Lotfi Attar, guitariste de Raïna Raï

«L’âge n’a pas d’importance en musique»

Lotfi Attar, guitariste de Raïna Raï, affirme que «l’âge n’a pas d’importance en musique».

Fondé en 1980, Raïna Raï s’est imposé, durant près de cinquante années, comme un groupe incontournable de la scène artistique algérienne. Depuis les années 1980, son répertoire, qui mêle raï, rock et gnawi, n’a pas pris une ride et ses titres sont encore repris par les nouvelles générations d’artistes.

Rencontré lors de leur concert à la salle Ibn Khaldoun à Alger, Lotfi Attar, guitariste et leader du groupe, évoque le parcours de cette formation qui a fait vibrer des générations de mélomanes sur toutes les scènes nationales et au-delà des frontières.

Après 46 ans de carrière, comment voyez-vous Raïna Raï sur scène ?
Nous avons vieilli, mais nous aimons toujours notre métier. Et l’âge n’a pas d’importance en musique. Je crois que je vais être enterré avec ma guitare (rires).

Comment le public actuel reçoit-il la musique de Raïna Raï ?
Notre public est partout où nous chantons, d’est en ouest et même au sud. Nous sommes accueillis avec la même ferveur partout et par un public de tous les âges.

Vos titres datent de près de 50 ans, mais ils semblent toujours nouveaux. Quel est le secret ?
La passion et l’amour du métier. Et le travail bien fait aussi.

Y a-t-il quelque chose que vous auriez aimé changer dans votre parcours ?
Il nous est arrivé de rater des morceaux, certains arrangements peut-être , nul n’est parfait. Il y a des titres que nous avons travaillés et qui auraient pu être mieux aboutis, mais qui ont été enregistrés ainsi. Comme par exemple le titre « Ma dertou oualou ». La mélodie est belle, le texte aussi, mais l’arrangement aurait pu être mieux fait.

Y a-t-il un projet qui vous tient à cœur en ce moment ?
Oui, bien sûr. Un nouvel album. Nous avons une dizaine de nouveaux titres qui attendent d’être enregistrés. Il nous manque un bon technicien pour entrer en studio. Il y a un titre, « Djazaïer », que j’imagine dans un mélange de raï et de musique classique, avec beaucoup de chanteurs. Mais bon, on verra avec le temps si cela se réalise.

On ne peut parler de Raïna Raï sans évoquer « Zina ». Quel est le secret de son succès ?
Tout. La beauté de la chanson fait qu’elle est éternelle. C’est comme un hymne.

Vos titres sont repris par beaucoup d’artistes sur scène. Qu’en pensez-vous ?
Raïna Raï est un patrimoine. Tout le monde connaît nos chansons et le public, quel que soit son âge, les connaît par cœur aussi.

Entre le public de vos débuts et celui d’aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé ?
Le public n’a pas d’âge. C’est le même enthousiasme depuis le début et nous avons le même plaisir avec toutes les générations qui nous ont accompagnés

Hakim Metref

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