Sécurité énergétique en Afrique: Le rôle de l’Algérie souligné

Le rôle de l’Algérie souligné en matière de sécurité énergétique en Afrique. Ses atouts la positionne en acteur central.
L’Algérie avance avec des atouts qui la positionnent comme un acteur central des équilibres énergétiques en Afrique et qui, d’après la Commission africaine de l’énergie (AFREC), sont appelés à peser davantage dans l’effort continental pour renforcer la sécurité énergétique.
Place de l’Algérie dans «l’architecture énergétique africaine»
À l’occasion d’un dîner d’iftar organisé samedi dernier à Alger par le Centre arabo-africain pour l’investissement et le développement (CAAID) sous le thème «L’énergie et l’eau pour bâtir le développement», un message de l’AFREC met en avant l’expérience algérienne dans les hydrocarbures, l’accélération de ses programmes d’énergies renouvelables et une géographie de carrefour dépendant de l’Afrique, de l’Europe et du bassin méditerranéen.
L’allocution, prononcée au nom du directeur exécutif de l’AFREC, Rachid Ali Abdallah, par le responsable des systèmes d’information énergétique et des statistiques, Samson Nougbodohoui, insiste sur un point central, à savoir la place de l’Algérie dans «l’architecture énergétique africaine». Autrement dit, au-delà de ses volumes et de ses infrastructures, le pays est perçu comme un acteur susceptible de renforcer l’intégration régionale, à un moment où la demande d’électricité progresse, où l’accès à l’énergie reste inégal et où les chaînes d’approvisionnement subissent des à-coups liés aux tensions internationales.
Pour l’AFREC, l’équation algérienne combine 3 leviers importants, en l’occurrence l’expertise historique dans l’exploration, la production et le transport d’hydrocarbures, une montée en puissance encore en cours des renouvelables, et une position logistique qui peut soutenir des flux d’énergie et d’investissements entre plusieurs espaces. Il a rappelé la nationalisation des hydrocarbures, décidée le 24 février 1971, pour souligner que l’énergie relève d’abord d’un choix politique, un levier de souveraineté et de développement, et non un simple réservoir de recettes.
L’AFREC met ainsi en avant l’idée que la maîtrise des ressources naturelles peut devenir un moyen de transformation économique, à condition d’y associer une vision de long terme, des choix industriels cohérents et une capacité de décision.
Un exemple de progrès tangible
Cette lecture résonne avec un contexte mondial présenté comme «en mutation rapide», à travers une transition énergétique qui s’accélère, des exigences climatiques plus fortes, des évolutions technologiques rapides, mais aussi des risques géopolitiques qui reconfigurent les marchés et les partenariats.
Dans sa déclaration à la presse, Samson Nougbodohoui a élargi la focale au niveau continental. L’Afrique, affirme-t-il, a besoin d’une exploitation «optimale et rationnelle» de ses ressources hydrocarbures disponibles et de ces énergies renouvelables pour atteindre des niveaux de couverture compatibles avec les besoins des populations et des économies. Le message s’adresse autant aux décideurs qu’aux opérateurs: «La sécurité énergétique dépendra de la coordination, du partage d’expériences et de la capacité à capitaliser sur les trajectoires réussies».
Dans cette logique, l’Algérie est citée comme un exemple de progrès tangible, notamment en matière de couverture électrique et d’accumulation de savoir-faire, que d’autres pays pourraient mobiliser à travers des partenariats, des transferts de compétences et des projets transfrontaliers.
Conférence africaine à Alger sur l’investissement et le commerce
C’est dans ce cadre que le Centre arabo-africain pour l’investissement et le développement annonce la tenue, à Alger, de la 12e édition de la Conférence Afrique sur l’investissement et le commerce, prévue les 9 et 10 mai prochain, sous le slogan «Ensemble, ouvrons les marchés». Son président, Mohamed Amine Boutalbi, évoque une participation de plus de 43 pays. Selon lui, près de 380 opérateurs économiques étrangers se sont déjà inscrits sur la plateforme dédiée, avec un objectif de 1.500 participants au total.
Les organisateurs avancent également des projections de signatures d’accords comprennent entre 1,4 et 1,8 milliards de dollars. Tous les secteurs sont annoncés, mais l’accent sera mis sur l’énergie, présentée comme un domaine où l’Algérie peut prétendre à un rôle pivot à l’échelle africaine, autant par ses capacités que par sa position dans les échanges régionaux.
Notons enfin que la rencontre s’est tenu en présence de représentants de plusieurs départements ministériels et organismes, de membres du Parlement, d’experts et spécialistes, ainsi que du corps diplomatique accrédité en Algérie, signe d’un intérêt institutionnel pour des discussions où l’énergie et l’eau se retrouvent au centre des priorités de développement et de coopération sur le continent.
Lyes M.