Ramadhan au Palais: Production algérienne et prix très compétitifs

Lors de la 6e édition du Ramadhan au Palais, la production algérienne est à l’honneur et des prix très compétitifs sont mis en avant.

Il est 10H. Devant le grand portail caractérisé par l’allure traditionnelle du pavillon Casbah, paré des couleurs chatoyantes du mois de Ramadhan, une foule compacte patiente dans une atmosphère mêlant excitation et curiosité.

Des prix attractifs

Des centaines de personnes, venues des quatre coins de la capitale et même d’autres wilayas, attendent l’ouverture des portes. Certains ont parcouru plusieurs kilomètres pour faire leurs emplettes à la veille du mois sacré. Les regards sont rivés sur l’entrée. Chacun veut découvrir l’espace, vérifier de ses propres yeux que les prix annoncés sont réellement respectés. 30 minutes plus tard, la foule s’engouffre dans le vaste hall de près de 1.000 m², transformé pour l’occasion en un véritable carrefour commercial.

Le lieu, silencieux quelques instants plus tôt, s’anime soudain d’une effervescence exceptionnelle. Les chariots roulent à vive allure entre les étals. Ici, un espace généreusement garni de fruits et légumes frais, là, une épicerie fine aux senteurs d’épices, plus loin, les viandes, les produits agroalimentaires, les détergents et les articles ménagers. L’offre est abondante, variée et attractive.

Ramadhan au Palais

 

Les prix sont affichés avec clarté et transparence devant permettre à chacun de planifier ses achats sereinement: le jarret de viande importée est proposé à 1.150 DA, la viande ovine importée à 2.180 DA, le riz à 120 DA le kilo, la farine T45 à 70 DA le kilo, et un sac de 10 kg de couscous à 90 DA. Le blé concassé est vendu à 350 DA, le concentré de tomate de 800 grammes à 280 DA, et les olives dénoyautées à 370 DA le kilo. Les bidons d’huile de table sont proposés à 600 DA, le café en paquet de 250 grammes à 250 DA.

 

Parmi les fruits et légumes frais, les carottes sont à 100 DA le kilo, les pommes Golden à 450 DA, les bananes à 360 DA, les dattes à 450 DA le kilo, les petits pois à 220 DA et les pommes de terre à seulement 50 DA le kilo. Une aubaine qui ne laisse personne indifférent.

Au fil des allées, certains consommateurs semblent perdre le fil de leur liste initiale. Tentés par la diversité et les promotions, ils remplissent leurs chariots bien au-delà du strict nécessaire. Les sacs s’entassent, les files s’allongent devant les caisses. Une scène familière à l’approche du Ramadhan, où on constate une impatience mêlée à une frénésie d’achat qui interroge.

En observant de loin les familles sortant les bras chargés de sacs débordants, deux questions s’imposent à tout esprit rationnel: les préparatifs spirituels se sont-ils transformés en course au stockage? Et, où se situent la raison et la modération dans ce tableau dominé par l’abondance ? Car il faut le reconnaître, les étals sont généreusement achalandés.

Une offre de qualité

L’offre est là, la qualité aussi. La majorité des produits exposés sont issus de la production nationale, notamment agricole, témoignant d’un savoir-faire local et d’une autosuffisance de plus en plus affirmée. Comme le confirme Noureddine Amour, responsable marketing et communication au Groupe Amour, qui est revenu sur la participation du groupe à cette foire. «L’entreprise a relevé plusieurs défis en partenariat avec les pouvoirs publics, notamment en matière d’investissement et de développement», soutient-il. «Il est de notre devoir, en tant qu’entreprise, de soutenir les familles qui nous font confiance», souligne-t-il encore.

Évoquant le mois sacré, il rappelle que cette période représente un défi particulier pour de nombreuses familles algériennes, ce qui a conduit le groupe à adapter son offre. Parmi les nouveautés, «nous avons lancé une farine enrichie en vitamines B et E ainsi qu’en zinc», précise-t-il, destinée, notamment, aux personnes souffrant de troubles digestifs ou de diabète. Il annonce également «un mélange innovant associant farine et semoule, commercialisé pour la première fois en Algérie».

Ramadhan au Palais

Côté prix, «nos produits bénéficient de réductions allant de 20 à 40% par rapport à certains marchés extérieurs», indique-t-il, soulignant la volonté de préserver le pouvoir d’achat. Par ailleurs, le groupe a renforcé ses investissements dans la production locale, avec l’objectif de proposer des produits issus à 100% du blé algérien. «Nous avons atteint un niveau de production de dernière génération, garantissant une qualité élevée», affirme-t-il, mettant en avant la valorisation des ressources nationales et le respect des standards internationaux.

Même réaction de la part d’Idris Guedidah, représentant de la société Led Coffee, qui met en avant l’intérêt de ces espaces commerciaux. «Nous sommes heureux de participer à ces initiatives encadrées par le ministère du Commerce afin de nous rapprocher davantage du citoyen», affirme-t-il, soulignant l’engouement croissant des consommateurs pour ce type de marché. Selon lui, cette dynamique repose sur une stratégie qui commence à porter ses fruits. «Le citoyen s’est habitué à ces espaces et l’affluence est importante», constate-t-il.

Spécialisée dans la production de café torréfié destiné à la consommation générale et professionnelle, l’entreprise propose du Robusta et de l’Arabica issus de pays producteurs reconnus. «Nous misons sur une qualité supérieure», précise-t-il. Concernant les prix, «ils varient entre 225 et 250 DA, avec un plafond fixé à 250 DA pour les mélanges contenant davantage d’Arabica», explique-t-il, faisant état d’une réduction de 20 à 25% par rapport aux tarifs pratiqués sur le marché. Enfin, il insiste sur la disponibilité du produit. «Même durant les périodes de tension, nous avons assuré l’approvisionnement», fait-il savoir, mettant en avant la capacité de l’entreprise à répondre à la demande en Algérie.

Des réductions substantielles

Si cette initiative facilite incontestablement le quotidien des ménages, elle rappelle aussi une réalité très visible durant le Ramadhan, la consommation connaît paradoxalement une hausse. Certaines familles admettent dépenser en un seul mois l’équivalent de deux, voire trois salaires. Un constat qui interpelle, alors même que le Ramadhan est, par essence, un mois de jeûne, de retenue et de spiritualité. «Je suis venue de Blida avec mon mari après avoir entendu parler de cette initiative à la télévision», confie Fatima A., le sourire aux lèvres. «Nous avons déjà acheté les produits peu périssables il y a quelques jours, et nous sommes revenus compléter nos achats. Les prix sont vraiment accessibles», ajoute-t-elle.

«Ce sont des prix que je ne retrouve nulle part ailleurs. J’ai 5 enfants à charge, avec mon salaire de 40.000 DA, je n’aurais jamais pu acheter tout le nécessaire», reconnaît Brahim R., rencontré dans le rayon de l’épicerie fine, où il examine un paquet de 500 grammes d’épices joliment superposées. «Ces épices conviennent à toutes les préparations», ajoute-t-il, avant de confirmer que grâce à ce type d’initiative, il peut aborder le Ramadan plus sereinement.

Ramadhan au Palais

La 6e édition de «Ramadhan au Palais», lancée jeudi au Palais des expositions des Pins maritimes à Alger, se poursuivra jusqu’au 14 mars prochain. Organisée par la société Algérie Expositions, filiale du groupe SAFEX, au pavillon Casbah, elle ambitionne de soutenir l’activité commerciale et artisanale, de promouvoir le produit national et de renforcer le lien direct entre producteurs et consommateurs.

Des activités culturelles et de divertissement sont également prévues pour les familles et les enfants. Zakaria Benyamina, représentant du groupe FADERCO, est revenu sur la présence de l’entreprise sur le marché algérien et ses initiatives pour le mois de Ramadhan. «Nous sommes présents dans environ 30 wilayas, au niveau des points de vente et des marchés de proximité», expliquant que le groupe veille «à garantir la disponibilité de nos produits tout en proposant des promotions spéciales pour le Ramadhan». «Nous avons des offres sur les essuie-tout et le papier, qui connaissent un réel engouement auprès des consommateurs algériens», fait-il remarquer.

À la découverte des produits locaux

Il ajoute que «la majeure partie de notre assortiment papier, incluant le papier aluminium et les films de cuisson, enregistre une augmentation notable de consommation pendant le Ramadhan». Benyamina souligne que FADERCO s’engage à «maintenir des prix attractifs et des promotions intéressantes». À ce propos, il précise que «nos promotions varient autour de 30% sur divers produits, avec parfois des offres gratuites: pour un paquet de deux rouleaux, le consommateur reçoit un paquet de trois, et pour un paquet de quatre, nous offrons un paquet de 6 rouleaux», ajoutant que «cela représente un gain conséquent et très apprécié par le consommateur algérien».

Le groupe, fait-il savoir, a renforcé sa présence nationale et vise également l’export. «Nos produits sont distribués au niveau de 69 wilayas et nous sommes présents sur plusieurs marchés internationaux, en Afrique et en Europe», affirme-t-il. Interrogé sur l’approvisionnement en matière première, il explique que FADERCO fabrique elle-même la ouate de cellulose.

Ramadhan au Palais

«Nous disposons de plusieurs complexes industriels garantissant une matière première pure, 100% non recyclable», précise-t-il. Et de poursuivre: «Nous avons un niveau d’intégration de 60% dans la fabrication de nos produits, ce qui assure disponibilité et performance sur le marché national et à l’export». Il ajoute: «Nous proposons un large assortiment qui allie efficacité, résistance, disponibilité et rapport qualité-prix». Par ailleurs, il fait valoir: «L’objectif du groupe est de garantir le meilleur rapport qualité-prix. Notre slogan, c’est d’améliorer les standards de vie des Algériens, et nous constatons que nos efforts sont appréciés».

En attendant, l’effervescence se poursuit sous la grande verrière du pavillon. Les chariots débordent, les discussions s’animent, les sourires s’échangent. Sur place, deux familles rencontrées confient leur satisfaction Souhila et sa fille Amina, venues de Kouba, expliquent qu’elles ont pu «compléter leurs achats avec un budget maîtrisé» et apprécient «la variété et la qualité des produits locaux».

De leur côté, Leïla et Ahmed, un couple originaire de Bouira, soulignent que «ce type de marché nous permet de préparer le Ramadhan sans stress financier, tout en découvrant des produits locaux nouveaux à des prix très compétitifs». Leur témoignage illustre cet esprit de solidarité et de convivialité qui règne durant les fêtes religieuses, comme pour rappeler que l’abondance remplit d’abord les cœurs avant de remplir les paniers.

Assia Boucetta

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