Des pionniers de la chanson kabyle réunis sur scène

Des pionniers de la chanson kabyle sont réunis sur scène, mercredi soir, la grande salle de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou .

C’est un concept inédit qu’à découvert le public pour ces soirées ramadhanesques programmées par la direction de la culture et des arts de la wilaya qui a convié le public à une qaada avec les pionniers de la chanson kabyle encore en vie.

Nostalgie

Seuls Lounis Ait Menguellet, Akli Yahiatene, Atmani et Medjahed Hamid manquaient à l’appel pour compléter le beau tableau de ces retrouvailles dans lequel on retrouve Ouazib Mohand Améziane, Taleb Tahar, Rabah Ouferhat, Akli Ait Boumahdi et Belaïd Tagrawla qui a animé ce gala dans un style qu’il affectionne particulièrement celui du radio crochet. Mieux il a clôturé cette qaada de la plus manière en reprenant en chœur avec le public sa célèbre chanson « Yemma » dans une ambiance chargée d’émotion et de nostalgie. La nostalgie était présente tout au long de la soirée à chacun des passages des artistes, qui traine derrière lui au moins une cinquantaine d’années de chanson et de scène.

Nostalgie avec ces morceaux que de nombreuses générations ont eu ou continuent à fredonner. De la nostalgie était aussi perceptible chez les chanteurs eux-mêmes qui, à travers des anecdotes croustillantes, avaient raconté leur début dans ce monde artistique. Ils ont été tous unanimes à remercier les personnels de la direction de la culture et des arts à leur tête la première responsable Nabila Gouméziane «qui offre de nombreuses opportunités aux chanteurs de se produire devant leurs fans en leur portant un intérêt particulier». Mais aussi à l’ancien maire et actuel député Ouahab Ait Menguellet que le public a découvert comme étant un ami très proche du monde artistique tant les artistes présents lui ont rendu un vibrant hommage pour toutes les actions faites en leur faveur tout en restant dans l’ombre.

Hommage à Matoub

Pour revenir au concept lui-même, de cette qaada, Nabila Gouméziane nous a révélé que « cette idée a été longuement discutée avec toute l’équipe chargée de la préparation de ces soirées ». « Nous avons décidé de la mettre en pratique et voir la réaction des uns (chanteurs) et des autres (public). Finalement, on ne s’est pas trompé puisque la soirée comme vous l’avez constaté a été tout simplement un moment magique de communion et de nostalgie entre la scène et le public », affirme-t-elle. Pour elle, c’était aussi une occasion «de réunir des artistes qui ne sont pas vu depuis un moment autour d’une qaada chaabia puisque leur musique est d’une sonorité chaabi», ajoute-t-elle et de conclure : «Nous comptons bien renouveler cette riche expérience». De leur côté, les artistes n’ont pas manqué d’exprimer le bonheur de leurs retrouvailles.

Mieux pour Ouazib, l’idée de mettre un terme définitivement à sa carrière ne lui effleure plus l’esprit «grâce aux moments que je viens de vivre en cette soirée mémorable, je peux vous dire que l’idée de renoncer à ma carrière vient de me quitter. Je continuerai à chanter et à produire malgré les six maladies chroniques dont je souffre». Il révélera un secret au grand public qu’il avait gardé que pour ses intimes «le mandole que j’ai entre les mains et que vous voyais était destiné à feu Lounès Matoub, la preuve il y a toujours ses initiales dessus», a-t-il déclaré. «Le luthier qui avait réalisé cet instrument avec ce manche qui était pas large pour Matoub qui avait demandé un autre. C’est ainsi que le luthier qui est de mon village m’avait appelé pour me demander si je le voulais, il me l’offrait. Depuis, il ne m’a jamais plus quitté», a t-il poursuivi.

Une soirée sublime

Matoub a été aussi évoqué par Rabah Ouferhat en parlant de sa première chanson «Thalla Iloughène» qui avait connu un grand  succès à sa sortie. «Je l’avais écrite lorsque j’étais au lycée de Bordj Menaiel fréquenté aussi par Lounès Matoub dont le père était notre cuisinier. Lounès ne savait pas que je chantais, c’est en écoutant la radio qu’il l’avait découvert. Depuis, on ne s’est plus quitté», raconte-t-il.

Quant à Belaïd Medjkane, alias Tagrawla, qui a animé de fort belle manière les débats, était tout heureux de participer à cet événement artistique : «Franchement, c’était tout simplement sublime. C’était à la fois un gala, une émission radiophonique voire télévisée. Ce sont des moments qui resteront gravés avec toutes ces anecdotes du vécu des artistes». Et de conclure : «Même le public, toutes générations confondues, a mis du sien pour la réussite de cette qaada en étant d’abord présent en grand nombre et puis avec sa communion avec tous les artistes». Un public qui en redemande déjà de telles soirées.

Rachid Hammoutène    

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