8e Symposium de l’AIG: Émerger des réponses concrètes aux mutations de l’industrie

Lors du 8e Symposium de l’AIG, l’objectif est de faire émerger des réponses concrètes aux mutations de l’industrie dans le secteur gazier.
La ville d’Oran accueillera, dimanche, pendant deux jours, la 8e édition du symposium de l’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG). Un rendez-vous qui s’annonce comme l’un des temps forts de l’actualité énergétique algérienne, à la fois par le niveau des participants attendus et par la nature des questions mises à l’ordre du jour.
Rapprocher les professionnels du secteur gazier en Afrique
L’événement, prévu au Centre des conventions d’Oran, se tiendra sous le thème «Gaz naturel et Hydrogène: l’Innovation pour une industrie durable et résiliente» et réunira ministres, autorités locales, dirigeants d’entreprises, experts, universitaires ainsi que des représentants de l’Union internationale du gaz et de l’Organisation des producteurs de pétrole africains. Au fil des éditions, ce symposium s’imposé comme un espace de dialogue où se croisent visions industrielles, impératifs technologiques et préoccupations de souveraineté énergétique.
Fondée par Sonatrach et Sonelgaz en 1993, l’AIG se donne précisément pour mission de rapprocher les professionnels du secteur gazier, de favoriser l’échange d’expériences et de faire émerger des réponses concrètes aux mutations de l’industrie. La place qu’occupe aujourd’hui l’Algérie au sein de l’Union internationale du gaz (IGU), où elle siège au comité exécutif à la suite de son élection lors du Congrès mondial du gaz de Pékin en mai 2025, confère d’ailleurs à cette rencontre d’Oran une portée qui dépasse le seul cadre national.
Renforcer les capacités du secteur gazier
Si ce 8e symposium retient particulièrement l’attention, c’est d’abord parce qu’il intervient à un moment où le gaz naturel reste au cœur des équilibres énergétiques mondiaux. Alors que la transition vers des systèmes moins carbonés s’accélère, la question n’est plus seulement de savoir si le gaz a encore un avenir, mais dans quelles conditions il peut continuer à jouer un rôle de stabilisateur, de soutien aux réseaux électriques et de garant de la sécurité d’approvisionnement. C’est tout le sens du premier axe annoncé par les organisateurs, consacré au gaz naturel comme acteur des plus importants de la sécurité énergétique et de la stabilité des approvisionnements gaziers mondiaux.
Ce thème résonne avec un contexte particulièrement dense pour l’Algérie. Le pays entend consolider sa position d’exportateur fiable et résilient, tandis que Sonatrach a dévoilé en février dernier un important plan d’investissement pour la période 2026-2030, avec l’objectif affiché de renforcer les capacités du secteur et d’inscrire cette dynamique dans un mix énergétique plus durable. Dans le même temps, la hausse de la demande intérieure et la nécessité de préserver les engagements à l’export placent la question de l’efficacité de toute la chaîne gazière au centre des arbitrages.
De la transition énergétique
Lors de cette rencontre, les débats porteront aussi sur la transition énergétique, la décarbonation du secteur gazier ainsi que le captage et la valorisation du CO2, autant de sujets qui ne relèvent plus du registre théorique. Pour les industriels, il ne s’agit plus seulement de produire davantage, mais de produire autrement, avec des procédés moins émissifs, des installations modernisées et une meilleure intégration des technologies de réduction d’empreinte carbone. Dans un secteur souvent sommé de justifier sa place dans l’économie bas carbone, ces questions deviennent déterminantes pour la compétitivité future des opérateurs. L’hydrogène constituera logiquement l’un des temps forts de cette édition.
Les organisateurs annoncent un axe entier consacré aux opportunités, défis et perspectives régionales de cette filière, preuve que le sujet a cessé d’être un simple horizon prospectif. Dans le cas de l’Algérie, l’intérêt est de faire du gaz naturel un appui au développement de nouvelles chaînes de valeur autour de l’hydrogène, d’un côté et de l’autre de booster les partenariats qui ont montré que les passerelles entre gaz, décarbonation et hydrogène sont désormais intégrées aux stratégies industrielles, comme l’illustrent les coopérations engagées autour de projets associant production gazière et hydrogène vert.
Autre dossier majeur, celui des nouvelles technologies dans l’industrie du gaz, avec un accent mis sur la digitalisation et l’intelligence artificielle. Derrière ces termes, les enjeux sont très concrets. Il s’agit de mieux surveiller les infrastructures, anticiper les défaillances, optimiser la consommation énergétique des installations, sécuriser les opérations et réduire les coûts d’exploitation. La maintenance, elle aussi, sera traitée comme un sujet stratégique à part entière. Cela peut paraître technique, mais c’est en réalité un point central pour tout pays qui veut sécuriser durablement sa production, son transport et ses exportations.
Une bataille industrielle sur le terrain du savoir
Enfin, le symposium mettra l’accent sur le capital humain, autre signal fort envoyé par les organisateurs. Dans une phase où l’industrie gazière doit conjuguer renouvellement des compétences, sophistication technologique et adaptation aux nouvelles normes environnementales, la formation des ingénieurs, techniciens, chercheurs et managers devient une condition de survie autant qu’un facteur de progrès.
Le fait que la rencontre associe professionnels, chercheurs et communauté universitaire montre bien que la bataille industrielle à venir se jouera aussi sur le terrain du savoir, de l’innovation appliquée et de la transmission des expertises. Dans un climat international marqué par la recherche de fournisseurs sûrs, par la pression croissante de la décarbonation et par l’émergence de nouveaux relais comme l’hydrogène, le rendez-vous de demain apparaît ainsi comme une tribune utile pour
Lyes Mechti