La production algérienne au rendez-vous

Un fait marquant s’est imposé durant le mois de Ramadhan 2026: la production algérienne, en particulier agricole, a tenu bon.
Les marchés ont été correctement approvisionnés durant le Ramadhan et les produits de large consommation étaient disponibles.
Aucune pénurie majeure n’a été enregistrée
Aucune pénurie majeure n’a été enregistrée, malgré une forte demande. Ce résultat est le reflet d’un ensemble de mesures prises en amont par les pouvoirs publics, en coordination avec les opérateurs économiques et les producteurs. Cette synergie a permis d’anticiper les besoins et de répondre efficacement à la hausse de la consommation. Depuis plusieurs années déjà, la production nationale gagne en régularité. Cette dynamique a permis aux consommateurs de vivre un Ramadhan sans tensions particulières sur les produits de base. Une évolution notable, surtout durant une période traditionnellement marquée par une pression accrue sur les marchés.
Le secrétaire national de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Slimane Draibine, attribue cette performance à une mobilisation globale. «Si la production nationale a été au rendez-vous durant ce mois, c’est grâce aux orientations du président de la République et à la bonne gestion du ministère de l’Agriculture», affirme-t-il.
Il met également en avant le rôle central des agriculteurs. «Leur travail sans relâche, ainsi que les investissements réalisés ces dernières années, notamment dans le Sud et dans des régions comme Khenchela, ont permis de renforcer la production en quantité et en qualité», précise-t-il. Le responsable insiste aussi sur le développement des capacités de stockage. «Le renforcement des infrastructures a permis de mieux conserver les produits et de réguler le marché de manière plus fluide», explique-t-il.
Des excédents orientés vers l’exportation
Selon Slimane Draibine, la production agricole est aujourd’hui abondante, avec même des excédents orientés vers l’exportation. «Des marchés européens, asiatiques et du Golfe sont de plus en plus demandeurs de produits algériens», ajoute-t-il.
De son côté, le secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Issam Bendrissi, met en avant plusieurs facteurs explicatifs. «La capacité de la production nationale à répondre à la forte demande s’explique par le développement des filières agricoles ces dernières années», souligne-t-il. Il évoque également les mesures anticipatives des autorités. «Les pouvoirs publics ont pris des dispositions pour assurer la disponibilité des produits essentiels avant même le début du Ramadhan», indique-t-il. Pour lui, la coordination entre les différents acteurs a été tout aussi déterminante.
«La vigilance des producteurs, des commerçants et des transporteurs a permis d’assurer un approvisionnement régulier, malgré une hausse de la demande estimée entre 30 et 40 %», explique-t-il. Sur le terrain, cette tendance est confirmée par le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA). «Toutes les denrées alimentaires, notamment les fruits et légumes, étaient disponibles en quantité suffisante», affirme Hadj Tahar Boulelouar. Il explique cette situation, en partie, par des conditions climatiques favorables. «Les précipitations enregistrées dès les mois d’octobre et novembre ont nettement amélioré les rendements agricoles», précise-t-il.
Des indicateurs encourageants
Par ailleurs, Hadj Tahar Boulelouar souligne le rôle des institutions publiques et des entreprises. «Les offices publics, ainsi que les opérateurs privés, ont injecté des quantités supplémentaires de produits alimentaires sur le marché avant le Ramadhan», rappelle-t-il. Cette anticipation a permis d’absorber le pic de consommation. Le recours à l’importation ciblée a également contribué à stabiliser l’offre. «L’importation de viande en quantités suffisantes a permis de couvrir les besoins durant cette période», indique-t-il.
Autre levier important: les marchés de proximité. Mis en place par les autorités locales, ces espaces ont facilité l’accès aux produits de base. «Ils ont renforcé l’offre et contribué à réguler les prix», souligne Boulenouar. Il mentionne aussi des mesures complémentaires, comme la prolongation des périodes de soldes. Pour Issam Bendrissi, ce bilan est globalement positif. «Il s’agit d’un indicateur encourageant de l’amélioration de la sécurité alimentaire nationale», estime-t-il. Toutefois, il insiste sur la nécessité de poursuivre les efforts. «Il faut continuer à soutenir la production nationale, renforcer les capacités de stockage et améliorer les réseaux de distribution et de logistique», conclut-il.
Côté prix, le président de la fédération nationale des aviculteurs (FNA), Ali Benchaïba a constaté que malgré une forte demande, les prix des viandes blanches sont restés globalement raisonnables, avec seulement une légère hausse dans l’ouest de l’Algérie. Selon lui, la filière a su répondre efficacement aux besoins des consommateurs, garantissant ainsi un approvisionnement stable et satisfaisant pendant cette période. En somme, le Ramadhan aura illustré la résilience de l’économie algérienne. Une résilience portée par la mobilisation collective des acteurs publics et privés. Elle confirme que la production nationale est désormais capable de faire face aux périodes de forte consommation, tout en consolidant progressivement la souveraineté alimentaire du pays.
Amokrane H.