Algérie-Niger: Pari sur un partenariat dense

Le pari sur un partenariat dense est relevé entre l’Algérie et le Niger au terme de la 2e session de la Grande commission mixte de coopération.
Les travaux de la deuxième session de la grande commission mixte de coopération algéro-nigérienne ont été couronnés, hier à Niamey, par la signature d’un communiqué conjoint qui balise la voie pour un partenariat dense et varié en ciblant divers secteurs de nature à donner plus d’épaisseur à une coopération prometteuse.
Insuffler une nouvelle dynamique aux relations bilatérales
Le document met en relief les orientations des plus hautes autorités à l’occasion de la visite du général d’armée Abdourahamane Tiani, président du Niger, chef de l’État, en Algérie les 15 et 16 février 2026, à l’invitation du président Abdelmadjid Tebboune. Objectif: insuffler une nouvelle dynamique aux relations bilatérales. «Cette rencontre consacre le caractère privilégié des relations entre les deux pays et reflète leur volonté commune de les approfondir davantage», est-il relevé dans le communiqué conjoint, dans la mesure où elle permit de réaffirmer «le caractère stratégique et irréversible de ces relations, en adéquation avec les exigences d’un partenariat renouvelé et les potentialités des deux parties, dans une logique de bénéfices mutuels».
À cette occasion, les deux parties ont souligné la solidité des liens historiques de fraternité, de bon voisinage et de solidarité qui unissent Alger et Niamey, réaffirmant leur «attachement constant aux principes de respect de la souveraineté des États, de l’unité de leurs territoires, de non-ingérence dans les affaires intérieures et de règlement pacifique des différends, conformément au droit international et à la Charte des Nations unies». Alger et Niamey ont relevé dans ce sens «la convergence de leurs vues sur les évolutions régionales et internationales, réaffirmant leur conviction que les défis auxquels fait face la région du Sahel-Sahara nécessitent des réponses concertées, ancrées dans les réalités locales».

Soulignant «l’interdépendance étroite entre la sécurité et la stabilité des deux pays», Alger et Niamey ont réaffirmé «leur engagement à renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité transfrontalière organisée, notamment à travers un renforcement de la coordination et l’activation des mécanismes bilatéraux pertinents».
Les deux parties indiquent que les entretiens se sont déroulés dans un climat de confiance, de franchise et de compréhension mutuelle, permettant de consolider les acquis de la coopération bilatérale et de tracer des perspectives concrètes pour son approfondissement. Elles réitèrent ainsi leur volonté commune d’élever leur partenariat à un niveau stratégique supérieur, en accordant une priorité particulière à la coordination sécuritaire et au développement des relations économiques et commerciales. Elles saluent, à cet égard, les résultats prometteurs du forum économique tenu en marge de cette session, ainsi que ceux du Conseil d’affaires algéro-nigérien.
Promouvoir la coopération transfrontalière
Les deux parties ont insisté, par la même occasion, sur l’importance d’accélérer la mise en œuvre des projets structurants reliant les deux pays, notamment la route transsaharienne, l’interconnexion par fibre optique transfrontalière et le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), en tant que leviers essentiels de l’intégration économique et de la connectivité régionale. Elles sont convenues de renforcer leur coopération dans les secteurs à fort potentiel, notamment l’énergie (y compris les hydrocarbures et les énergies renouvelables), l’agriculture, les infrastructures, la santé, la formation professionnelle et la numérisation, ainsi que la promotion de l’entrepreneuriat et de l’innovation.
Pour Alger et Niamey, il y a nécessité de créer un environnement favorable aux investissements et aux échanges, en simplifiant les procédures administratives et douanières, en développant les corridors commerciaux et en promouvant les espaces de coopération transfrontalière, contribuant ainsi au développement local et à la stabilité des zones frontalières. Les deux pays réaffirment également leur engagement en faveur d’une Afrique sûre, stable et prospère, en privilégiant des solutions politiques globales aux crises, dans le respect des cadres régionaux et continentaux ainsi que du droit international.
Comme ils réitèrent leur attachement au soutien des causes justes, conformément aux principes du droit international et aux dispositions de la Charte des Nations unies, et ont salué les initiatives visant à promouvoir la paix, la stabilité et le développement dans la région. Ils ont aussi pris acte des dynamiques en cours dans la région du Sahel en matière de coopération et de coordination, et ont souligné l’importance de toute initiative contribuant à la stabilité, dans le respect des principes susmentionnés. À l’échelle régionale, les deux pays ont salué la qualité de leur concertation au sein des instances régionales et internationales et sont convenues de poursuivre une coordination étroite sur les questions d’intérêt commun.
À l’issue des travaux, les deux parties expriment leur satisfaction quant aux progrès réalisés et aux perspectives prometteuses dégagées, marquées par l’identification de projets prioritaires et de mesures concrètes à mettre en œuvre conjointement. Elles procèdent à cette occasion à la signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente dans divers domaines, notamment les hydrocarbures, l’énergie et les énergies renouvelables, l’industrie, l’industrie pharmaceutique, la santé, le sport, les travaux publics, la culture et les micro-entreprises. Les deux parties sont convenues de tenir la 3e session de la Grande Commission mixte de coopération en Algérie en 2027, à une date qui sera fixée par voie diplomatique.
Amirouche Y.
