Entrepreneuriat féminin algérien: Une présence de plus en plus solide

Dans l’entrepreneuriat féminin algérien, une présence est de plus en plus solide. Les femmes chefs d’entreprises sont devenues source de croissance économique.
Il fut un temps en Algérie où les femmes chefs d’entreprise étaient considérées comme étant des cas «exceptionnels». Aujourd’hui, ces cas ne sont plus «spectaculaires» mais sont devenus une source de croissance et un levier important dans l’économie algérienne.
Le taux de création d’entreprises par les femmes est de 18%
«Nous constatons depuis quelques années l’émergence de compétences féminines. Ces dernières ne sont plus en marge de la dynamique économique comme par le passé. Nous observons une évolution progressive et encourageante de l’entrepreneuriat féminin dans notre pays. De plus en plus de femmes choisissent la voie de la création d’entreprise avec un taux qui a atteint les 18%», rapporte la présidente de l’association des femmes algériennes cheffes d’entreprises (SEVE), Chahrazed Saadi.
Et fait étonnant, les femmes entrepreneurs algériennes ne se limitent plus aux secteurs conventionnels, se distinguant par leur intérêt pour des domaines plus stratégiques et plus complexes. «Elles sont présentes dans les secteurs innovants comme le numérique, l’agriculture durable ou l’industrie. Mais il faut dire qu’au-delà de la persévérance qu’elles affichent, si le nombre des cheffes d’entreprise est en évolution, c’est aussi grâce au nouvel écosystème agrémenté par des mécanismes d’appui, les dispositifs de financement, les programmes d’accompagnement et les initiatives de formation notamment», soutient-elle.
Des businesswomans dans différents secteurs économiques
Selon Mme Saadi, ces mécanismes ont contribué à faciliter aux femmes l’accès à l’entrepreneuriat et dont les résultats se ressentent aujourd’hui à travers des projets concrets et porteurs. Mieux, la sphère économique nationale compte plusieurs cheffes d’entreprise modèles. «Ces modèles se démarquent par leur capacité à faire du business dans différents secteurs économiques, inspirant ainsi une nouvelle génération de femmes entrepreneures», renchérit-elle, signalant que la toile d’activité des cheffes d’entreprises s’élargit de plus en plus, touchant, outre l’industrie et le numérique, l’agroalimentaire, l’agriculture, les services, la formation et le consulting.
Certaines femmes entrepreneurs, révèle-t-elle, ont même réussi à développer des entreprises innovantes dans des domaines jugés phares, comme l’économie verte, l’économie bleue ou les technologies digitales. «Au-delà des parcours individuels, ce qui est particulièrement intéressant, c’est l’émergence de réseaux de femmes entrepreneures et de programmes d’accompagnement qui permettent de valoriser ces modèles et de partager leurs expériences. Ces success-stories jouent un rôle très important pour encourager d’autres femmes à entreprendre», fait-elle remarquer. Ces modèles, par ailleurs, s’imposent également sur la scène internationale, en Afrique et dans le monde arabe notamment.
Présence à l’international
«Les femmes chefs d’entreprises se sont très vite insérées dans la stratégie économique à l’international affichée par notre pays. Elles sont de plus en plus visibles grâce à leur participation active aux forums économiques, aux programmes de coopération et aux réseaux entrepreneuriaux régionaux», relève la présidente de SEVE. Au niveau arabe et africain, affirme-t-elle, elles sont présentes à travers des réseaux comme celui de WIB E/M/A (Women In Business pour l’Europe/Middle East et Africa) dont SEVE est membre fondatrice et membre de son conseil d’administration. Des défis, néanmoins, restent à relever pour cette catégorie d’entrepreneurs. En dépit de cette évolution, les objectifs sont encore loin d’être atteints.
«Le nombre de femmes entrepreneures reste faible eu égard au potentiel existant. En outre, les projets développés par les femmes dépassent rarement les 10 milliards de centimes et sont, pour la plupart, des micro-entreprises. Nous avons besoin de faire sortir l’entrepreneuriat féminin du schéma classique pour exploiter les opportunités d’investissement qu’offre notre pays dans beaucoup de secteurs et de le positionner comme une composante essentielle de la stratégie économique», estime-t-elle, et de conclure: «L’enjeu aujourd’hui est de passer à une véritable stratégie de soutien durable à l’entrepreneuriat féminin, capable de transformer les initiatives en grandes entreprises pérennes et créatrices d’emplois».
Farida Belkhiri