Concours de recrutement des enseignants : L’entretien oral, une étape décisive

A l’approche des entretiens oraux du concours de recrutement des enseignants sur la base du diplôme, programmés les 24, 25 et 26 mars, de nombreux candidats s’interrogent sur le déroulement de cette épreuve.
Selon le pédagogue et consultant en éducation, Kamel Nouari, bien que l’entretien ne compte que pour trois points dans le barème global, mais son importance reste majeure dans le concours de recrutement des enseignants.
L’entretient oral est obligatoire
L’importance de l’entretient oral tient surtout à son caractère obligatoire. Selon Nouari, «tout candidat absent est automatiquement éliminé, quel que soit le nombre de points obtenus lors de l’étude de son dossier». L’épreuve se déroule selon les explications du pédagogue, suivant une procédure simple et clairement définie. Les questions posées aux candidats sont généralement préparées à l’avance par la commission de sélection.
Le candidat tire une question au sort parmi plusieurs propositions. Il dispose ensuite de quelques minutes pour présenter sa réponse, formulée impérativement dans la langue de sa spécialité, devant les membres du jury. Ainsi, un candidat postulant pour l’enseignement de l’anglais doit répondre en anglais. «Ce principe permet à la commission d’évaluer à la fois la maîtrise linguistique et la capacité à communiquer dans un contexte pédagogique», affirme Nouari.
Un moment d’échange
L’évaluation ne repose toutefois pas uniquement sur le contenu des réponses. Le jury accorde une attention particulière à la manière dont le candidat structure ses idées. Trois aspects sont particulièrement observés. Il s’agit, selon Nouari, de la capacité d’analyse et de synthèse, la qualité de la communication et les aptitudes personnelles à exercer le métier d’enseignant. Le pédagogue précise, par ailleurs que l’attribution d’un zéro reste très rare et n’intervient que si la commission juge que l’état psychologique ou physique du candidat ne lui permet pas d’assumer correctement les exigences de la profession. «L’entretien constitue surtout un moment d’échange qui permet au candidat de révéler sa personnalité pédagogique, sa capacité d’analyse et son aisance dans la communication. Autant d’éléments que les commissions prennent en considération aux côtés du parcours académique», conclut Nouari.
Une fois les entretiens terminés, l’ensemble des notes est, selon le spécialiste des questions pédagogiques, Youcef Ramdani, «introduit dans le système informatique du ministère de l’Éducation nationale». Ce dispositif procède ensuite au classement final des candidats selon le principe du mérite. La note du dossier repose sur plusieurs critères. «La concordance entre la spécialité du diplôme et les exigences du poste peut rapporter jusqu’à six points», relève Ramdani. Le parcours universitaire ou de formation est, quant à lui, évalué sur sept points. Des bonifications sont également prévues pour certaines catégories. Dans le détail, le spécialiste avance que les diplômés des écoles supérieures spécialisées bénéficient de deux points supplémentaires, tandis que les majors de promotion obtiennent un point additionnel.
Le système informatique établit le classement des candidats par ordre de mérite
Le barème prend aussi en compte les diplômes de magistère ou de master, dont la notation varie entre trois points et demi et sept points, selon le niveau. Deux points peuvent être accordés pour une formation complémentaire liée à la spécialité, et un point pour les travaux ou recherches réalisés dans le même domaine. L’expérience professionnelle, lorsqu’elle existe, peut être valorisée jusqu’à six points. La date d’obtention du diplôme entre également dans le calcul, avec un maximum de cinq points.
Une fois ces éléments additionnés, les points obtenus à l’entretien oral, plafonnés à trois, viennent compléter le total. Le système informatique établit alors le classement des candidats par ordre de mérite. Les listes provisoires des candidats retenus sont ensuite publiées. Leurs dossiers sont soumis à une vérification administrative par les services de la Fonction publique au niveau des wilayas. Ce n’est qu’après cette étape de contrôle que les listes définitives des lauréats sont annoncées, en fonction du nombre de postes budgétaires disponibles et du classement final des candidats.
Samira Azzegag