Récital andalou grandiose d’Ahl El Fen

Un récital andalou grandiose d’Ahl El Fen à la radio El Bahdja, mêlant chants spirituels et grands classiques du patrimoine musical algérien.
La radio El Bahdja a accueilli Ahl El Fen pour un récital andalou grandiose, mêlant chants spirituels et classiques du patrimoine musical algérien.
La radio El Bahdja a organisé dans la soirée de mercredi dernier, à la salle Lamine Bechichi de la radio nationale, à Alger, une soirée artistique aux sonorités authentiques, animée par l’association culturelle de musique andalouse «Ahl El Fen», dans le cadre du programme des soirées du Ramadhan. Sous la direction de l’artiste Nesrine Bourakhla, présidente de l’association, la rencontre musicale a réuni une formation composée d’une vingtaine de musiciens et chanteurs, issus pour la plupart du mouvement associatif, qui ont offert au public un voyage à travers différentes expressions du patrimoine musical algérien.
La soirée s’est ouverte par un prélude instrumental ponctué d’istikhbars exécutés notamment au qanûn, installant une atmosphère raffinée empreinte de tradition andalouse. L’orchestre a ensuite interprété la célèbre chanson algéroise de bienvenue «Ahlan wa sahlan ahlan bikoum», une pièce régulièrement chantée lors des manifestations artistiques, accueillie par les applaudissements d’un public visiblement conquis.
Une immersion dans le chant spirituel
Le programme s’est poursuivi avec un passage dans le registre du madih, avec l’interprétation de la pièce «El Khazna Sghira» du grand poète du melhoun et du madih algérien Sidi Lakhdar Benkhlouf, écrite en louange au prophète Mohammed (QSSSL) et chantée dans le mode Ghrib.
Dans la continuité de cette atmosphère spirituelle, l’orchestre a enchaîné avec un texte soufi intitulé «Bi djah Ettidjani», une invocation inspirée de la tradition de la confrérie tidjania fondée par le cheikh Ahmed Tidjani. La pièce, interprétée dans le mode Raml El Maya, fait partie des chants de dévotion répandus dans le patrimoine soufi maghrébin. La séquence consacrée au madih a également été marquée par l’interprétation de la pièce «El Hedja», du poète Abdelaziz El Ouezzani, évoquant le pèlerinage à La Mecque. Ce texte, repris au fil du temps par les grands maîtres du chaâbi, dont le regretté El Hachemi Guerouabi, a été chaleureusement applaudi par l’assistance.
Retour aux classiques du répertoire andalou
La première partie de la soirée s’est conclue par un khlass dans le registre des chants soufis avec l’interprétation de la formule spirituelle «La ilaha illa Allah», créant un moment de recueillement et de communion musicale avec le public.
La seconde partie du concert a donné lieu à une immersion dans le répertoire andalou. L’orchestre a notamment interprété l’insiraf andalou «Kif El Amal Allah Blani bil Mahabba», une pièce classée dans le genre du muwashah, emblématique du patrimoine musical andalou. La soirée s’est poursuivie avec l’exécution du célèbre inqilab «Ya asafi ’ala ma mada», une pièce du répertoire de la san’a et du gharnati généralement chantée dans le mode Jarka, exprimant la nostalgie et la lamentation pour l’Andalousie perdue après la chute de Grenade en 1492.
Amine G.