Consommation énergétique: L’État intensifie le suivi du programme algérien

Pour la rationalisation de la consommation énergétique, l’État intensifie le suivi du programme algérien.
Les pouvoirs publics accordent un fort intérêt à la rationalisation de la consommation d’énergie et l’amélioration de l’efficacité énergétique. Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a eu à s’enquérir de l’état d’avancement des nombreux dossiers y afférents lors d’une réunion tenue, lundi dernier, en présence de cadres du ministère. Celle-ci a «permis d’évaluer l’état de mise en œuvre des mesures et dispositions liées à la rationalisation de la consommation d’énergie et à l’amélioration de l’efficacité énergétique», souligne le ministère dans un communiqué rendu public.
Un nouveau mode de régulation et de contrôle
Il convient de rappeler que le président Tebboune insiste à chaque fois sur la nécessité d’adopter une approche prospective et de rationalisation de la consommation des différentes formes d’énergie. Cela passe par l’adoption d’un nouveau mode de régulation et de contrôle reposant sur des études approfondies, capables de fournir des solutions intégrées pour préserver l’énergie et l’exploiter dans le développement des industries, tout en investissant dans des énergies nouvelles telles que l’hydrogène vert et l’énergie solaire, domaines dans lesquels l’Algérie dispose d’un potentiel considérable.
Comme il est aussi nécessaire de mettre en exergue, dans ce cadre, les objectifs attendus de l’application du programme algérien de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables adopté en 2011. Selon l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE), le potentiel de l’économie d’énergie est estimé à plus de 10 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) à l’horizon 2030.
La rationalisation de la consommation énergétique s’avère donc un impératif et s’inscrit même dans l’optique de la préservation de la sécurité énergétique. Consommer mieux permet en effet à l’Algérie d’économiser ses ressources, renforcer ses finances publiques et, par conséquent, sécuriser son avenir énergétique.
Un modèle de consommation non soutenable
Le modèle de consommation énergétique actuel est loin d’être soutenable. La consommation nationale d’énergie à fin septembre 2024 a augmenté de 5% par rapport à l’année précédente, atteignant 55 millions de TEP. Un rapport récent de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a mis en avant la progression de la consommation électrique du pays de 5,4% en 2025 par rapport à l’année précédente. Une augmentation annuelle moyenne de 4,5% est prévue jusqu’en 2030.
Cette hausse peut s’expliquer par divers facteurs, notamment l’essor économique, l’augmentation de la population et la nécessité accrue de climatisation en raison des canicules de plus en plus fréquentes. Contacté à ce sujet, le directeur général de Green Cluster Energie Algeria, Boukhalfa Yaïci, fait observer que la consommation énergétique en Algérie enregistre une croissance annuelle d’environ 6%, alors que 99% de l’énergie électrique consommée en Algérie provient du gaz naturel.
«En revanche, la production d’hydrocarbures n’augmente pas au même rythme. Nous enregistrons une hausse annuelle de près de 2%», a-t-il indiqué, précisant que ce taux reste insuffisant pour couvrir la demande nationale en constante croissance. Le responsable a ajouté dans le même ordre d’idées que les ménages représentent à eux seuls 43% de la consommation énergétique totale, ce qui accentue la pression sur le système énergétique national.
Le secteur de la construction en Algérie est l’un des principaux consommateurs d’énergie du pays qui représente environ 47% de la consommation finale d’énergie, nécessitant, d’après lui, d’intégrer des mesures d’incitation pour renforcer l’efficacité énergétique. Selon lui, «l’efficacité énergétique constitue aujourd’hui le principal levier de rationalisation de la consommation», indique-t-il, soulignant que parmi les actions prioritaires figure la réforme de la tarification énergétique, qui nécessite toutefois la mise en place préalable d’un dispositif technique et logistique adapté avant son application.
Wassila Ould Hamouda