Le témoignage d’une jeune femme pilote

Jeune femme pilote, Randja vit chaque mois de Ramadhan comme un exercice d’équilibre permanent.
Entre les exigences d’un métier de haute responsabilité et la dimension spirituelle de ce mois sacré, elle apprend, année après année, à conjuguer rigueur professionnelle et recueillement personnel.
L’équilibre d’un quotidien de pilote en plein Ramadhan
Le choix de devenir pilote a très tôt imposé un rythme de vie atypique, marqué par des horaires irréguliers, des journées longues et une concentration constante. Ramadhan, pour autant, n’a jamais été relégué au second plan.
«Ce mois trouve toujours sa place, même discrète, dans mon quotidien», confie-t-elle. Un temps particulier, à la fois exigeant et apaisant, qui s’inscrit désormais dans une routine pensée avec précision.
Elle se souvient des Ramadhan de son enfance, vécus dans un cadre familial rassurant. Des soirées rythmées par les repas partagés, les discussions, les prières, et une table préparée avec soin par sa mère. À cette époque, Ramadhan était avant tout collectif, porté par l’ambiance du foyer et la chaleur familiale.
La dimension particulière du jeûne
Aujourd’hui, la manière de vivre ce mois a évolué. Plus intérieure, plus sobre. Les responsabilités professionnelles ont transformé son rapport à Ramadhan, devenu un moment de recentrage. Dans un métier où la vigilance est permanente et où chaque décision compte, le jeûne prend une dimension particulière. Il devient un exercice de maîtrise de soi, de patience et de lucidité. Voler tout en jeûnant n’est pas toujours facile, reconnaît-elle, mais cette discipline renforce sa concentration et son rapport à son métier.
L’organisation est essentielle. Les journées de vol sont anticipées avec méthode, notamment en ce qui concerne l’alimentation. Le s’hour est préparé avec attention, à savoir léger, équilibré, conçu pour tenir dans la durée sans provoquer de fatigue. Œufs, fruits, produits laitiers et hydratation suffisante composent l’essentiel de ce repas matinal. L’iftar, lorsqu’elle est à domicile, reste simple et réconfortant. Une soupe chaude, souvent une chorba ou un velouté, des dattes, puis un plat équilibré.
Samira Sidhoum