Sourate Al-Baqarah (La Vache), verset 183

Sourate Al-Baqarah (La Vache), sourate n°2, verset 183: «Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés afin que vous atteigniez la piété.»
Tout change dans le rythme du monde musulman avec l’apparition du croissant lunaire annonçant l’arrivée du mois de Ramadhan. Le temps s’efface, laissant place à la spiritualité, à l’essentiel pour une expérience intérieure unique, un retour à soi. Le Coran le rappelle, d’ailleurs, avec clarté: «Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés afin que vous atteigniez la piété.» (Coran, 2:183)
Ramadhan, un mois de jeûne et de Coran
Le jeûne n’est donc pas une fin en soi, mais un chemin à suivre et un comportement à adopter une fois ce mois de piété terminé. Un moyen d’élever l’être humain, de l’aider à discerner ce qui nourrit réellement son cœur. C’est aussi le mois du Coran, celui où la parole révélée est descendue comme un guide pour les hommes : «Le mois de Ramadhan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens…» (Coran, 2:185).
Un mois où le regard s’adoucit, l’adoration prend le dessus sur la parole, on écoute davantage, on lit autrement car les mots prennent un poids nouveau. Dans les paroles du Prophète Mohammed (QSSSL), le Ramadhan apparaît comme un cycle de transformation: un début placé sous le signe de la miséricorde, un milieu marqué par le pardon et une fin tournée vers la libération. Il est ce temps suspendu où, selon un hadith rapporté par Boukhari et Mouslim, celui qui jeûne avec foi et en cherchant la récompense voit ses fautes passées pardonnées, et où les portes du paradis s’ouvrent tandis que celles de l’enfer se ferment. Mais au-delà des textes, le Ramadhan se vit au quotidien.
«Le Ramadhan est le mois des cœurs, pas des ventres»
Beaucoup le résument simplement par cette citation: «Le Ramadhan est le mois des cœurs, pas des ventres.» Car si le corps s’abstient, l’âme, elle, s’apaise et l’esprit s’élève. Le Ramadhan est ainsi une occasion de changer, pas de repousser. Il rappelle que «le jeûne éduque l’âme avant de priver le corps», et que «l’essentiel tient souvent à peu de choses».
Le Ramadhan est aussi un gain silencieux où «nous y regagnons nos cœurs avant même d’espérer une récompense». Il n’est pas une parenthèse qui se referme à l’Aïd, mais un point de départ. Ne dit on pas que «le Ramadhan est un commencement, pas une fin», car «quand le corps jeûne, l’âme reprend vie».
Au fond, le Ramadhan n’est pas seulement l’abstinence de nourriture, mais tout ce qu’on a accompli pour se rapprocher de DIEU et mettre entre parenthèses tout ce qui alourdit l’âme. Au-delà du rite, le jeûne est une école de patience, de discipline et de compassion. Un mois des actions quotidiennes qui rappellent que ce que nous consommons le moins est parfois ce dont nous avons le plus besoin.
Assia Boucetta