Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie

Une nouvelle loi pour renforcer la prévention

L’Office national de lutte contre la drogue met en place une nouvelle loi visant à renforcer la prévention et la prise en charge des toxicomanes en Algérie.

L’Algérie ne se contente pas d’opérations sécuritaires sur le terrain à travers les saisies de quantités de drogues et la mise hors d’état de nuire de milliers de trafiquants annuellement. 2 décrets exécutifs, datés du 14 janvier dernier et parus au Journal officiel, consolident la prévention contre l’usage et le trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes. «Ces décrets marquent un tournant dans l’approche  de la lutte antidrogue en introduisant des mesures inédites, à savoir les tests de dépistage antidrogue qui sont obligatoires. Désormais, tout candidat à un poste de travail, dans la Fonction publique ou dans le secteur privé, doit se soumettre à un test de dépistage de substances illicites. Cette mesure vise à garantir un environnement de travail sain et sécurisé pour le travailleur et ses collègues. Il s’agit également de réduire les risques d’accidents liés à la consommation de drogues, notamment pour les métiers à grand risque», indique la chargée de la Direction des études, de l’analyse et de l’évaluation à l’Office.

Mme El Alia Antar estime que ces substances toxiques influencent grandement les capacités cognitives et physiques et la santé mentale du consommateur. «Ces employés dans n’importe quel secteur sont tenus d’offrir des prestations et d’être rentables, mais à cause de la consommation de drogue, leur travail en pâtit et leur efficacité diminue. D’ailleurs, un bon nombre d’accidents de la circulation sont engendrés par des conducteurs sous  l’emprise de drogues», renchérit-elle

Le dépistage des stupéfiants devient obligatoire en cas de suspicion

Une autre catégorie sociale est concernée par le dépistage des substances prohibées. «Le dépistage de l’usage de stupéfiants et de substances psychotropes est  également  obligatoire  dans les établissements d’éducation, d’enseignement et de formation.

Lycéens, étudiants et stagiaires sont concernés s’ils manifestent des troubles de comportement, des comportements agressifs ou font l’objet d’une suspicion raisonnable de consommation. Les tests peuvent être aussi  réalisés lors d’examens médicaux périodiques dans les établissements dans le respect de la vie privée.»

Aucune sanction disciplinaire ou judiciaire n’est appliquée

Le consentement du représentant légal, parents ou  tuteurs, est requis pour les mineurs. «Les analyses sont effectuées dans des laboratoires agréés par le ministère de la Santé, selon des normes garantissant l’exactitude et la fiabilité des résultats. Elles peuvent inclure le sang, la salive ou d’autres échantillons biologiques, avec traçabilité possible via QR Code», explique-t-elle.

En cas de consommation détectée, aucune sanction disciplinaire ou judiciaire n’est appliquée. Les personnes concernées sont orientées vers des structures curatives ou de réadaptation, sans perturber leur scolarité. L’État  prend en charge les frais des analyses. «Les établissements doivent mettre leurs règlements intérieurs en conformité avec le  décret publié au Journal officiel le 27 janvier 2026, dans un délai de six mois», conclut notre interlocutrice.

À ce titre, elle assure que la prise en charge est possible dans les centres de désintoxication. «50 structures sont incluses dans des établissements hospitaliers avec un suivi ambulatoire et 5 centres où sont hospitalisés les toxicomanes et bénéficient de traitement adéquat. Ces centres sont dotés de tous les moyens, notamment de spécialistes de l’addiction», affirme l’experte.

Sensibilisation et prévention, piliers de la stratégie nationale

La prévention, la sensibilisation et la prise en charge des toxicomanes sont parmi les axes autour desquels s’articule la stratégie nationale de lutte contre la drogue dont le but est de réduire la propagation de ce  phénomène ́par le renforcement des actions de sensibilisation et de prévention en faveur des jeunes plus exposés aux risques de toxicomanie.

A cet effet, 236 activités seront organisées par plus de 30 départements et organes en coordination avec l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT). «L’autre volet est la prise en charge, l’accompagnement des personnes droguées et leur réintégration dans la vie sociale», relève la même responsable.

Elle insiste également sur les aspects sécuritaire et judiciaire de la stratégie. «La loi  25/03 a doté les institutions de l’Etat de mécanismes juridiques avancés en matière de dissuasion, de traitement et de réinsertion qui  garantissent la protection des individus et la préservation du tissu social face aux menaces liées à l’augmentation de la consommation et du trafic de substances prohibées», précise-t-elle. Au passage, elle fait savoir que l’Algérie collabore avec des organisations internationales de lutte contre le narcotrafic à travers de nombreuses conventions.

Selon Mme Antar, la stratégie nationale de prévention contre la drogue  2025-2029 a été élaborée en application des orientations du président de la République. Approuvée par le Conseil des ministres le 20 avril 2025, elle confirme l’engagement de l’Etat en faveur d’une approche participative et globale pour faire face au fléau.

Karima Dehiles

 

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