Soirée chaâbi à la maison de jeunes de Bachdjerrah 

Abdelghani Azzouz sur les pas d’El Guettaf

La maison de jeunes de Bachdjerrah a vibré au rythme du chaâbi. Le jeune prodige Abdelghani Azzouz a sublimé la scène, marchant sur les traces du grand El Guettaf.

Durant le Ramadhan, la maison de jeunes de Bachdjerrah consacre un programme artistique à l’intention de ses adhérents et du public en quête de détente durant les soirées.Le directeur de l’établissement, Kamel Gueham, rappelle que chaque année des soirées artistiques attirent un public de tout âge, «surtout lorsqu’il s’agit de chaâbi, un genre très apprécié par les habitants de la commune», précise-t-il.

Une partie des éliminatoires du Festival de la chanson chaâbi des jeunes, organisé chaque année durant ce mois par la Ligue des activités de jeunes de la wilaya d’Alger, s’y déroule. La soirée de samedi dernier a été animée par le jeune Abdelghani Azzouz du quartier «La Glacière», fief d’une grande figure du chaâbi, le regretté Abdellah El Guettaf et d’autres chouyoukh.

Un héritage spirituel et familial

C’est devant un public relativement nombreux qu’Azzouz a interprété durant plus d’une heure des titres de madih. Accompagné de cinq musiciens, il a entamé son récital par «Yaghayat al maqsoud», un chant de louanges au Prophète de l’islam, puis a enchaîné avec «Ya sahib al ghamama» et «Zarani Mahboub qalbi».

La soirée s’est poursuivie avec d’autres titres de madih, genre très apprécié et que le public a écoutés avec beaucoup d’attention. Azzouz a commencé à chanter en 2007 au sein de sa famille qui lui a transmis le goût du chaâbi et l’a initié à cet art. «J’ai grandi dans un milieu de chaâbi et j’ai beaucoup écouté Abdellah El Guettaf, mon oncle maternel et maître spirituel à qui je dois beaucoup», confie-t-il. Autodidacte, c’est à l’oreille que l’artiste a développé son art, en écoutant ses aînés et en écumant les soirées chaâbi.

Le Malhoun comme mission éducative

Féru de malhoun, Azzouz s’est spécialisé dans cette poésie qu’il juge essentielle: «C’est une poésie qui éduque celui qui l’interprète et celui qui l’écoute», affirme-t-il. Mais c’est en 2013 qu’il est révélé au grand public en décrochant le 1er prix du Festival national de la chanson chaâbi avant de connaître d’autres consécrations lors de concours et festivals locaux. Pour lui, l’art est un mission et une responsabilité. «Nous avons un patrimoine très riche que nous devons préserver et perpétuer», ajoute-t-il. L’artiste s’est fait un nom dans le milieu artistique et se voit attribuer le titre de cheikh dans le milieu du chaâbi.

Depuis le début du mois de Ramadhan, la maison de jeunes a organisé plusieurs soirées chaâbi, animées par des artistes de la commune tels que la troupe de zorna «Boualem Titiche» de Merzak Mazari et les chanteurs Cheikh El Hadi Rahmouni, Djamel Chokri et Noureddine Kachbi. Le programme se poursuivra jusqu’à la fin du mois avec d’autres artistes, à l’instar Boualem Abdaoui, Mourad Ben Bournane, Farid Mazari, Ali Toubal, Ali Zitouni, Cheikh Mehdi Tamache et bien d’autres.

Hakim Metref

 

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