Production locale de semences : L’Algérie sème les graines de sa souveraineté alimentaire

La production locale de semences et de plants n’est plus un simple objectif, elle devient une réalité en Algérie.

La sécurité alimentaire exige la production locale de semences et le pays mobilise ses moyens ainsi que ses ressources.

L’enjeu est double

Jeudi dernier à Blida, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a annoncé un programme ambitieux. Il s’agit de réduire progressivement l’importation des semences et des plants. L’enjeu est double. Garantir la sécurité alimentaire et par la même alléger la facture des importations. Les cultures maraîchères figurent parmi les priorités. Tomate, poivron, maïs et autres espèces stratégiques sont au cœur du programme. Le ministère mise aussi sur les semences hybrides de première génération.

Ce choix technologique vise à améliorer les rendements et la qualité des productions, tout en maintenant un contrôle strict des procédés. Le ministre a souligné que les semences hybrides ont déjà prouvé leur efficacité dans plusieurs pays. Elles permettent «d’augmenter la productivité et d’assurer une meilleure homogénéité des récoltes». Pour l’Algérie, leur développement représente un levier stratégique. C’est dans ce cadre que des projets ont été lancés en collaboration avec des universités et des centres spécialisés. L’Université de Tiaret pilote ainsi un programme dédié au développement de semences hybrides de maïs et de plusieurs légumes.

L’arganier fait partie des espèces ciblées

De son côté, le Centre de recherche en biotechnologie, basé à Constantine, mène des travaux avancés pour renforcer les capacités nationales dans ce domaine sensible. Les plants ne sont pas en reste. Le ministère entend soutenir leur production pour accompagner l’extension des cultures arboricoles. L’arganier fait partie des espèces ciblées. Les études engagées visent à introduire de nouvelles cultures adaptées aux conditions locales, avec pour objectif de réduire les importations et de diversifier l’économie agricole. Le Centre de recherche en biotechnologie travaille également sur la production de plants de bananier à haute capacité.

À terme, cette initiative pourrait permettre le développement de la culture de la banane à plus grande échelle sur le territoire national. La souveraineté alimentaire passe aussi par la préservation du patrimoine génétique. En 2022, l’Algérie s’est dotée de la Banque nationale de semences. Cette structure, installée au Centre National de Contrôle et de Certification des Semences et Plants à Alger, dispose d’une capacité de stockage d’environ 6 000 espèces végétales, couvrant différentes variétés maraîchères et semencières. Elle comprend également des conteneurs dédiés aux espèces animales.

Ouverture prochaine de la Banque nationale de gènes

Une autre étape se profile : l’ouverture prochaine de la Banque nationale de gènes. Ce projet renforcera encore davantage la préservation du patrimoine biologique national et consolidera les bases scientifiques de l’agriculture algérienne. Il est question de valoriser les compétences locales et d’encourager la recherche appliquée. Structurer les filières. L’enjeu dépasse la simple production agricole. Pour cela les instituts de recherche, les universités et les exploitations agricoles sont appelés à travailler en synergie.

Les retombées attendues sont importantes. Une meilleure maîtrise des semences signifie plus d’autonomie pour les agriculteurs. Cela réduit la «vulnérabilité face aux fluctuations des marchés internationaux». Cela garantit aussi une «meilleure adaptation aux spécificités des sols et du climat nationaux», expliquent des chercheurs. La dynamique enclenchée traduit une volonté politique affirmée. La sécurité alimentaire n’est plus un slogan. Elle devient un chantier structurant. Les bases sont posées. Les premiers résultats apparaissent. Le processus est engagé.

A. Hamiche

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