Ingénieur agronome: Un séminaire pour valoriser son rôle stratégique

Un séminaire aura lieu durant le mois en cours à Oran pour valoriser le rôle stratégique de l’ingénieur agronome en Algérie.
Le rôle de l’ingénieur agronome dans les défis majeurs actuels du secteur de l’agriculture, fera l’objet d’un séminaire scientifique, qui devrait être organisé par l’Union nationale des agronomes (UNA), les 28 et 29 mars 2026 à Oran. Placée sous le slogan: «L’ingénieur agronome … Leader de la transition numérique et de l’innovation à l’ère de l’intelligence artificielle», cette rencontre devrait mettre en lumière les grands axes constituant l’ossature de la stratégie nationale du développement durable et de la modernisation de l’agriculture, dont le principal but est de garantir la sécurité alimentaire du pays et par ricochet préserver sa souveraineté.
Consacrer la sécurité alimentaire
Pour les organisateurs, l’ingénieur agronome devrait être au cœur d’un dispositif intégré de gestion des ressources et de la production agricole, afin d’atteindre l’efficacité comptée du modèle national. A ce propos, le président de l’UNA, Mounib Oubir explique que ce séminaire tentera surtout de mettre en avant le rôle que pourrait jouer l’ingénieur agronome dans la transformation structurelle de l’agriculture. «L’organisation de cette 5e rencontre nationale des ingénieurs agricoles s’inscrit dans le cadre de la vision stratégique globale adoptée par l’État, en vue de consacrer la sécurité alimentaire», souligne le responsable.
À partir à cette vision, Oubir rappelle que le président de la République a veillé à l’implication des compétences nationales, notamment l’ingénieur agronome, en leur permettant d’assumer leur rôle de premier plan dans la conduite de la transformation structurelle du secteur. Une mission qui repose, explique le président de l’UNA, sur le soutien à la recherche scientifique appliquée, la stimulation de l’investissement productif et le renforcement des mécanismes d’accompagnement technique, outre l’élargissement des voies de mécanisation et de numérisation.
«Cette rencontre se tient dans un contexte national et international marqué par des mutations rapides et des défis complexes, au premier rang desquels figurent le changement climatique, la raréfaction des ressources hydriques, les fluctuations des marchés mondiaux et l’augmentation de la demande en produits agricoles», fait-il constater.
Ces données, souligne Oubir, imposent une transition inévitable des modes de production traditionnels vers un modèle agricole moderne et intelligent, fondé sur l’innovation, les technologies avancées et la mobilisation optimale des ressources naturelles et humaines, à l’effet de garantir l’efficacité économique, la durabilité environnementale et la compétitivité. Toujours sur l’importance des axes prévus dans cette rencontre, il met l’accent sur les outils de modernisation, dans toutes leurs dimensions techniques et organisationnelles, qui constituent, de son point de vue, la pierre angulaire de ce processus de transformation.
Les systèmes d’irrigation économes d’imposent
Dans ce sillage, le président de l’UNA cite le développement de la mécanisation agricole à travers la généralisation de l’utilisation des équipements modernes. «Cela permettra, appuie-t-il, d’accroître la productivité, d’améliorer la qualité de la production agricole, de réduire les coûts, mais aussi de se conformer aux normes techniques internationales».
Pour lui, la refonte aspirée du modèle national de production agricole s’appuie également sur l’intégration de la numérisation dans le système de gestion agricole. Et cela à travers, détaille-t-il, l’utilisation des systèmes d’information géographique, de l’agriculture de précision, des techniques de télédétection, des outils basés sur l’analyse des données massives et l’intelligence artificielle. À cela s’ajoute, l’introduction des systèmes d’irrigation économes en eau, formant ainsi un dispositif intégré de gestion des ressources et de la production avec une efficacité élevée.
Mais pour Oubir, «l’efficacité de ces outils reste tributaire de la disponibilité d’une vision stratégique globale, d’une planification rigoureuse, d’un encadrement technique de haut niveau et d’un suivi permanent sur le terrain». Partant de cette équation, émerge, souligne-t-il, le rôle de l’ingénieur agronome en tant qu’acteur central et leader de la transformation numérique et de l’innovation. «L’ingénieur agronome s’érige en chainon essentiel entre le savoir scientifique et l’application pratique, capable de transformer les résultats de la recherche en solutions concrètes et réalisables, au service de l’agriculteur et de l’investisseur, à même de contribuer à renforcer la valeur ajoutée de l’économie nationale», étaye-t-il.
Les coopératives: Mutualiser les ressources et optimiser les coûts
Par ailleurs, le membre du bureau exécutif de l’UNA, Abdelmadjid Seghiri, fait savoir que la rencontre accordera une importance particulière à la création et à l’organisation des coopératives agricoles, considérées comme un choix économique et stratégique en adéquation avec les exigences de l’heure.
«Cette formule soutenue par l’État permet de regrouper les moyens matériels et humains, de partager les risques et d’améliorer la gouvernance, de faciliter l’accès au financement et aux aides, en plus de développer les capacités de stockage, de transformation et de commercialisation», indique-t-il. Selon lui, ce dispositif reposant sur la propriété collective, permettra de renforcer le pouvoir de négociation et d’accroître la rentabilité des investissements agricoles, qu’ils soient de petite ou de grande envergure.
Face à ces mutations, Seghiri relève le rôle de leadership de l’ingénieur agronome pour concrétiser le transfert des technologies et des connaissances modernes vers le terrain. Il a aussi une mission dans l’accompagnement des agriculteurs et des investisseurs dans l’adoption de solutions numériques et intelligentes, «en plus de la proposition de modèles organisationnels et économiques efficaces, notamment dans le domaine des coopératives».
Somme toute, ce séminaire se veut, conclut-il, un espace scientifique et professionnel de haut niveau pour le dialogue et l’échange d’expériences, où les participants vont mettre en lumière les outils et mécanismes de modernisation de l’agriculture et sera sanctionné d’une série de recommandations stratégiques et opérationnelles applicables et susceptibles de contribuer à l’enrichissement des politiques publiques adoptées en la matière.
A. Mehdid