Le village Ait Bouhini, une référence en matière d’écologie

Sacré village le plus propre lors de la 12e et dernière édition concours Aissat Rabah organisé par l’APW de Tizi Ouzou, Ait Bouhini a été mis sous les feux de la rampe lors de la dernière visite de la ministre de l’environnement et de la qualité de la vie Kaoutar Krikou.

Le choix de la ministre pour ce village pour donner le coup d’envoi officiel du concours national de la commune la plus propre n’est pas fortuit.

Une destination touristique de choix

Ce village de 3.500 âmes dans la commune de Yakouren à l’Est de Tizi Ouzou a été choisi, car il est devenu une référence en matière d’écologie, avec des ruelles propres, des jardins fleuris et un fort sens civique de ses habitants. Né au milieu du massif forestier de Yakouren à 800 m d’altitude, ce village au fil des années s’est métamorphosé depuis la fin de la guerre de libération qui a vu le sacrifice de 99 de ses enfants pour l’indépendance de l’Algérie du joug colonial combattu dans ses premières heures par Arezki El Bachir Bachène qui a vu le jour dans ce village en 1857 avant d’être arrêté et guillotiné le 14 mai 1995 pour s’être opposé aux colons qui spolient les terres du village.

Arezki El Bachir Bachène a grandi de manière harmonieuse malgré les aléas du relief qui a été maté par  les habitants des 03 hameaux qui le composent. Ils ont su donner à leur village cette tranquillité et cette beauté qui le caractérisent aujourd’hui faisant de lui une destination touristique de choix. Des habitants qui ont fait de leur engagement communautaire, un défi pour améliorer la propreté du village et  fait naître une solidarité exemplaire. Une solidarité qui fait que les habitants, y compris la diaspora locale ou à l’étranger, se mobilisent pour la valorisation de leur village à travers la Tajmat. Et surtout comme un modèle de développement local et d’auto-organisation grâce aux efforts collectifs.

Acquisition d’un fourgon pour les déplacements quotidiens des habitants vers le chef lieu de la commune

Ces efforts collectifs ont permis au village de devenir cette vitrine mise en relief par la dernière visite ministérielle. Des efforts qui se sont concrétisés par la réalisation de nombreuses structures au profit du village et de ses habitants. Les  jeunes et moins jeunes n’ont jamais renié ce legs des ancêtres pour améliorer leur quotidien avec la réalisation de nombreuses fontaines, un terrain de  football, une aire de jeux pour les enfants, et une salle polyvalente qui constitue aujourd’hui cette fierté dont jouissent les habitants de ce village qui a donné au football algérien Mokrane Oualiken, dont les parents étaient partis tôt dans la capitale comme ce fut pour de nombreuses autres familles qui avaient fui la guerre et la misère mais aussi à la culture, la chanson et le cinéma algérien comme la chanteuse Djamila et actrice de son vrai nom Djohra Bachène et l’acteur et cinéaste Ahmed Mebani. Mieux, ils se sont mobilisés pour construire un logement de fonction à l’Imam du village, condition sine-qua-non de la direction des affaires religieuses et des wakfs pour désigner un imam pour la mosquée du village réalisée elle aussi par les habitants.

Mieux, ces habitants avec l’apport de leur diaspora ont même réussi à acquérir un fourgon pour leurs déplacements quotidiens des habitants vers le chef lieu de la commune pour vaquer à leurs obligations socioprofessionnelles. Plus que cela, le salaire du chauffeur et la maintenance du véhicule sont aussi à la charge du comité de village. Un village qui a toujours refusé de voir ses terres  laisser à l’abandon. Tous les lopins de terre sont cultivés et permettent aux habitants de s’auto-suffire en fruits et légumes. Mieux même les terrains de ceux qui habitent en dehors du village plus particulièrement à Alger ou à l’étranger sont remis entre les mains  de ceux qui n‘en possèdent pas à l’effet de jouir parfois pas de l’usufruit. Mais le plus important est que la terre et les récoltes (olives, figues et autres fruits) ne restent pas en friche ou l’abandon. C’est ainsi que le village d’Ait Bouhini se caractérise aussi et doit en inspirer bien d’autres dans l’intérêt de la collectivité dont le terreau n’est autre que le citoyen lui-même.

Rachid Hammoutène  

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