Cybersécurité: Selma Malika Haddadi appelle à l’union

Face à la vulnérabilité en cybersécurité, Selma Malika Haddadi appelle à l’union les pays africains samedi à Alger lors du Global Africa Tech 2026.
La Vice-présidente de la commission de l’Union africaine, Selma Malika Haddadi, met en exergue la contribution de l’Algérie dans l’intégration économique de l’Afrique. «L es questions stratégiques pour l’avenir de l’Afrique sont devant nous. La contribution de l’Algérie est visible à travers des actions palpables, en œuvrant à l’avancement du réseau transsaharien de fibre optique», relève Mme Haddadi lors son intervention à l’occasion de l’ouverture des travaux du sommet africain des télécommunications Global Africa Tech 2026 qui se tient du 28 au 30 mars.
Satellite d’observation de la terre ALSAT-A3,une avancée pour l’Afrique
Aussi, cette contribution se traduit par l’expansion de la connectivité via fibre optique pour des millions de foyers, et plus récemment dans le lancement réussi du satellite d’observation de la terre ALSAT-A3, que le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssef, reconnaît comme une avancée significative pour les capacités spatiales et géospatiales de l’Afrique, relève-t-elle. Selon elle, le thème de ce sommet invite les participants à réfléchir avec clarté et ambition.
«Les statistiques de l’Union internationale des télécommunications indiquent qu’à la fin de 2020, la couverture en haut débit mobile atteignait 86% de la population africaine, mais 14% de cette dernière n’avait toujours aucune possibilité de se connecter, et dans les zones rurales ce chiffre montait à 25%, tandis que la 4G atteignait 70% de la population. La 5G, quant à elle, n’avait atteint que 25% », signale-t-elle.
Encore plus révélateur est l’écart d’usage: des millions de personnes vivent dans des zones couvertes par le réseau, mais restent exclues en raison du coût des appareils et des données, de compétences numériques limitées et d’une faible confiance dans les systèmes digitaux, poursuit la diplomate algérienne. Ce n’est pas une question marginale pour l’Afrique que nous construisons et que nous voulons construire, souligne Mme Haddadi.
Connecter l’Afrique de manière résiliente
À ce titre, l’intervenante rappelle que la vision inscrite dans l’Agenda 2063 ne peut être réalisée sur des fondations numériques fragiles, dépendantes de l’extérieur ou socialement excluantes. Pour elle, un continent qui ne peut pas connecter de manière fiable ses populations, gouverner ses données et sécuriser ses réseaux aura des difficultés à s’industrialiser, à tirer profit des opportunités du commerce électronique, à fournir des services à grande échelle et à protéger son autonomie stratégique dans un monde où l’infrastructure numérique façonne de plus en plus le pouvoir.
«Nous avons également vu très clairement que la résilience n’est plus une préoccupation abstraite. L’expérience de l’Union africaine elle-même, à la suite des vulnérabilités en cybersécurité identifiées dans ses systèmes au siège en 2017, a souligné à quel point nos institutions peuvent être exposées en l’absence d’infrastructures numériques sécurisées et souveraines», soutient-elle. Cela a servi de rappel, qu’à l’ère numérique, la capacité du continent à gouverner, communiquer et fonctionner efficacement dépend non seulement de la connectivité, mais aussi de la sécurité, de l’intégrité et du contrôle des systèmes qui la sous-tendent. Le défi qui nous attend est de connecter l’Afrique de manière résiliente, réitère la vice-présidente de la Commission de l’UA.
A. Mehdid