 6.800 bus qui seront réceptionnés auprès de partenaires étrangers, notamment de la République populaire de Chine et de la République fédérale d’Allemagne. Les opérations de réception du reste de la quantité programmée devraient se poursuivre au cours des prochains jours.
Un tournant s’amorce pour le transport public de voyageurs
À la gare routière du Caroubier, à Alger, chauffeurs et usagers sont conscients qu’un tournant s’amorce pour le transport public de voyageurs longtemps marqué par la vétusté du parc roulant. La réception des premières cargaisons constitue une étape concrète et décisive vers la modernisation du transport public. Amar Feniza, président du bureau d’Alger de l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA) estime que ces livraisons auront des retombées positives sur l’ensemble du secteur.
Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’un renouvellement matériel mais aussi d’un message fort adressé aux professionnels et aux citoyens. « L’opération reflète une réelle volonté de moderniser le parc national et d’offrir aux usagers des déplacements plus sûrs, plus confortables et mieux organisés », souligne-t-il. Sa satisfaction est largement partagée.
Le soulagement des conducteurs face à la vétusté
Pour les chauffeurs, l’annonce a le goût d’un soulagement longtemps espéré. Mohamed, conducteur depuis plus de vingt ans sur les lignes inter-wilayas, confie : «Nous avons travaillé pendant des années avec des bus fatigués, souvent en panne. Chaque départ était une source d’angoisse, pour nous et les voyageurs. Des bus neufs, c’est moins de stress, plus de sécurité et une vraie dignité retrouvée dans notre métier».
À ses côtés, Hadji, un autre chauffeur, renchérit : « Quand un bus tombe en panne en pleine route, des dizaines de familles attendent, parfois des heures. Avec du matériel neuf, on pourra enfin assurer un service régulier et fiable ». Pour Amar Feniza, il reste un détail important : les modalités d’acquisition de ces bus. «S’agira-t-il d’un paiement cash ou d’un crédit bancaire ? Quel sera le sort réservé aux vieux bus ?», interroge-t-il.
Pour le responsable, la démarche traduit surtout une prise de conscience de l’importance stratégique du transport public dans la vie quotidienne des citoyens. Il plaide pour un accompagnement durable du secteur, notamment en matière de maintenance, de formation des chauffeurs et d’organisation, afin que cette modernisation produise des effets réels et durables.
Moderniser le transport c’est « respecter le citoyen »
Chez les voyageurs, l’espoir est aussi palpable. Le souhait de Nassima, mère de famille habituée aux déplacements inter-wilayas, est simple : voyager avec des enfants sur de longues distances est souvent éprouvant. «Si ces nouveaux bus apportent plus de confort et de tranquillité, ce sera un immense soulagement », dit-elle. Assis sur un banc, un sac à dos posé à ses pieds, Hichem, étudiant, partage cette attente car retards et pannes en cours de route, déplore-t-il, « sont devenus presque normaux».
Même les plus âgés y voient un signe encourageant. Pour Abdelkader, retraité, le transport public est le lien entre les wilayas et les familles. «Le moderniser, c’est respecter le citoyen», estime-t-il. À la gare du Caroubier, l’annonce sonne comme une promesse de changement. Si les défis sont nombreux, chauffeurs et voyageurs s’accordent sur un point : le transport public entre dans une nouvelle phase. Modernisation, sécurité et qualité de service deviennent enfin des priorités.
Samira Sidhoum