Moyen-Orient : Risque d’un enlisement du conflit

La guerre se poursuit encore au Moyent-Orient.

Après 2 semaines du début de l’escalade militaire au Moyen-Orient, la question qui s’invite aujourd’hui dans les débats est celle de savoir si cette guerre peut s’inscrire dans le temps.

Le pape Léon XIV renouvelle son appel à la paix au Moyen-Orient

La précédente agression américano-sioniste contre l’Iran au mois de juin dernier avait duré exactement 12 jours avant qu’un cessez-le-feu annoncé par le président américain ne vienne mettre fin aux hostilités. Trump avait assuré à l’époque avoir atteint ses objectifs. Cette présente guerre qui s’est étendue aux pays de la région et a impacté l’économie mondiale provoquant une flambée des cours sur le marché énergétique semble appelée à durer plus longtemps. Pourtant, ce ne sont pas les appels exhortant à y mettre fin qui font défaut. Dimanche, le pape Léon XIV a renouvelé son appel à la paix au Moyen-Orient, demandant la fin de la guerre et la reprise du dialogue. «Depuis deux semaines, les peuples du Moyen-Orient subissent les violences atroces de la guerre», a déclaré le souverain pontife lors de sa prière hebdomadaire de l’Angélus au Vatican, ajoutant que «la violence ne peut jamais mener à la justice, à la stabilité et à la paix que les gens attendent.»

De son côté, le ministre britannique de l’Energie a jugé, dimanche, essentiel de faire baisser les tensions, après l’appel du président américain Donald Trump à ce que les navires de guerre d’autres pays contribuent à la protection des approvisionnements mondiaux en pétrole transitant par le détroit d’Ormuz. «Le plan doit maintenant être une désescalade du conflit», a déclaré Miliband à la BBC. Ces appels sont venus se greffer à d’autres lancés à partir d’autres capitales invitant à faire privilégier la voie de la diplomatie et du dialogue. Mais, les belligérants eux semblent être dans une autre logique.

Trump veut sécuriser les approvisionnements mondiaux en pétrole transitant par le détroit d’Ormuz

Alors que le président américain avait déclaré que «la guerre est quasiment finie», des indicateurs sont venus contredire cette assertion et donnent à penser au contraire que l’on s’achemine plus vers un enlisement du conflit. Aussi, un responsable de l’entité sioniste a affirmé prévoir encore «au moins trois semaines supplémentaires» de combats. Pour sa part, le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé dans une interview publiée dimanche que la guerre opposant son pays aux Etats Unis et à l’entité sioniste ne prendrait fin que lorsque l’Iran serait «certain» qu’elle ne pourrait se reproduire. L’Iran a jusqu’ici rejeté toute discussion pour instaurer un cessez-le-feu. Il est vrai aussi que si Téhéran n’a pas les moyens de submerger les systèmes de défense de la région, le pays reste en capacité de maintenir une pression accrue sur ses ennemis, et de leur infliger des pertes financières massives en jouant la carte de la crise pétrolière.

Une réalité dont est pleinement conscient le président américain qui a ainsi appelé les autres pays, citant notamment la Chine, le Japon, le Royaume-Uni et la France, à envoyer des navires de guerre pour sécuriser les approvisionnements mondiaux en pétrole transitant par le stratégique détroit d’Ormuz. Economiquement, l’opération est un gouffre pour les Etats-Unis. La première semaine de guerre leur a coûté plus de 11 milliards de dollars, d’après la presse américaine. Les attaques sur les infrastructures du Golfe et le blocage du stratégique détroit d’Ormuz ont en outre fait monter de plus d’un tiers le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, qui se négocie désormais autour des 100 dollars.

L’Iran joue la carte de l’usure

Aux Etats-Unis, les prix à la pompe ont augmenté de plus de 28%. Dans le même temps, le président américain a exclu l’hypothèse d’un accord avec l’Iran, que ce dernier veut, arguant qu’il ne voulait pas «le faire parce que les termes de l’accord ne sont pas encore assez bons». Pour lui, ces termes doivent «être très solides» pour voir le jour et inclure l’engagement de Téhéran d’abandonner ses ambitions nucléaires. Une condition déjà posée par l’administration américaine durant les négociations sur le nucléaire iranien et que Téhéran avait rejetée. Face à la résilience de l’Iran qui également joue la carte de l’usure, il est certain que le président américain est tenu de réagir.

En effet, contrairement à son allié sioniste dont le principal objectif est d’anéantir l’Iran pour assurer sa sécurité, Donald Trump fait face à une pression croissante qui découle des tensions sur les marchés en raison des perturbations créées par la poursuite de la guerre. Mais pas que, puisque ses alliés de la région qui avaient refusé l’idée de mener la guerre à l’Iran ne manquent pas d’exercer des pressions pour l’amener à y mettre fin. Les réactions de l’opinion américaine devraient également influer sur le locataire de la Maison-Blanche dans la perspective des élections de mi-mandat en novembre prochain. Un rendez-vous où son parti, Les Républicains, joue gros.

Farah Chibane

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