Partenariat entre le CRTI, l’ENSA et le groupe MAG
La recherche scientifique au service de la mécanisation agricole

Le Centre de Recherche en Technologies Industrielles (CRTI) procède, lundi, à la signature de deux conventions dans le domaine de la fabrication du matériel agricole.
Le CRTI signe les 2 conventions avec l’Entreprise spécialisée en construction de matériel agricole et de manutention (MAG) et l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique (ENSA).
Le CRTI présente 6 solutions technologiques destinées aux opérateurs

La première convention signée avec l’Entreprise spécialisée en construction de matériel agricole et de manutention (MAG) concerne la coopération en matière de développement et de production des équipements agricoles. Quant à la seconde qui implique l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique (ENSA), elle porte sur la coopération scientifique et technologique, toujours, dans le domaine de la mécanisation de l’agriculture. Les prototypes des machines à développer et à fabriquer ont été, à cette occasion, présentés au siège du centre en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, des cadres du CRTI, concepteur, et du général manager de la Société MAG, opérateur preneur. A ce titre, Kamel Baddari affirme que les deux conventions visent à consolider le rôle de la recherche scientifique et de l’innovation dans la mécanisation de l’agriculture.
«Le CRTI présente aujourd’hui six solutions technologiques destinées en prime aux opérateurs. Ces solutions sont mâtures et prêtes à être mises sur le marché national», indique-t-il. A cette occasion, le ministre invite les opérateurs économiques, notamment les industriels, à s’approprier ces solutions prêtes et abouties afin de les transformer, précise-t-il, en produits manufacturés et créer, de la sorte, une valeur ajoutée pour l’économie nationale.
Des innovations intégrées

«Ce bouquet de six innovations aura un impact réel sur l’économie nationale. Ce sont des innovations intégrées qui servent la souveraineté nationale dans ses dimensions alimentaire et industrielle, ainsi que dans le domaine de l’intelligence artificielle», poursuit Baddari. Le ministre tient à saluer les chercheurs et étudiants du CRTI pour ces réalisations assez importantes pour le secteur de l’agriculture, lesquelles s’inscrivent, explique-t-il, dans les innovations intégrées. Il exprime, au passage, son appréciation quant à l’accompagnement des opérateurs économiques qui œuvrent à adhérer pleinement à cette dynamique nationale, à travers l’adoption des idées innovantes proposées par les centres de recherche en vue d’en faire des produits commercialisables.
Pour sa part, le directeur du CRTI, Dr. Rayad Badji, met en exergue l’intérêt des conventions signées dans la modernisation des pratiques agricoles. «Aujourd’hui, nous avons signé deux conventions. Il s’agit d’abord d’une convention-cadre conclue avec l’ENSA dans le domaine de la collaboration concernant le développement des machines agricoles. Et nous savons tous que l’agriculture est l’un des axes prioritaires de la recherche scientifique, eu égard à son impact direct sur la sécurité alimentaire du pays», a-t-il souligné. Dans ce sillage, le centre a adopté une démarche visant à développer davantage le matériel agricole, via des prototypes qui devraient être réalisés et fabriqués en série à la faveur de la deuxième convention signée avec la Société MAG de Blida.
Une ramasseuse de pierres pour les Hauts Plateaux

De son côté, Mokhtar Chahboub, représentant de la société MAG, estime que ce partenariat reliant opérateur économique et centre de recherche, devrait contribuer aux efforts déployés par l’Etat en matière de mécanisation de l’agriculture. «Nous comptons dans notre répertoire 142 produits réalisés et mis sur le marché, et nous venons de développer, en coopération avec le CRTI, une ramasseuse de pierres qui n’existe pas sur le marché et qui est très demandée par les agriculteurs, surtout dans les Haut Plateaux, où ils sont confrontés à des difficultés de recruter la main d’œuvre pour effectuer ce travail pénible», indique-t-il. Selon ses précisions, le premier équipement réalisé, est dotée d’une capacité de 2 tonnes. L’entreprise est sur un second projet, dont la capacité de ramassage est de 5 tonnes.
Cette machine, devant être mise sur le marché juin prochain, permettra de ramasser les pierres sur de vastes étendues et les transférer à l’extérieur de l’espace à cultiver, réduisant ainsi le travail d’une semaine réalisé par les moyens traditionnels en une journée de travail. «Pour le moment, nous avons lancé la fabrication de cinq machines et nous sommes en train de cerner la demande des agriculteurs. Nous comptons établir un programme de fabrication annuel et envisageons d’augmenter la quantité des machines en fonction de la demande», conclut-il. Pour rappel, le CRTI poursuit le développement, outre ces ramasseuses de pierres, de différents prototypes relatifs, entre autres, aux robots de suivi des cultures et aux drones agricoles, utilisés dans l’agriculture de précision, la protection phytosanitaire la fertilisation et la lutte contre les ravageurs. Le centre prévoit aussi le développement des serres gérées par des systèmes intelligents, destinées à la pratique de la culture hors sol (hydroponie).
A. Mehdid