Abdelkrim Benmbarek: «Ce mois doit être le socle moral de l’action politique»

Abdelkrim Benmbarek, SG du FLN déclarera au sujet de Ramadhan: «Ce mois doit être le socle moral de l’action politique».
Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) affirme que la période sacrée du Ramadhan ne saurait se limiter aux rituels. Elle doit irriguer, selon lui, l’action publique, inspirer une solidarité authentique et redonner à la politique son sens éthique.
Entretien réalisé par Karima Alloun
Le Ramadhan est le mois de la piété, de la zakat et du rapprochement de DIEU. Comment votre parti traduit-il ces valeurs spirituelles en initiatives politiques ou sociales durant ce mois sacré?
Le Ramadhan est pour nous une occasion religieuse profonde et une étape morale qui rappelle que l’essence du travail politique est au service de l’être humain. Nous la traduisons par des actions concrètes, initiatives sociales de terrain, appui aux programmes de solidarité, campagnes de sensibilisation à la justice sociale et à la rationalisation des dépenses publiques. Notre discours politique, durant ce mois, est recentré sur les préoccupations quotidiennes des citoyens, avec sincérité, empathie et responsabilité. Dans un contexte marqué par des crises économiques et sociales, la dimension solidaire du Ramadhan revêt une importance capitale.
Quels mécanismes votre parti met-il en œuvre pour soutenir les catégories vulnérables ce mois-ci, au-delà des effets d’annonce médiatique?
La solidarité se mesure aux actes, non aux images. C’est pourquoi nous mobilisons nos structures de base, à savoir cellules, sections, wilayas et nos représentants locaux, en coordination avec la société civile et les organismes caritatifs, pour acheminer l’aide directement aux plus nécessiteux. Nous privilégions des actions durables comme le soutien transparent au couffin du Ramadhan, tout en défendant politiquement des mesures qui protègent le pouvoir d’achat et garantissent une distribution équitable des aides. Être proche du citoyen, c’est l’écouter et l’accompagner sans artifice. Le jeûne ne se limite pas à l’abstinence de nourriture. Il est aussi un exercice de maîtrise de soi et de justice.
Pensez-vous que cet esprit puisse inspirer des pratiques politiques plus intègres et davantage tournées vers l’intérêt général?
Absolument. Le Ramadhan est une école morale pour l’action politique. Intégrité, retenue, primauté de l’intérêt général sur les calculs partisans : voilà des valeurs urgentes. Si les responsables politiques s’en imprégnaient, ils contribueraient à restaurer la confiance entre citoyens et institutions. Le jeûne n’est pas qu’un culte : c’est une discipline de vie qui enseigne la patience, la piété et le sens de la responsabilité envers la nation. En tant que musulmans et hommes politiques, nous puisons dans notre religion bienveillante qui prône fraternité, tolérance et coopération, les fondements d’une unité nationale solide et authentique.
Le Ramadhan offre une opportunité unique de dialogue et de rapprochement entre les gens. Votre parti dispose-t-il de projets ou de rencontres destinés à renforcer l’unité nationale ou à stimuler le dialogue communautaire durant ce mois?
Oui. Nous organisons des rencontres intellectuelles et des dialogues ouverts réunissant responsables politiques, acteurs de la société civile et jeunes de divers horizons. Nous encourageons aussi les iftars collectifs et les forums ramadhanesques. Car l’unité nationale ne se décrète pas : elle se construit par le dialogue sincère, le respect mutuel et la coexistence active.
Comment parvenez-vous, en tant que responsable partisan, à concilier les engagements politiques intenses du Ramadhan avec les obligations de culte et de recueillement propres à ce mois sacré?
Le Ramadhan nous apprend à hiérarchiser nos priorités. Je m’efforce, comme je le recommande à mes camarades, de respecter la sacralité de ce mois en organisant mon temps pour y inclure prière et méditation. Ce juste équilibre est essentiel. Un responsable en paix avec ses valeurs spirituelles prend des décisions plus justes et sert son pays avec plus de loyauté. En fin de compte, le Ramadhan est pour nous un moment de bilan, de renouvellement de l’engagement envers le citoyen, sur la base du travail, de la sincérité et du dévouement à l’Algérie avant tout.
K. A.