Exposition à Dar Mustapha Pacha: L’élégance du Dzair d’antan

Une exposition de miniatures sur bois à Dar Mustapha Pacha célèbre l’élégance du Dzair d’antan et met en lumière l’héritage artistique de la Casbah.
Pour célébrer la Journée nationale de la Casbah, le Musée de l’enluminure, de la calligraphie et de la miniature «Mustapha Pacha», situé à quelques pas de la mosquée Ketchaoua, abrite, dans ses deux salles donnant sur son élégant patio, une exposition de miniatures sur bois qui se poursuit, jusqu’au 18 avril prochain.
Dans ce site historique à l’identité architecturale singulière, l’exposition met à l’honneur l’un des arts traditionnels les plus emblématiques qui ont marqué l’architecture de la Casbah. Le patio, sublimé par sa fouara en marbre ornée de végétation et peuplée de poissons rouges, transporte immédiatement le visiteur dans l’élégance du Dzair d’antan.
La miniature sur bois, entre couleur et symbolique
À l’entrée de la première salle, de nombreuses œuvres en bois réalisées par trois artistes femmes sont exposées ici et là. Les couleurs, chatoyantes (vert, bleu, rouge, jaune) se déploient à travers un minutieux travail de miniature et d’enluminure. Parmi les pièces présentées figurent le miroir algérois à fronton, le Feniaq (coffret à bijoux), le Mrayet el yed (miroir à main), l’Es-sni (plateau en bois), l’El Zouifa (tableau décoratif), l’El Shahed (marque-page), l’El Douia (boîte à plumes) ou encore le Mechmoum El Werd, à fleurs.
En effet, la sculpture sur bois constitue un élément essentiel de la composition esthétique de l’architecture de la Casbah. Ce matériau noble ne servait pas uniquement à la construction mais devenait également un véritable support d’expression artistique et de créativité artisanale. On retrouve ces décors notamment sur les portes, les fenêtres, les plafonds, les balcons et sur divers éléments intérieurs, formant une unité visuelle harmonieuse où se conjuguent fonction et esthétique.
Un héritage réinterprété par les artistes d’aujourd’hui
Avec des motifs qui se distinguent par la diversité de leurs formes géométriques en végétales, organisées selon des principes de répétition et d’harmonie, pour donner une vision artistique équilibrée.
Les artistes et artisans contemporains se sont inspirés de ces décors architecturaux authentiques et les ont réinterprétés dans des œuvres et créations actuelles, tout en préservant leur esprit esthétique et leurs techniques traditionnelles, afin que ce patrimoine demeure vivant et intemporel.
Des parcours féminins au service du patrimoine
Parmi ces artistes figurent, Zakia Djazouli, qui s’est formée chez de grands maîtres de la miniature comme Mustapha Adjaout et Abdelrazek Mezouane. Dernièrement elle a exposé au palais de la culture, au centre culturel islamique de Djamaa El Djazair et au musée de la civilisation islamique en Algérie, Nouara Djamila qui expose aussi est une passionnée spécialisée dans la décoration sur bois. Formée par le maître Merzak Mezouane elle aussi a exposé en Algérie et à l’étranger. Widad Touat Elrobrini qui expose des œuvres en mosaïque et d’autre en bois, la plasticienne a obtenu son diplôme de dessin et décoration de la chambre d’artisanat et des métiers d’Alger en 2021, l’artiste a touché à plusieurs expression artistiques (mosaïque, peinture à l’huile, céramique, argile) et a exposé dans différents musées d’Alger.
Les organisateurs aspirent à travers cette exposition, mettre en lumière la valeur artistique et historique de ce patrimoine vivant, et à renforcer la conscience de l’importance de sa sauvegarde et de sa protection en tant que composante essentielle de la mémoire architecturale et culturelle.
Souha Bahamid