Escalade militaire au Moyen-Orient: Le quartet à l’œuvre à Islamabad en quête d’apaisement

Pour tenter de mettre fin à l’escalade militaire au Moyen-Orient, le quartet en quête d’apaisement se réunit dimanche à Islamabad.
Le Pakistan, l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie lancent dimanche à Islamabad, des discussions pour tenter de mettre fin à l’escalade militaire au Moyen-Orient. Réunis pendant plusieurs heures dans la capitale pakistanaise, les ministres des Affaires étrangères des 4 pays ont entamé des échanges appelés à se poursuivre aujourd’hui. Islamabad joue un rôle central de médiateur en facilitant la transmission de messages entre Washington et Téhéran, alors que le conflit entre dans son 2e mois.
Téhéran nie l’existence de négociations directes avec Washington
Le chef de la diplomatie pakistanaise, Ishaq Dar, qualifie ces pourparlers de «moment critique», soulignant qu’ils visent à favoriser la paix et la stabilité régionales tout en renforçant la coopération entre les pays participants. En marge de la réunion, il tient des entretiens avec ses homologues égyptien Badr Abdelatty, turc Hakan Fidan et saoudien Fayçal ben Farhane. Les 3 responsables sont également reçus par le chef de l’armée pakistanaise.
Par ailleurs, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif salue la «retenue remarquable» de Riyad dans la crise et appelé à une plus grande unité de la oumma musulmane face aux défis actuels. «Tout en soulignant le rôle de leader du Royaume au sein de la oumma musulmane, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de forger l’unité entre les pays islamiques en cette période critique», indique un communiqué.
Sur le plan diplomatique, Téhéran continue de nier l’existence de négociations directes avec Washington, tout en ayant transmis, via Islamabad, une réponse à une proposition américaine en 15 points visant à mettre fin au conflit, selon une source anonyme citée par l’agence de presse iranienne Tasnim.
Instaurer un cadre de négociations entre Washington et Téhéran
De son côté, le chef de la diplomatie allemande évoque la possibilité d’une rencontre prochaine entre responsables iraniens et américains au Pakistan. Les discussions ont également porté sur les moyens de contenir l’escalade militaire et de privilégier le dialogue comme principal levier de désescalade. Le ministre égyptien des Affaires étrangères insiste sur la nécessité d’instaurer un cadre de négociations entre Washington et Téhéran afin d’éviter une aggravation du conflit.
«La réunion a examiné les moyens de renforcer la coordination face à l’escalade militaire, rapide et dangereuse, dans la région, et de faire de la diplomatie et du dialogue les premiers outils pour contenir la crise et ses graves répercussions sur la sécurité et la stabilité régionales», a déclaré le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty. «Elle a abordé les efforts déployés dans le cadre du quartet pour réduire l’escalade et apaiser les tensions, ainsi que pour encourager la mise en place d’un cadre de négociations entre les États Unis et l’Iran afin de parvenir à une désescalade et empêcher la région de sombrer dans un état de chaos total», a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, le Premier ministre pakistanais a récemment échangé avec le président iranien Massoud Pezeshkian pour évoquer les efforts diplomatiques en cours. Par ailleurs, l’Iran a autorisé davantage de navires pakistanais à transiter par le détroit d’Ormuz, contribuant à réduire les risques de tensions sur l’approvisionnement énergétique. Islamabad réaffirme ainsi sa conviction que le dialogue, la diplomatie et les mesures de confiance restent les seules voies pour éviter une escalade incontrôlée dans la région.
Farah Chibane